Focus sur l’artiste Antonin Anzil 3


« Comme l’enfant devant sa maquette de train, J’imagine la topographie de territoires imaginaires. Je m’invente un tour du monde en le balayant du regard, comme lorsqu’on laisse glisser son doigt sur la surface d’un globe terrestre ». Antonin Anzil, jeune artiste de 28 ans pratique la gravure sur papier : une technique rare qu’il utilise pour créer des œuvres en relief, majoritairement abstraites, faites de courbes et de motifs géométriques. Du 7 au 9 octobre, il exposera avec KAZoART à l’Oblique dans le cadre de l’événement PARISARTISTES#2016.

Retrouvez la galerie d’Antonin Anzil sur KAZoART

Antonin Anzil

Biographie

Antonin Anzil est né en 1988 à Blois. Il vit et travaille maintenant à Paris, pour la Maison de parfum Francis Kurkdjian pour laquelle il créé – entre autres – des visuels, ce qui l’inspire dans son travail artistique. Il a grandi dans un environnement favorable à la création : son père avait fait les Beaux-Arts, c’est donc tout naturellement qu’il pratique le dessin toute son enfance. A l’époque, il suit notamment des cours avec un graveur, François Verdier : c’est lui qui l’initie à cette technique et l’inspire encore aujourd’hui.

Après son bac, il suit une première année d’Histoire de l’Art à Poitiers. L’art lui plait, mais la pratique lui manque… Il s’oriente alors vers l’Ecole européenne supérieure de l’image de Poitiers où il étudie jusqu’en 2010. Il est ensuite accepté à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris où il termine ses études deux ans plus tard. C’est pendant ces deux années qu’il se met à la gravure sur papier qu’il pratique encore aujourd’hui. Il y a un an et demi, on lui parle de KAZoART : il commence alors à présenter son travail au public…

Gravure Anzil

L’avis de KAZoART

Finesse et délicatesse caractérisent le travail d’Antonin Anzil. Le support papier parait incompatible avec l’idée que l’on se fait de la gravure ; et pourtant. Minutieusement, l’artiste fait naître le relief, apparaitre les formes, les motifs, multiplie les points, créé un univers de papier. Sur la surface blanche, éclatante du papier se développent des paysages intérieurs, des cartes inventées, des motifs secrets. A chacun de se construire ses images personnelles, de chercher ses points de repères entre les lignes. Les œuvres sont à la fois poétiques et tangibles, et l’on aimerait presque caresser du bout des doigts ces délicates dentelles. Certaines semblent marquées par les arts décoratifs, et proches du textile, rappelant des motifs de tentures ou de tapisseries. D’autres encore nous renvoient à de calmes paysages asiatiques… il suffit de se laisser aller à rêver, pour apprécier pleinement le travail d’Antonin Anzil.

#5 Questions à Antonin Anzil

K. Pourquoi avoir choisi la gravure sur papier comme moyen d’expression ?

C’est venu un petit peu par hasard… J’avais de l’affection pour la gravure à la pointe sèche, et aussi pour le matériau papier, j’aimais l’esthétique de cette matière au sens brut du terme. Après une série de dessins, j’ai eu envie d’aller au delà, d’aller plus loin, j’ai eu envie de travailler directement la matière papier, en lui donnant du relief. Mais cela fait longtemps que j’aime la gravure, surtout grâce à François Verdier avec qui j’ai suivi des cours.

K. Pouvez-vous nous parler de cette technique ?

Je travaille des papiers épais, cotonneux, en général du Velin d’Arches – que j’apprécie beaucoup. En premier lieu, j’humidifie le papier, qui devient alors malléable, et je peux alors le travailler avec différentes pointes de gravure, de différentes épaisseurs. C’est là que le relief nait : je viens piquer les couches superficielles du papier, point par point, puis, petit à petit cela sèche, et le papier redevient solide. Cependant, l’œuvre reste fragile, le relief peut s’écraser. Donc contrairement à ce que beaucoup de monde pense, le papier n’est pas piqué au verso, je ne pousse pas la matière en passant par derrière, mais c’est bien la couche superficielle, celle que l’on voit, le recto, qui est relevée, point par point.

Antonin Anzil, Bocages

Antonin Anzil, Bocages, 2015

K. Vos œuvres sont surtout abstraites. Faites-vous aussi du figuratif ?

Oui,de temps en temps. Mais ce qui me plait, c’est justement la frontière entre figuratif et abstrait.  Je suis souvent dans une représentation qui renvoie au paysage, à des vues aériennes, à la cartographie. Il y a toujours de l’ambivalence entre les deux, c’est ce qui me plait et ce que j’essaie de mettre en avant. Je fais aussi des écarts sur du figuratif., mais j’aime spécialement l’abstrait, surtout grâce à François Verdier, mon professeur, qui réalisait des gravures abstraites. Il travaillait aussi les pastels et les crayons. C’est avec lui qu’est né mon goût pour l’abstraction.

K. Pourquoi le blanc ?

J’ai déjà utilisé de la couleur. J’aurai par exemple des œuvres gris clair pour l’exposition à l’Oblique. Mais il est vrai que j’ai cette affection forte pour le Velin d’Arches (qui est disponible en blanc et en noir). J’aime aussi le jeu avec la lumière donnée par le blanc, c’est pour cela que j’ai choisi cette technique, le relief et le dessin ne se donnent pas tout de suite, mais évoluent en fonction de la lumière, de la manière dont la pièce est éclairée, de la position du spectateur… Ce jeu de lumières fonctionne particulièrement bien sur les couleurs claires, le blanc, le gris, le beige…

Antonin Anzil, Circle

Antonin Anzil, Circle, 2016

K. Quelles sont vos inspirations ? Aimez-vous un artiste en particulier ?

Mon inspiration est multiple : je m’intéresse à tous types d’ornements, de toutes époques et de tous endroits Je regarde par exemple la manière dont la nature est stylisée dans les estampes asiatiques, mais aussi les motifs de tapis – l’idée du tapis comme « paysage » m’intéresse. Les ornements orientaux sont également présents dans mon travail.

J’aime beaucoup les gravures d’Albrecht Dürer, même s’il s’agit d’art figuratif – j’ai une sorte de fascination pour ce graveur. Je m’inspire de toutes les images que je vois, dans mon travail je suis en permanence sollicité par des images. Tout peut être source d’inspiration pour moi, des photos que je prends en vacances, des illustrations sur le net… Je m’entoure d’images, quelles qu’elles soient.

Antonin Anzil, Mangrove

Antonin Anzil, Mangrove, 2015

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