Artiste à suivre : Sylvia Baldeva


Sa sensibilité à fleur de peau et son oeuvre subtile et délicate ont su nous toucher. Ce mois-ci KAZoART rencontre l’artiste Sylvia Baldeva et vous invite à découvrir l’univers de cette aquarelliste aux multiples facettes. 

Il faut qu’il y ait du cœur dans les choses, sans cœur à quoi bon !

Sylvia Baldeva

Photo Sylvia Baldeva - n&b

Photo Sylvia Baldeva – n&b

 

RETROUVEZ L’ENSEMBLE DES ŒUVRES DE SYLVIA BALDEVA

La bio/démarche artistique de Sylvia Baldeva

Sylvia Baldeva est une artiste multidisciplinaire. Née en Bulgarie, c’est auprès de son père, artiste peintre reconnu, qu’elle fut immergée dès ses premiers pas, dans le monde de l’Art. Son œuvre en gardera une empreinte indélébile.
Elle prépare le concours des Beaux-Arts de Sofia et une fois arrivée à Paris, elle finalise ses études en obtenant une licence en Art Plastiques puis un diplôme en Graphisme et en Stylisme. Elle travaillera ensuite pour des agences de communication et des marques de vêtements et d’accessoires. Depuis plusieurs années, elle collabore en tant qu’illustratrice et artiste visuelle avec des agences de communication, des maisons d’édition, des photographes et des entreprises.
Parallèlement, Sylvia Baldeva expérimente dans sa création des processus poétiques, introspectifs et atemporels. A travers ce qu’elle nomme « la fluidité », elle révèle une forme de lâcher prise pictural où la perception et l’émotion sont sources d’expression d’états d’être. Sa création est intuitive et spontanée. Les techniques à base d’eau sur papier sont ses prédilections car elles lui permettent de voyager entre maîtrise et liberté. Elle présente régulièrement son travail lors d’expositions personnelles et collectives.

Vers le haut, Sylvia Baldeva, 32x24, aquarelle sur papier

Vers le haut, Sylvia Baldeva, 32×24, aquarelle sur papier

 

8 questions de KAZoART à Sylvia Baldeva

Sylvia Baldeva, la notion de hasard est importante pour vous dans le processus créatif, pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Il faut prendre le mot hasard au sens large. Quand je crée, je n’ai pas de concept préalable, je pars dans la création pure. J’ai ma feuille blanche et dès que je pose la peinture, petit à petit, le geste me guide et la création se développe. C’est l’interaction entre ma pensée et le geste qui révèle l’œuvre au fur et à mesure. Il y a un jeu de contrôle et de lâcher prise tout au long du processus créatif. Cette notion de hasard est très présente dans les techniques fluides qui déploient les choses d’une certaine façon.

Sur la colline, Sylvia Baldeva, 30x41.5, aquarelle sur papier

Sur la colline, Sylvia Baldeva, 30×41.5, aquarelle sur papier

En quoi la technique réputée difficile de l’aquarelle est-elle la mieux adaptée à votre mode d’expression artistique?

Comme je vous le disais, j’adore les techniques fluides ! Cela peut même être de l’huile que je vais travailler de façon diluée. J’aime ce côté fluide qui permet un geste spontané à 100%, une vraie gestuelle. En même temps l’aspect  spontané peut facilement dériver, il faut le maîtriser, le canaliser. C’est ce que j’aime, ce côté difficile, ce challenge de l’aquarelle pour arriver à créer du sens et de l’émotion. Il faut aussi que je sois libre et cette technique le permet.

Chagrin, Sylvia Badeva, 29x39, aquarelle sur papier

Chagrin, Sylvia Badeva, 29×39, aquarelle sur papier

Qu’est-ce qui vous inspire particulièrement dans la figure féminine que l’on retrouve fréquemment dans vos œuvres ?

C’est vrai, on me le dit souvent, il y a beaucoup de féminin dans mon art. Je ne me l’impose pas, ça vient naturellement. C’est sans doute l’univers qui m’est le plus proche, j’aime la douceur dans le féminin, l’intemporel, l’intuition. Cela reflète mon caractère, c’est ce que je connais le mieux, qui me correspond et donc ressort de façon naturelle. J’ai d’autres univers aussi, passer d’un univers à un autre me nourrit, me repose. Je voyage. C’est une expression qui doit se faire, c’est passionnant aussi. Quelque chose de monotone, je ne pourrais pas !

