Focus sur l’artiste Lise Hébuterne 1


« Des Amériques à l’Asie, mes photographies sont une invitation aux voyages. Une invitation à découvrir et redécouvrir le monde et ce qui le compose : voir ce qu’on ne voit pas, ou plus. Voir autrement. » Lise Hébuterne est photographe. Couleur ou noir & blanc, paysages, portraits, ou encore détails transformés en composition, elle touche à tous les styles et s’ouvre à toutes les possibilités. Avide de voyage, réels et imaginaires, Lise Hébuterne observe et parcourt le monde depuis plus de dix ans. A travers l’objectif de son appareil de son appareil photo, elle tente de rendre intelligible et visible ce qui se dérobe…

Lise Hébuterne, © Amande Gallarotti

Lise Hébuterne, © Amande Gallarotti

Son parcours

Lise Hébuterne est née en 1975, elle vit et travaille à Paris. Bibliothécaire en Sorbonne, elle est également auteur-photographe. Elle n’a pas suivi de formation spécialisée. Elle a appris à créer une photo avec l’appareil photo Nikkon de son père, un vieux Nikkormat, en suivant ses conseils ainsi que ceux d’autres passionnés de photographie. Elle voyage depuis plus de dix ans, le plus souvent seule mais aussi en famille, toujours accompagnée de son appareil photo. Lise Hébuterne a commencé à vraiment s’intéresser à la photographie lors d’un voyage au Japon, il y a 8 ans : elle ressent alors un vrai coup de cœur pour ce pays. La photo, instantanée, lui est alors plus facile que l’écriture, et lui permet de raconter ses voyages. Elle apprend alors à libérer ses émotions et à communiquer ses ressentis au travers de ce medium.

Lise Hébuterne

Lise Hébuterne

L’avis de KAZoART

Les photographies de Lise Hébuterne sont à la fois très énergiques et extrêmement calmes. Elles inspirent un sentiment d’apaisement, et l’impression que ce que l’on observe est hors du temps, non pas que l’action soit figée, mais justement qu’elle n’ait ni début ni fin. Ses œuvres sont marquées par un beau travail des couleurs, toujours fortes, éclatantes et magnifiées, elles mettent en avant un monde vivant et bouillonnant. A travers l’objectif, elle parvient à sublimer la beauté d’un lieu, d’un visage, parfois même d’une simple devanture de magasin. On sent une curiosité immense, à la fois pour une culture, un pays, pour l’humain, et surtout un plaisir non dissimulé dans la composition.

# 6 questions à Lise Hébuterne

K. Quels artistes vous inspirent ?

Je regarde régulièrement les photos de Raymond Depardon, et j’adore aussi lire ses textes – il m’inspire énormément. J’aime aussi des photographes aux styles différents, tels Harry Gruyaert, Ansel Adams, Sarah Moon, Mickael Kenna, Sebastian Salgado ou encore Nan Goldin…. J’aime également lire les écrits de voyageurs des XIXe et XXe siècle comme Pierre Loti, Nicolas Bouvier, Ella Maillart..

K. Quelle place tient la photo dans vos voyages ?

Je voyage depuis une quinzaine d’années. C’est devenu un besoin, une thérapie. Je photographie principalement ailleurs que dans ma ville, Paris. Même si la photo est dorénavant liée à mes voyages, je veux voir de beaux monuments, de beaux paysages etc… Je pars autant pour photographier que pour vivre une expérience riche à la fois culturellement et humainement. J’affectionne tout particulièrement l’Asie.

Je pars régulièrement en famille, mais dès que possible, je pars seule. En voyage, je prends de la distance avec moi-même. Je me découvre autant moi-même, que l’endroit où je vais. Être seule me permet d’être plus à l’écoute de mes envies et de mes sensations. Cela m’ouvre également des portes et me permet de belles rencontres ! A partir du moment où je mets le pied dans un pays, j’oublie mes craintes, mes peurs, ma pudeur et ma timidité de parisienne. L’appareil fait partie de moi et me transforme…

Lise Hébuterne, Dunes kazoart

Lise Hébuterne, Dunes

K. Quelle est votre méthode de travail ?

J’appuie sur le déclencheur quand je sens que c’est le moment, quand je suis surprise, émue, en colère… Je me laisse inspirer par l’instant, le hasard. J’évite de photographier à tout va. J’aime aussi prendre le temps de trouver mon sujet, mon cadre. Pendant la prise de vue, j’essaye de faire de bons réglages selon ce que je désire.

