Focus sur l’art cinétique


Le courant de l’art cinétique, très proche de l’art optique, regroupe les œuvres contenant une partie en mouvement. Ce courant a été nommé pour la première fois en 1960, et connait un regain de popularité dans l’art contemporain. Ainsi, toute œuvre en mouvement, même par illusion d’optique, peut être rangée sous cette appellation. KAZoART vous propose un focus sur ces œuvres mouvantes et pleines de surprises…

 

Retrouvez notre sélection « Art géométrique » sur KAZoART

 

art cinétique

Victor Vasarely, Bi-forme, 1962, Photo (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat, (C) ADAGP, Paris

L’art cinétique, c’est quoi ?

L’art cinétique, n’est pas un courant à proprement parler mais plus une appellation, de la même façon que l’est l’art abstrait. Les œuvres cinétiques s’intéressent à ce que l’œil humain perçoit du mouvement, et mettent ainsi en jeu l’espace, la lumière, les mouvements, les jeux de couleurs, ou encore les effets d’optique. Ces recherches s’appliquent aussi bien à la peinture, la sculpture ou l’installation. Les artistes placent la perception du spectateur au centre de l’œuvre, souvent avec un aspect esthétique et ludique.

Jesus Rafael Soto, Penetrable bbl bleu, 1999 © Jesús Rafael Soto/ ADAGP, Paris, 2015

Jesus Rafael Soto, Penetrable bbl bleu, 1999 © Jesús Rafael Soto/ ADAGP, Paris, 2015

Aux origines de l’art cinétique

L’expression « Art cinétique » est pour la première fois employée par le Kunstgewerbemuseum de Zurich en 1960, pour qualifier les œuvres installées à l’initiative de l’artiste Daniel Spoerri. En effet, ces dernières « se meuvent ou sont mues « . Dès 1955, une exposition avait été consacrée au mouvement, à la galerie Denise René, présentant de jeunes artistes tels que Bury, Soto et Tinguely près d’artistes déjà renommés, Alexander Calder et Marcel Duchamp en tête. Ce dernier est par ailleurs sans aucun doute un des précurseurs de ce mouvement, lui qui a fait tourner une roue de bicyclette placée sur un tabouret, dès 1913.

Les futuristes italiens avaient également pris part au développement des recherches sur le mouvement, ce dernier étant le cœur de leurs recherches dans les années 1910. Ces recherches s’appliquent cependant alors uniquement sur la toile, par le biais du dessin, des couleurs et de la répétition.

C’est ensuite Alexander Calder qui marque le début de l’art cinétique, grâce à ses célèbres « Mobiles », de délicates pièces de métal articulées, tournoyant sur elles-mêmes, imaginées dès 1932.

Mobile sur deux plans, Alexander Calder, Paris, Centre Pompidou - Musée national d'art moderne - Centre de création industrielle, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Mobile sur deux plans, Alexander Calder, 1962, Paris, Centre Pompidou – Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle, © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat, ADAGP

L’âge d’or de l’art cinétique

C’est ainsi que dans les années 60, les pratiques artistiques avec des œuvres fondées sur le mouvement se multiplient : en 1961 est créé le GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel), qui rassemble Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein et Jean-Pierre Yvaral. Ce groupe souhaite que le spectateur soit sollicité et devienne partie prenante de l’œuvre d’art, et soit ainsi plus important que l’artiste en lui-même.

Leur manifeste de 1963 résume leur démarche : « Nous voulons intéresser le spectateur, le sortir des inhibitions, le décontracter. Nous voulons le faire participer. Nous voulons le placer dans une situation qu’il déclenche et qu’il transforme. Nous voulons qu’il s’oriente vers une interaction avec d’autres spectateurs. Nous voulons développer chez le spectateur une forte capacité de perception et d’action. »

L’art cinétique se développe jusqu’en 1975, et se mêle petit à petit avec une autre appellation proche, celle de l’art optique, qui fait la part belle aux effets esthétiques et optiques. L’art optique supplante petit à petit l’art cinétique, se confond avec lui. Nait alors le terme « Op’Art », très utilisé par les anglo-saxons et majoritairement utilisé aujourd’hui dans l’art contemporain.

art cinétique

Julio Le Parc, Cercles polychromes, 1970, Cholet, musée d’Art et d’Histoire, Photo (C) RMN-Grand Palais / Gérard Blot, (C) ADAGP, Paris

Un art toujours contemporain

L’art cinétique est mené par de grandes figures telles que Victor Vasarely, Agam, François Morellet, Joël Stein, mais surtout Julio le Parc et Jésus Raphael Soto, qui sont toujours dans le paysage contemporain. Tombé un temps dans l’oubli, l’art cinétique revient en force dans les années 2010 en France, à commencer par la grande exposition « Dynamo » proposée par le Grand Palais en 2013, la même année que la rétrospective consacrée à Julio Le Parc. L’artiste suisse Felice Varini s’est notamment illustré grâce à ses spectaculaires anamorphoses, des œuvres jouant sur le point de vue du spectateur pour être perçue.

varini

Felice Varini, 2013, Vingt-trois disques évidés plus douze moitiés et quatre quart, création pour le Grand Palais, © Felice Varini

En écho sur KAZoART : Laurent Violeau

L’artiste KAZoART Laurent Violeau s’inscrit dans la droite lignée des recherches de l’art cinético-optique, grâce à ses œuvres rythmées, jouant sur les reliefs et les couleurs.

Laurent Violeau, Circle, 1244 €

Laurent Violeau, Circle, 1244 €

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