5 choses à savoir sur l’Expressionnisme Abstrait


Dans les années 1940, les États-Unis rayonnent à l’international avec un mouvement artistique d’avant-garde : l’Expressionnisme abstrait. Avec en tête d’affiche Jackson Pollock, Mark Rothko, Lee Krastner ou encore Willem de Kooning, cette nouvelle forme d’art a bouleversé le monde artistique et donné le « la » à la liberté créatrice des artistes. KAZoART vous fait découvrir 5 choses à savoir sur l’Expressionnisme abstrait !

Jackson Pollock, Painting (Silver over Black, White, Yellow and Red), 1948

Jackson Pollock, Painting (Silver over Black, White, Yellow and Red), 1948 / © Sharon Mollerus via Flickr (CC BY 2.0)

#1 Exit l’Europe, direction New York !

Jusque dans les années 1940, l’Europe regroupe les mouvances artistiques les plus en vogue, à l’instar du modernisme, du cubisme ou encore du surréalisme. Paris fait même figure de capitale mondiale de l’art ! Mais la Seconde Guerre mondiale fait fuir bon nombre d’artistes, notamment à destination de New York. Les artistes appartenant à l’expressionnisme abstrait (aussi appelé l’École de New York) sont donc loin d’être tous américains… Beaucoup migrent vers les États-Unis comme Mark Rothko, né en Lettonie, Arshile Gorky en Arménie ou encore Willem de Kooning, d’origine néerlandaise, qui s’installe à New York dans sa jeunesse.

Hans Hofman, Autumn gold, 1957

Hans Hofman, Autumn gold, 1957 / Photo prise par Sharon Mollerus le 27 septembre 2014, via Flickr (CC BY 2.0)

#2 Émotions sur grands formats

En totale rupture avec la figuration, l’Expressionnisme abstrait dévoile une intensité aussi bien concrète que psychique. Les artistes recouvrent généralement entièrement leurs toiles de peinture, ce que l’on appelle le « All over », et le font avec une grande ardeur, notamment par le biais de nouvelles techniques… Mais surtout, ils investissent de grands formats et imprègnent leurs tableaux d’une profonde abstraction. On pense à « Alchemy » de Jackson Pollock qui mesurent 195 x 114 cm ou encore « Woman » de Willem de Kooning dont la taille s’élève à 121,6 x 152,4 cm. Qui dit abstraction ne signifie pas forcément dénué de sens puisque les artistes retranscrivent leurs sentiments, souvent extrêmes, entre injustice et souffrance. Dans sa globalité, l’expressionnisme abstrait célèbre la diversité créatrice et la liberté individuelle d’exprimer ses émotions, quelles qu’elles soient.

#3 Deux courants

L’une des caractéristiques fondamentales de l’expressionnisme abstrait américain est cette nouvelle relation entre la gestuelle de l’artiste et son œuvre. Mais ce mouvement se scinde en deux branches : l’Action Painting et le Colorfield Painting.

Jackson Pollock en plein Action painting

Jackson Pollock en plein Action painting

L’Action Painting est notamment représenté par Jackson Pollock, Willem de Kooning ou encore Franz Kline. La figure la plus emblématique de cette technique est évidemment Jackson Pollock (1912-1956), lequel a inventé une nouvelle façon de peindre en abandonnant radicalement l’académisme pictural. A défaut de peindre sur un chevalet, il pose ses toiles à même le sol : c’est la technique du dripping. « Au sol, je suis plus à l’aise. Je me sens plus proche du tableau, j’en fais partie » déclare Pollock. Oublié les pinceaux et la palette au profit d’un bâton, d’une truelle, d’un couteau et d’une peinture industrielle plus fluide. Avant de recouvrir la surface de sa toile, il perce ses pots de peinture ou la fait gicler spontanément et brutalement.

Mark Rothko, Bande jaune (Yellow Band)

Mark Rothko, Bande jaune (Yellow Band), 1956, huile sur toile © Sheldon Museum of Art

De l’autre côté, il y a la mouvance Colorfield dans laquelle les artistes s’expriment à travers des aplats de couleurs vives et dont les toiles sont volontairement dénuées de profondeur. Mark Rothko (1903-1970) ou encore Barnett Newman (1905-1970) se sont bien illustrés dans cette branche de l’expressionnisme abstrait. Ils représentent une fraction de l’École de New York qui rompt avec les codes de l’Action Painting. Les adeptes de ce style inspiré par le modernisme européen accordent moins d’importance aux coups et à l’action donnée sur la toile mais privilégient la constance des formes et des motifs géométriques.

#4 Et les femmes dans tout ça ?

Bien des femmes ont expérimenté l’Expressionnisme abstrait. Parmi elles de grandes pointures telles que Helen Frankenthaler (1928-2011), adepte du Colorfield Painting. Tout comme Pollock, elle peint à même le sol et projette sa peinture sur la surface de sa toile.

Helen Frankenthaler, Jacob's Ladder, 1957

Helen Frankenthaler, Jacob’s Ladder, 1957, MOMA de New York / Photo prise par Sharon Mollerus le 19 janvier 2015, via Flickr (CC BY 2.0)

Autre grande artiste à avoir marqué l’expressionnisme abstrait : Joan Mitchell (1925-1992). Les œuvres de cette peintre américaine sont désormais exposées à travers le monde. Ses toiles caractéristiques d’un grand format font régulièrement écho à la nature et aux paysages, toujours plongées dans une abstraction conceptuelle et libre pensante.

Et que dire de Lee Krasner ? Outre son union avec Jackson Pollock, Lee Krasner (1908-1984) est aussi et surtout une peintre américaine de renom. Elle a créé d’immenses toiles et s’illustre aisément dans ce courant avant-gardiste qu’est l’expressionnisme abstrait. Le travail du motif est caractéristique de son œuvre, laquelle est profonde, à la fois révélatrice de souffrance et moyen d’extérioriser son chagrin à la suite de la perte de son mari en 1956.

#5 Soutien caché de la CIA

Willem de Kooning, Painting, 1948, MOMA de New York

Willem de Kooning, Painting, 1948, MOMA de New York / Photo prise par Sharon Mellerus le 17 janvier 2011, via Flickr (CC BY 2.0)

Sans qu’ils ne le sachent, de grands noms de l’expressionnisme abstrait ont été exposés aux frais de la CIA pendant plus de vingt ans. Ainsi dans les années 1950, Pollock, de Kooning ou encore Rothko ont été exposés à des fins stratégiques. Le but était de prouver aux Soviétiques toute la richesse culturelle et artistique américaine en période de Guerre froide face à un art russe encerclé par le communisme et très conservateur. Cette période, aussi appelée « Grande Laisse » consistait à promouvoir ce nouveau mouvement artistique dans une véritable guerre de propagande opposant les Occidentaux à l’URSS. Il n’était surtout pas question que les artistes l’apprennent ! D’autant plus que ces artistes n’éprouvaient pas un profond respect pour l’agence secrète de renseignements…

En écho sur KAZoART – Christian Vidal

Bien que de petite taille, l’œuvre « Génération Pollock 0.1″ de l’artiste Christian Vidal rappelle sans équivoque le geste faussement hasardeux et maîtrisé de Jackson Pollock.

Christian Vidal, Génération Pollock 0.1

Christian Vidal, Génération Pollock 0.1

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