Focus sur l’artiste Françoise Peslherbe


Cette semaine nous sommes allés à la rencontre de l’artiste Françoise Peslherbe dont les photographies touchantes et décalées ont séduit l’équipe de KAZoART.

 

Mon espoir est dans le gris, le choix de la couleur c’est juste le symbole de la vie !

Françoise Peslherbe

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l'artiste Françoise Peslherbe

Françoise Peslherbe

Sa biographie

Née en 1964 dans l’Aube, Françoise Peslherbe fait des études littéraires puis, élève aux Beaux-Arts de Troyes, elle obtient son diplôme d’illustration peinture. 1988, arrivée à Paris pour travailler comme graphiste dans plusieurs agences de communication, elle bifurque vers le décor de théâtre et de télévision comme peintre. Séduite par les nouvelles technologies, elle devient Directrice Artistique dans la création de sites web. Depuis 2002, son statut de freelance lui laisse le temps de revenir à ses passions d’origine : la peinture et la photographie. En 2005, elle quitte Paris et s’installe en Bretagne à Saint-Brieuc. Elle consacre alors tout son temps à sa création.

 

Sa démarche artistique

Depuis 1992, Françoise Peslherbe s’intéresse de près à la photographie qu’elle qualifie « d’intemporelle ». Son univers bien que mutin et ludique porte cependant un regard lucide sur les écueils et les chausses-trappes du monde moderne. L’attention minutieuse qu’elle accorde à la lumière dans ses œuvres participe à l’impression d’étrange familiarité qui s’en dégage.

 

artiste Françoise Peslherbe, La vie en rose, photographie sur aluminium, oeuvre tirée à 5 exemplaires, 60X40

Françoise Peslherbe, La vie en rose, photographie sur aluminium, oeuvre tirée à 5 exemplaires, 60X40

 

7 questions à l’artiste Françoise Peslherbe

 

K. L’association de la peinture et de la photographie, ce sont deux visions du monde, deux temporalités que vous mélangez ?

Je suis sensible au fait de valoriser plusieurs arts, de ne pas cloisonner. Je n’aime pas les tiroirs non plus dans nos disciplines, je suis pour le multimédia.  La photographie en noir et blanc est intemporelle, elle a traversé les siècles. Ce qui me plait c’est l’instant photographié et la prolongation par les pigments d’un univers qui devient lui aussi intemporel.

K. Vos modèles semblent agiles comme de vrais acrobates, c’est important pour vous le mouvement des corps ?

Oui, c’est le contraste avec le gris béton qui est de la matière « morte ». Mes personnages au contraire enchantent la ville. Je travaille avec des jeunes sportifs. Quelques photos sont le fruit d’un travail avec  la compagnie de Willi Dorner qui correspondait à ce que je souhaitais faire. Je n’ai gardé que la trace qui m’intéressait : leurs attitudes plutôt que leurs visages. Je travaille aussi avec des jeunes issus de foyers sociaux-culturels. La danse est le symbole de la vie, je l’ai pratiquée pendant 18 ans, nous sommes des êtres vivants, nous animons la ville.

traintrain - artiste Françoise Peslherbe

Françoise Peslherbe, Le train train, Photographie sur aluminium, 40X60

K. Il y a une inspiration résolument urbaine dans vos œuvres, vous intéressez-vous au Street Art ? Y a t-il une parenté avec votre travail ?

Le Street Art est un mouvement qui s’est élargi  à l’art urbain dans lequel je suis classée. A l’époque de mes études aux Beaux-arts j’étais déjà attirée par les arts de la rue qui n’étaient pas encore en vogue comme c’est le cas aujourd’hui.

Dans mon parcours j’ai rencontré Miss.Tic, je suis férue de Mark Jenkins qui est connu internationalement, ou encore de Banksy. Ce qui est intéressant avec le Street Art c’est le message. Il y a toujours un fond, il n’y a pas que l’esthétique, le graph. Les œuvres bousculent, dans tous les sens du terme. Dans mon travail chaque tableau raconte une histoire de vie, il y a toujours un sens qui mène à une réflexion pour le lecteur, pour qu’il se l’approprie. Je dis ce que je ressens.

