Artiste à suivre : Jacky Chriqui


Jacky Chriqui retranscrit dans sa peinture onirique et parfois fantastique, son univers intérieur riche et foisonnant. Nous vous invitons ici à découvrir plus avant ses songes et ses pensées, qui viennent nourrir son travail et l’ont enrichi au fil des années.

Potrait peintre Jacky Chriqui dans son atelier

Jacky Chriqui dans son atelier

Retrouvez l’ensemble des oeuvres de Jacky Chriqui sur KAZoART

Sa biographie

Jacky Chriqui est né en France de parents marocains. Il a commencé à travailler très jeune dans les métiers du bâtiment. Il a construit des villas en Espagne avant de suivre des cours de dessin à Perpignan. C’est tardivement, à 25 ans, qu’il a décidé de commencer des études aux Beaux-Arts. D’abord à Lyon, puis à Paris.

Peu après son diplôme, il a obtenu un poste d’assistant, puis de professeur dans la prestigieuse Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Il a enseigné très longtemps la peinture avant de créer un cours intitulé : « Texte et pratique picturale ». Ce cours avait pour but d’analyser les textes écrits par les artistes en regard de leurs œuvres. Jacky Chriqui pensait qu’il fallait mettre en valeur une écriture née de la pratique et des pensées qui l’accompagnent.

Responsable par la suite d’un atelier multimédia, son travail personnel s’orienta vers la photographie et l’écriture pour mieux approcher la beauté et la nostalgie de certains visages. Mais si la photographie représentait plus aisément les aspects du visible immédiat, elle ne rendait pas compte  du mouvement et du grain de la voix. Il a donc créé des portraits de femmes à l’aide de la vidéo.  Elles participaient au sujet, à sa matière et façonnaient avec lui ce qu’elles voulaient bien dévoiler d’elles.

Descente de Croix au Gilles, Jacky Chriqui | Huile sur toile, 130 x 97 cm

Descente de Croix au Gilles, Jacky Chriqui | Huile sur toile, 130 x 97 cm

Jacky Chriqui a passé les dernières années aux Beaux-Arts, partagé entre l’enseignement et ses apprentissages du massage chinois et ayurvédique.

Quand il a quitté l’Ecole, il a commencé à travailler pour un salon de massage chinois à Paris.

Il a repris la peinture sans subir la pression du milieu artistique de l’Ecole de Beaux Arts et des directions successives fascinées par les recrutements de renom. Il ne supportait plus le diktat des jurys de diplôme qui, en quelques minutes, peuvent ruiner le travail d’un candidat sans remettre en cause leurs jugements cassants qu’ils prennent pour de la pertinence infaillible.

Actuellement, Jacky Chriqui vit et peint à Marseille et continue à donner des formations de massage ayurvédique.

Amor à mort, Jacky Chriqui | Acrylique sur toile, 64 x 54 cm

Amor à mort, Jacky Chriqui | Acrylique sur toile, 64 x 54 cm

Interview du peintre Jacky Chriqui

K – Quelles sont vos principales sources d’inspiration en tant qu’artiste ?

« J’ai ressenti ma première émotion esthétique à 10 ans, devant la « Tête de femme méduse » de Jawlinsky, dont l’aspect bariolé me rappelait les Indiens d’Amérique. J’admire aussi les chapiteaux romans et les personnages mi-homme mi-bête pris entre l’élévation des colonnes et la naissance des arcs. Je trouve qu’ils résument bien les humains, dont l’envergure entravée aspire à s’élever sous l’insondable voûte céleste. Entre Sisyphe et Icare.

J’ai été très influencé par la peinture aborigène australienne de la Terre d’Arnhem. Les peintures sur écorce ne sont que la préparation de ce qui sera transcrit sur les corps et le pigment reste la principale valeur d’échange.

Vient ensuite Vermeer, qui a su concilier couleur et valeur, et saisir au bord des lèvres humides, l’éternité de l’instant. »

Le clown Ewo, Jacky Chriqui | Acrylique sur toile, 30 x 30 cm

Le clown Ewo, Jacky Chriqui | Acrylique sur toile, 30 x 30 cm

K – Quels sont les principaux thèmes qui inspirent votre peinture en ce moment ?

« Actuellement je recherche mes thèmes en repérant dans la peinture et les écrits, les métamorphoses et les migrations des formes symboliques qui traversent le temps et les modes de pensées. »

K – Avez-vous un rituel particulier lorsque vous peignez ?

Je n’écoute plus de musique en peignant, comme j’hésite maintenant à mettre un fond sonore quand je masse. L’important se trouve dans l’écoute des bruissements et des rumeurs qui proviennent des gestes.

A l’instar de Kandinsky, je vois dans la toile ou « plan originel » un être vivant dont on sent la respiration, tout comme les personnes allongées me font penser à des « gisants qui palpitent ».

Avant de commencer, j’essaie de me recentrer en changeant de tenue et en m’offrant un temps de vacuité comme premier espace d’inscription.

L’huile chauffée dans le creux des mains ou bien mélangée aux pigments doit trouver son parcours sur les corps et les supports. Mais en peinture, contrairement au massage, l’arrivée à destination reste toujours improbable. On ne sait rien du temps qu’il faudra, et pour quel résultat.

Jacky Chriqui dans son atelier

Jacky Chriqui dans son atelier

K – Quel est le meilleur conseil qui vous ait été donné en tant qu’artiste ?

« Apprends d’abord à dessiner et tu verras plus tard si tu as quelque chose à dire. »

K – Quelle est l’oeuvre qui vous a le plus ému ?

L’infinie nostalgie et la représentation des soins du corps et de l’âme dans la « Bethsabée » de Rembrandt.

K – Quels seraient selon vous la plus grande qualité et le plus grand défaut que doit posséder l’artiste ?

La plus grande qualité de l’artiste c’est justement de pouvoir cultiver son défaut mais ne pas s’y complaire. Les qualités procèdent du sens commun alors que les défauts sont une part irréductible de ce que nous sommes.

Autant reprocher un défaut de vision au Greco pour l’allongement de ses personnages ou les maladresses de dessin chez Cézanne quand il peint ses « Baigneuses ».

K – Quel mot ou expression me représente le mieux ?

J’ai le désir exigeant.

K – Quel serait votre mot de la fin ?

Je suis né dans un monde que je n’ai pas choisi tel qu’il est. J’essaie d’en créer un autre qui me ressemble et qui cherche malgré tout à communiquer avec celui qui m’est imposé. Guetter les invariants dans un monde en mouvement et transmettre ce que j’ai pu comprendre sur l’altérité, c’est ce à quoi j’aspire.

 

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