7 anecdotes à connaître sur Yves Klein


Artiste incontournable du XXème siècle, Yves Klein laisse une empreinte considérable sur l’art contemporain. Réputé pour ses monochromes et pour son bleu outremer, cette couleur qui lui colle tant la peau, il est avant tout un pluridisciplinaire. KAZoART vous présente 7 anecdotes sur Yves Klein et sur sa carrière originale mais trop tôt écourtée.

Yves Klein, Hiroshima (1961)

Yves Klein, Hiroshima (1961)

#1 Né de parents tous deux artistes peintres

Le petit Yves Klein voit le jour le 28 avril 1928 à Nice. Il baigne tout de suite dans le monde de l’art puisque ses parents sont tous les deux peintres. Son père, Fred Klein pratique la peinture figurative tandis que Marie Raymond, sa mère, est plutôt tournée vers les abstractions géométriques. Même si cet environnement artistique est très stimulant et que l’adolescence du fils Klein est marquée par la peinture, ce n’est pas la seule activité appréciée et pratiquée par le jeune homme.

#2 Maître de judo

Yves Klein découvre le judo en 1947. À l’époque, le judo n’est pas considéré comme un sport. Il s’agit plutôt d’une méthode d’éducation intellectuelle permettant d’accéder à la maîtrise de soi. Il se rend à Madrid en 1951 pour étudier et en profite pour s’inscrire dans un club où il remplace un moniteur de judo. L’année suivante, il quitte l’Espagne pour le Japon où il séjourne un an et demi à l’Institut Kōdōkan de Tokyo pour perfectionner sa technique.  À 25 ans, Yves Klein devient ainsi ceinture noire 4e dan ! Quelques années plus tard, il publie Les Fondements du Judo à Paris. Il va même jusqu’à ouvrir sa propre école de judo dans la capitale ! Mais l’école ferme ses portes seulement un an après son ouverture.

#3 L’exposition du vide

1958, Yves Klein crée la surprise. Il réalise une exposition dans la galerie parisienne Iris Clert pour le moins atypique. Une exposition du vide qui porte le nom complexe de « La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée ». S’enchaînent des salles désespérément vides, des murs blancs et surtout, la colère des visiteurs ! Pour l’artiste, le vide permet de représenter sa sensibilité artistique même si elle n’est ni visible à l’œil nu, ni palpable au toucher ! Elle est surtout spirituelle et intellectuelle. Une démarche qui questionne l’objet d’art en lui-même et sa représentation.

L’intérieur de la galerie reflète la sensibilité picturale immatérielle pour Klein. Alors que le cœur de son exposition ne repose sur rien d’autre que sur du vide, l’écrin dans lequel elle est présentée est tout autre. En effet, l’artiste, qui exposait ses monochromes bleus un an auparavant, reprend cette couleur devenue phare et la transpose sur la vitrine de la galerie Iris Clert qui, repeinte en bleu, contraste radicalement avec l’intérieur du lieu. Il réfère également à ses monochromes dans ses invitations au vernissage écrites en bleu… sur blanc ! Mais la démarche artistique va encore plus loin puisqu’il offre à ses invités un cocktail coloré au bleu de méthylène avant leur entrée dans la galerie.

#4 L’invention d’une couleur

S’il y a bien quelque chose que l’on doit à Yves Klein, c’est l’International Klein Blue ! Déjà dans ses monochromes, l’artiste cherche l’harmonie parfaite et l’unité absolue. Il privilégie peu à peu le bleu, en particulier le bleu outremer, qui deviendra sa marque de fabrique. En 1960, il fait breveter la formule de l’IKB. C’est un bleu profond, un outremer saisissant, à la fois mat et brillant né du mélange d’une résine synthétique au pigment bleu. Pour obtenir cette couleur, il est aidé d’Edouard Adam, un chimiste et marchand de couleurs. C’est en séjournant à Nice et en y contemplant le ciel et ses oiseaux qu’il a l’idée, quelques années plus tôt, de créer une couleur la plus pure possible.

#5 Le judo, la peinture et la musique !

Yves Klein explore l’univers musical en 1947 en devenant chef d’orchestre de sa propre symphonie Monoton-Silence. Une symphonie de quarante minutes durant laquelle une seule note est jouée avant de s’achever en un silence vertigineux. Cette expérience témoigne de la volonté permanente de Klein d’approfondir l’immatériel, l’impalpable, le vide. Cette symphonie est ainsi jouée lors de la performance des Anthropométries*. Chanteurs, violonistes, contrebassistes et bien d’autres musiciens tiennent une seule et unique note : le ré… pendant quarante minutes.

*Les Anthropométries sont des performances lors desquelles des modèles féminins sont enduits d’une peinture bleue et viennent recouvrir un support de leur corps par la suite.

#6 Un des fondateurs du Nouveau Réalisme

Yves Klein participe à l’élaboration d’un nouveau mouvement en 1960 : le Nouveau Réalisme. Il fonde le mouvement aux côtés d’Arman, Pierre Restany, Jean Tinguely ou encore Niki de Saint Phalle. Tous les artistes réunis signent une déclaration constitutive, laquelle atteste de leur accord sur cette nouvelle vision du réel.

#7 Le vide… jusqu’au bout

L’artiste, internationalement reconnu pour ses monochromes, l’est aussi pour toutes les performances incroyables qu’il a réalisées. L’une d’entre elle, Le saut dans le vide, cristallise à merveille le rapport au vide, à l’espace et à l’inexistant. Dans cette photographie, ou devrait-on plutôt dire ce photomontage, on peut voir Yves Klein s’élancer fièrement tel un oiseau en passe de s’envoler.

Nous sommes en 1960 quand l’artiste se jette dans le vide dans le sud-ouest de Paris. Bien que ce cliché suggère l’écrasement prochain de Klein sur le sol, la réalité est bien différente. À chaque saut, l’artiste retombe sur un matelas. Une prise de vue sans lui, une lorsqu’il se jette dans le vide, et le tour est joué. Ce qui pourrait apparaître comme une supercherie démontre malgré tout que cette photographie, bien que retouchée, donne la sensation que Klein s’approprie le vide, son plus grand allié.

En écho sur KAZoART – Sophie Bocher

Sur KAZoART, la sculpture Le penseur de Sophie Bocher rappelle fièrement le bleu outremer d’Yves Klein, dont elle s’est inspirée. Un bleu profond qui donne corps à ces formes et qui en traduit toute la pureté.

Sophie Bocher, Le penseur (sculpture plâtre, 2015)

Sophie Bocher, Le penseur (sculpture plâtre, 2015)

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