Très proche des Impressionnistes et souvent considéré à tort comme leur figure de proue, Edouard Manet laisse derrière lui des Chefs-d’Œuvre de la peinture moderne. KAZoART rend hommage au peintre favori de Zola et revient sur les dates et chiffres clés d’une carrière couronnée de succès… et de scandales !

Edouard Manet c’est…

Manet en chiffres – ©KAZoART

Quand Edouard Manet inspire les artistes KAZoART

Pour aller plus loin…

Mer ou peinture ? Ce sera les deux !

Manet, Le Buveur d’Absinthe (1858-1859)

Edouard Manet naît en 1832 à Paris dans une famille de la haute-bourgeoisie. Son aspiration première ? S’engager dans la marine. Son échec au concours de l’École navale ne l’empêche toutefois pas d’embarquer sur un bateau-école direction le Brésil. Durant son voyage, il passe le plus clair de son temps à dessiner. C’est sûr, il sera artiste.

De retour en France en 1850, il suit des cours de dessin auprès de Thomas Couture, un grand professeur de l’époque. Il reste 6 ans dans son atelier pour acquérir les techniques de la peinture. Il parfait notamment son apprentissage en recopiant des chefs-d’Œuvres exposés au Louvre.

Pour la première fois en 1859, Manet propose une toile au Salon officiel de l’Académie : Le Buveur d’Absinthe. Le tableau est considéré comme trop austère et bien loin des représentations esthétiques recherchées par les jurés… c’est un refus !

Edouard Manet : en quête d’indépendance

Avec plus de 400 œuvres au compteur, Edouard Manet est souvent accusé à tort d’être le chef de file des Impressionnistes. Or, le père du Déjeuner sur l’herbe tient à son indépendance…

Qu’on se le dise, Manet incarne clairement une révolution esthétique de la fin du 19e siècle. Et pour cause, il rompt totalement avec l’Académisme de l’époque. Son intérêt se porte vers le réalisme, parfois scandaleux et dérangeant de la vie contemporaine.

Édouard Manet, Le déjeuner sur l'herbe (1863)
Édouard Manet, Le déjeuner sur l’herbe (1863) / Via Wikimedia Commons

Comme tant d’autres, sa carrière est teintée de succès et de troubles. Lui aussi, refusé plusieurs fois au Salon de Peinture à Paris, voit dans le Salon des Refusés une opportunité d’exposer ses toiles jugées provocantes.

Manet et le scandale de son Olympia

1865, l’un des plus gros scandales éclate au Salon de Paris. La toile Olympia est rejetée et suscite l’indignation générale. Mais qui est donc cette femme nue qui regarde impudiquement le spectateur ? Il s’agit de Victorine Meurent, l’un des modèles préférés de Manet.

Manet, L'Olympia, 1863
Manet, L’Olympia, 1863

A l’origine, le but premier de cette œuvre n’était pas de provoquer mais de rendre compte d’une réalité. « J’ai fait ce que j’ai vu » raconte-t-il pour justifier cette toile qui s’apparente à une vraie rupture d’avec la peinture classique. Il dépeint une prostituée avec réalisme, ouvrant la voie à une peinture non-idéalisée à l’inverse des Impressionnistes.

Après plusieurs échecs mais aussi de belles réussites au Salon de Peinture, Manet rencontre enfin (mais tardivement) le succès. En 1882, il est même fait Chevalier de la Légion d’Honneur par son ami proche Antonin Proust, ministre des Beaux-Arts.

1890 signe l’entrée d’Olympia dans les collections nationales. C’est grâce au soutien indéfectible de Claude Monet, autre ami de longue date, que le chef-d’œuvre de Manet rentre une bonne fois pour toutes dans le patrimoine culturel.

Edouard Manet nous quitte à 51 ans des suites de la syphilis et d’une gangrène contractée à Rio de Janeiro.

Une vente record aux enchères

Manet, Le Printemps

65 millions de dollars, tel est le record jamais atteint pour une œuvre de Manet ! Vendue aux enchères à New York en 2014, la toile Le printemps était initialement estimée entre 25 et 30 millions de dollars.

Une première et grande rétrospective lui est même consacrée en 2011 à Paris au Musée d’Orsay. Manet est actuellement exposé à travers le monde dans plus de 50 musées !