Votre œuvre reflète un monde que l’on sent extrêmement sensible, est-ce essentiel pour vous de créer l’émotion ?

Pour moi l’art c’est de la sensation, de l’émotion. S’il n’y a pas d’émotion cela devient de la création mécanique, sans âme. Je suis touchée par l’art qui suscite de l’émotion, c’est pourquoi je le fais. Je suis quelqu’un de sensible et je n’ai pas d’autre moyen de faire sortir cette sensibilité. Il faut aussi qu’il y ait du sens, un état d’âme même dans un paysage. Une œuvre peut être parfaitement réalisée sur le plan technique mais manquer singulièrement d’émotion alors qu’une œuvre qui a de petits défauts peut dégager quelque chose de beaucoup plus fort et provoquer une réaction intense chez celui qui la regarde.

Le bateau, Sylvia Baldeva, 24x32, aquarelle sur papier

Le bateau, Sylvia Baldeva, 24×32, aquarelle sur papier

Vous avez grandi en Bulgarie, pensez-vous qu’il y ait une âme slave dans vos œuvres ?

J’en suis persuadée ! Je pense que se mélangent l’influence de mon enfance aussi bien que celle de la France. J’ai grandi dans un environnement artistique, toutes ces influences jouent également et sont ancrées, ça ressort à sa manière. L’âme slave c’est beaucoup de sentiments, de sensations, d’émotions mis en exergue, c’est très important. Il faut qu’il y ait du cœur dans les choses, sans cœur à quoi bon !

Votre père est un peintre reconnu, croyez-vous en un héritage artistique ?

Oui, clairement. Pas seulement lorsqu’on a un parent artiste peintre, cela peut être une figure importante qui influence énormément. Sans être artiste peintre ma mère avait aussi une sensibilité artistique. J’ai été influencée par mon père qui avait un grand charisme, c’est ce qui m’a donné l’envie et la vocation de la création. Que ce soit d’un côté commercial dans mon travail ou plus personnel, c’est ma vie. C’est un état d’esprit.

Robe rouge, Sylvia Baldeva, 32x24, aquarelle sur papier

Robe rouge, Sylvia Baldeva, 32×24, aquarelle sur papier

Quels sont les artistes qui vous touchent particulièrement, avec lesquels vous sentez une connexion, une connivence?

Il y en a beaucoup ! Ce sont peut être plus des œuvres que j’aime. Dans l’œuvre générale d’un artiste il y a des choses qui me touchent plus ou moins. Picasso pour moi c’est un génie de par sa créativité, on aime ou on n’aime pas mais il est très fort. J’aime Rodin, Degas, Raphael, Emil Nolde. Chez Nolde c’est la couleur qui parle, c’est très expressif ! Dans un style plus calme et plus constructiviste Nicolas de Stael.

Pourriez-vous exprimer en quelques mots votre expérience chez KAZoART ?

Je suis très heureuse que KAZoART existe. Parce que le monde de l’art à mon goût est entâché par ce côté cynique que je n’aime pas, trop spéculatif. Tout ce que l’on entend, toutes ces hautes sphères de l’art qui font circuler des sommes aberrantes. KAZoART c’est très bien et vous gardez l’esprit de l’art, ce que ça doit être à mon sens. Cela reste abordable pour ceux qui n’ont pas de gros moyens, et leur permet quand même d’acquérir de l’art. L’art n’est pas réservé aux riches mais appartient à tout le monde ! Si demain j’avais une cote qui monte en flèche je ferais en sorte qu’il y ait des prix pour tous. Un artiste travaille pour tout un chacun, c’est un peu mon état d’esprit et je me sens en synchronicité avec celui de KAZoART.

Apparition, Sylvia Baldeva, 30x45, aquarelle sur papier

Apparition, Sylvia Baldeva, 30×45, aquarelle sur papier

 

 

 

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