Puis, de retour à Paris, j’attends quelques semaines avant de regarder mes photos, j’évite ainsi d’être trop sensible à certaines images, certains souvenirs. Je prends donc du temps avant de débuter l’editing. Je passe un temps fou devant mon ordinateur à trier, effacer, sélectionner mes photos. Ensuite, il y a tout de même un travail de post-production devant le logiciel Photoshop. J’aime travailler principalement mes contrastes ou améliorer la lumière, mais le but n’est pas de créer une autre photo.

K. Avez-vous un sujet ou un style de prédilection ?

J’aime tout autant photographier un visage d’enfant qu’une chaise vide. Je me suis souvent demandé ce que je souhaitais photographier, quel sujet en particulier… Puis, un jour, j’ai arrêté de me poser la question. Je me suis libérée d’un poids. Je ne m’interdis maintenant rien, et me laisse guider par l’instant, par le hasard, les yeux ouverts et réceptifs. J’ai plaisir à photographier tout ce qui me touche, et j’en tire une énorme satisfaction. J’aime la diversité et ne pas être enfermée dans un concept ou un style.

Lise Hébuterne, La roseraie, Kazoart

Lise Hébuterne, La roseraie

K.  Comment créez-vous, pensez-vous et organisez-vous vos séries ?

J’ai beaucoup voyagé et donc j’ai des milliers de photos. De temps en temps des sujets reviennent. Par exemple pour la série « Clothes to me », en faisant du tri dans mes archives, je me suis rendue compte que j’avais photographié sous un même angle du linge qui sèche dans la rue, des champs au Canada, en Chine ,en passant par la Grèce. Pour la série « Steel life », j’ai longtemps trouvé bizarre de photographier de la tôle…  Puis j’ai compris que j’aurais peint ça si j’avais utilisé un pinceau !

Il y a aussi des séries sur le long terme où l’humain est au centre, par exemple les photographies « En train de vivre ». Il y en a d’autres qui sont elles construites autour d’une cohérence de couleurs, de lignes…. Et puis il y a des inclassables, des photos isolées.

Lise Hébuterne, Les bâteaux

Lise Hébuterne, Les bâteaux

K. Quelles ont été vos expériences les plus fortes, en lien avec la photographie ?

Il y a certaines photos qui offrent des expériences inoubliables très fortes, très différentes… J’ai eu peur, mais j’ai photographié les rues d’Hébron en Palestine où je voyais des mitraillettes tenues par des militaires israéliens en haut de chaque immeuble.
J’ai pleuré en photographiant un lit de torture dans la prison S21 au Cambodge, j’ai pleuré aussi en photographiant l’évolution de ma fille…
J’ai eu l’honneur d’être accueillie par une famille en Jordanie, j’ai été très émue et fière de les photographier dans leur intimité.
J’ai fantasmé sur les courbes des dunes du désert de Gobi.
Je vis un bonheur quand je sais que je viens de capter une bonne photo….

Lise Hébuterne, Flower & Co

Lise Hébuterne, Flower & Co

Découvrez la galerie de Lise Hébuterne sur KAZoART

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Commentaire sur “Focus sur l’artiste Lise Hébuterne

  • Maryse Daoust

    Bonjour Madame,
    Je partage votre philosophie de l’art photographique.
    Je me retrouve dans vos errances et découvertes. La photo est pour moi aussi un lien pour la rencontre avec autrui, un objet de satisfaction mais surtout un plaisir sans fin.
    Pour la première fois depuis 10 ans, j’expose 24 clichés et j’ai été ravie d’écouter et de recevoir les avis et commentaires des visiteurs de l’expo du P Art Age de ma commune en wallonnie.
    Mardao