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Françoise Peslherbe, Pouvoir des titans, photographie sur aluminium, 40X60

 

 K. L’espièglerie jaillit littéralement de votre travail, cultivez-vous votre part d’enfance ?

Je suis une grande ado attardée ! Ca revient souvent cette histoire de l’artiste et de l’enfance…  L’artiste continue à vivre ses rêves, c’est lui qui est normal ! Oui, continuons à faire des petites bêtises quand on est grand ! Je peux pleurer devant les infos mais j’ai envie que les gens rient. L’enfance c’est l’insouciance, les enfant comprennent tout mais savent faire ressortir dans la vie les choses positives. Tout est devenu trop strict, il faut une liberté de se mouvoir et de penser. Le monde adulte ne me plait pas. Il faut faire des choses sérieuses en s’amusant. L’humour est très important, il sauve de la déprime, de devenir borderline et de basculer. C’est la meilleure arme du monde !

18m2

Françoise Peslherbe, 18 m²n, photographie sur aluminium, 40X60

 

K. «  Velib ou les nouveaux explorateurs », « tri sélectif », « sans papiers », « colocation », « le pouvoir des titans »,  bien que décalés face à vos œuvres et pleins d’humour, vos titres abordent néanmoins  des aspects forts de notre société, êtes-vous sensible à son évolution ?

Complètement ! J’aime le rêve, le fait d’utiliser l’humour emmène vers un univers qui fait rêver mais ce que je fais est toujours très terre à terre. Le poids des mots est très important. Le problème de la colocation n’est plus seulement celui de la jeunesse mais celui de tout le monde aujourd’hui, ça touche toutes les générations. Le vélib c’est l’environnement, on ne peut pas y être insensible. L’idée est d’attirer pour venir voir mais c’est sérieux. Je suis sensible à tout ce qui touche à l’humanité, ce qui peut la rendre heureuse ou la faire souffrir, ce qui bouleverse les gens,  au positif comme au négatif.

artiste Françoise Peslherbe, Collocation, photographie sur aluminium, 40X60

Françoise Peslherbe, Collocation, photographie sur aluminium, 40X60

K. Vos personnages colorés dans la grisaille du monde, c’est votre lueur d’espoir ?

Ma lueur d’espoir c’est la lumière, les percées lumineuses. Mon espoir est dans le gris, le choix de la couleur c’est juste le symbole de la vie. Je trouve intéressant l’idée de voir comme les chats la vie en noir et blanc. Je regarde en Bretagne les ciels couverts et j’entrevois la lumière au travers, je sais que le soleil va apparaitre à un moment donné, il est là mon espoir. Les personnages sont le rappel que c’est nous humains qui voyons la vie. Chez moi les groupes sont multicolores.  Le choix de mes couleurs est pesé, pensé. Je joue avec les codes de nos sociétés : le rouge pour la colère ou la passion, le orange pour l’énergie, le rose pour la vie en rose ! Je peux aussi choisir de casser justement la symbolique des couleurs occidentales dans une série, ce qui peut amener vers la connaissance d’autres cultures.

Françoise Peslherbe, Prendre un nouveau virage, photographie sur aluminium, 40X60 artiste Françoise Peslherbe

Françoise Peslherbe, Prendre un nouveau virage, photographie sur aluminium, 40X60

Comment décririez-vous votre expérience chez KAZoART ?

Je suis enchantée d’être sur votre site. Il y a des événements tout le temps, des Newsletters, on sent une vraie dynamique d’équipe, je suis enchantée, vraiment. C’est une galerie d’art en ligne différente des autres. Que des gens défendent comme ça les artistes, c’est une chose qui m’émerveille.

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