Focus sur l’artiste Erik Bonnet 1


« J’aime à jouer avec les corps. On y voit la beauté, la sensualité, l’élégance, mais aussi le rêve et son fantasme, le sexe, ou encore l’angoisse, la peur, la révolte sociétale entre le dominant et le dominé . » Erik Bonnet est un artiste plasticien qui navigue entre le Pop Art et le Street Art et se nourrit d’images variées, inspirées de la culture populaire d’hier et d’aujourd’hui.  Collages, superpositions, pochoirs, feutres et bien d’autres matériaux et techniques divers comptent parmi ses moyens d’expression. Rencontre avec un artiste qui s’approprie les codes de la société, s’en amuse et les détourne…

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Son parcours

Erik Bonnet vit près de Metz, dans le nord-est de la France. Il peint et expose ses œuvres depuis une quinzaine d’années, en France puis à l’étranger, D’abord autodidacte, il suit ensuite un cursus au sein de l’école d’Art Contemporain de Luxembourg, de 2001 à 2003 ce qui lui permet d’apprendre les bases et la maitrise des techniques, et lui permet d’avoir une idée de ce qu’il veut créer. Il est très actif dans sa région, et est aujourd’hui membre de plusieurs collectifs d’Artistes, en France et à l’étranger : « Art Total Multimedia »  (Canada), « Session Noire » (Allemagne) et « Espace Cube Le Corbusier » (France). Ces collectifs créent des évènements, des expositions, et participent aux plus grandes foires d’art contemporain.

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L’avis de KAZoART

Baignant dans le monde du Pop Art, en ligne directe avec Andy Wharol et son utilisation de personnages iconiques comme Marylin Monroe, Erik Bonnet s’est construit un monde et une identité visuelle bien à lui. Du premier coup d’œil, ses œuvres sont reconnaissables : ce fond « patchwork » de papiers anciens, jaunis par le temps, ancrés dans leur époque, et par-dessus, ce dessin qui parait, à la manière de Lichtenstein, imprimé et tout droit sorti d’une bande dessinée – en fait dessiné minutieusement, à la main.

Dans les œuvres d’Erik Bonnet, la femme est très présente, la femme fatale, celle qui attire l’autre dans ses filets, véritable image d’un idéal qui affiche ses attributs pour mieux les rendre inaccessibles, images figée telle les photographies éternellement utilisées d’Audrey Hepburn et de Marylin. Les femmes s’affichent aussi en pochoir, rappelant l’esprit Street Art, elles se font alors plus discrètes au premier regard, pour mieux se dévoiler un fois repérées.

On aime l’humour contenu et retenu dans ses œuvres, l’attachement à des codes visuels et sociétaux, l’impertinence aussi (dessiner sur des billets de banque, par exemple !)… On sent Erik Bonnet proche de Dada, avec son absurde, et ses critiques sur la publicité, sur la valeur de l’argent, exploitant à fond le décalage entre un monde innocent, enfantin et la société de consommation.

#5 Questions à Erik Bonnet

K. Quand avez-vous trouvé votre style et comment l’avez-vous formé ?

En fait, au tout début, je « dessinais » sur les murs… mais une caméra et des amendes salées m’ont convaincu de passer presque exclusivement à la toile, ce qui me donne l’occasion de vendre et d’exposer mes œuvres plus facilement. Je m’autorise tous les formats et tous les supports : toiles de toutes tailles, papier, disque vinyle, cassette audio, boite de conserve, jouet…

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Erik Bonnet, Marylin Ghost

K. Vous êtes influencé par le Pop Art : qu’est-ce qui vous attire dans ce courant ?

Ce qui m’attire dans le courant Pop Art, c’est que l’on peut accéder « directement » aux gens car ils retrouvent dans les œuvres des choses qui leur sont familières, tels que des acteurs de cinéma, des marques alimentaires, des personnages de dessins animés ou de jeux vidéos. De plus ces personnages sont souvent rattachés à l’enfance, ce qui fait que l’on efface cette distanciation face à une œuvre d’art, car elle est de fait familière par une partie de son contenu.

K. Dans quelle mesure vous sentez-vous proche du Street Art ? Et des Nouveaux Réalistes ?

Pour les « Nouveaux Réalistes », je suis un fan d’Yves Klein qui poussait sa recherche d’expérimentations, de performances et de couleurs très loin, sans pour autant toucher a un pinceau ! Pour le Street Art, c’est un peu pareil, on ne prend pas vraiment de pinceau : seulement des bombes, et pour ma part des feutres-peintures pour les finitions. Très souvent les inspirations du Street Art sont les mêmes que pour le Pop Art, puisqu’au départ ce sont des œuvres très éphémères qui sont censées « parler » au passant dès les premières secondes.

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Erik Bonnet, Requiem pour une nonne

K. Quel est votre processus de création ?

J’ai une démarche de travail un peu particulière. Je constitue tout au long de l’année un stock de revues, photos, documents divers, affiches etc…  Ensuite j’attends que vienne le plus important : la tranquillité d’esprit, puis l’inspiration. Elle peut découler d’idées ou de croquis notés dans un carnet. La phase 2 consiste à chercher dans mon stock des images de départ, qui seront le centre de mon tableau. A partir de ces images ou photos, je vais structurer tout un ensemble et réaliser mon fond et voir quelle patine, vernis, glacis je vais appliquer plus tard.

Ensuite, par exemple, je vais choisir de réaliser un portrait dessus, ceci par l’utilisation/interprétation visuelle des codes du Pop Art. Ils proviennent pour beaucoup du monde de mon enfance : science-fiction, polars, bandes dessinées, cinéma, séries TV… Utilisant une technique de peinture en bombe typiquement issue du Street Art au départ de l’action et dans laquelle viendront se fondre la base de documents anciens authentiques. Ces « fonds » amèneront une véritable touche d’histoire ancienne, de vécu, le présent découlant du passé…

K. Pensez-vous que l’Art doit donner à réfléchir, voire avoir un aspect engagé ?

L’art reste la forme absolue pour dégager une pensée, une idée, une critique de la société qui nous entoure, de façon positive ou négative. On le vérifie à chaque fois qu’un pouvoir dictatorial prend les commandes d’un pays : les premiers brimés (et emprisonnés) sont les intellectuels et les artistes. Toutes les formes d’arts, musique, cinéma, photographie, arts plastiques, littérature, danse… peuvent ainsi servir de vecteur, afin de toucher et sensibiliser nos contemporains et les générations futures, car c’est un moyen unique de laisser un message pour les hommes à venir.

Erik Bonnet, Satanas blue

Erik Bonnet, Satanas blue

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