Focus sur l’artiste Michel d’Oultremont 1


Depuis qu’il a rejoint KAZoART, Michel d’Oultremont nous enchante avec ses photos d’animaux sauvages en pleine nature, saisis au détour d’une branche, d’un rayon de soleil ou de lune, loin des hommes et de leur vacarme. Aujourd’hui, nous vous proposons une rencontre avec cet insatiable photographe naturaliste, qui a fait de la vie sauvage un domaine artistique à part entière.

Retrouvez ici la galerie en ligne de Michel d’Oultremont 

Michel d'Oultremont - Photographe naturaliste - KAZoART

Michel d’Oultremont – Photographe naturaliste – KAZoART

Une minute de vidéo pour vous plonger dans l’univers artistique de Michel d’Oultremont :

Vie et démarche de Michel d’Oultremont

Comme bien des enfants, Michel d’Oultremont était pressé de sortir de l’école, mais s’il fonçait à travers la campagne belge sur son vélo, contrairement à bien d’autres, ce n’était pas pour regarder ses dessins animés préférés. Juste le temps d’attraper son carnet et ses jumelles, il ressortait aussitôt pour trouver les meilleurs points où guetter les oiseaux de passage. Pendant 4 ans, presque tous les jours, il a observé les oiseaux et contribué à alimenter les bases de données des ornithologues de la région.

Moustache - Michel d'Oultremont - KAZoART

Moustache – Michel d’Oultremont

C’est d’ailleurs dans ce contexte que la photo est apparue dans sa vie. Formé par des photographes naturalistes dans une intention d’inventaire et de précision scientifique, Michel d’Oultremont apprend les règles traditionnelles et rigoureuses de la photo naturaliste dans son adolescence. Puis, peu à peu, avec l’arrivée de la photo numérique, il se rend compte des opportunités immenses qu’elle offre et commence, en essayant de nouvelles manières de composer ses photos, à trouver son style et sa signature.

Alone Ghost - Michel d'Oultremont - KAZoART

Alone Ghost – Michel d’Oultremont

Un cadrage qui place l’animal en ombre chinoise dans un coin de la photo, des lumières naturelles qui envahissent le champ et donnent une dimension fantastique à l’oeuvre… Sans aucune retouche, grâce à sa grande patience et à son regard à l’affût, Michel d’Oultremont transforme les animaux sauvages en personnages de légende traversant des paysages féeriques. En quelques questions, nous avons cherché à comprendre comment il parvenait à rendre contagieuse cette fascination pour la nature et l’art.

Into the forest - Michel d'Oultremont - KAZoART

Into the forest – Michel d’Oultremont

5 Questions de KAZoART à Michel d’Oultremont

#1 Comment s’organise votre travail pour réunir vos séries de photos?

Dans mon cas, ce n’est pas l’inspiration qui vient à moi. Il faut que j’aille au devant d’elle. Je vais m’intéresser soit à un biotope, soit à une espèce. Le biotope, souvent, sera un lieu plutôt proche de chez moi, où je serai susceptible de croiser plusieurs types d’animaux. Lorsque je pars au devant d’une espèce, en revanche, il faut parfois parcourir de longues distances. Cela fait l’objet d’une organisation plus lourde et d’un séjour beaucoup plus long. Lorsque je pars, c’est pour au moins 15 jours … mais ça peut être un mois, ou deux. J’ai la chance d’avoir une certaine liberté dans le temps que je consacre aux prises de vue.

Michel d'Oultremont - Photographe naturaliste - KAZoART

Michel d’Oultremont – Photographe naturaliste – KAZoART

Une fois sur place, il me faut toujours 4 ou 5 jours pour m’adapter au nouvel environnement, puis quelques jours supplémentaires pour faire du repérage. Finalement, sur le temps du voyage, le moment où je prends des photos ne constitue que 10 à 15% du temps.

Pendulum - Michel d'Oultremont - KAZoART

Pendulum – Michel d’Oultremont

Pour réaliser de bonnes séries, je préfère être seul, dans un désert ou un milieu rude et hostile, comme pour le bœuf musqué, dans les hauts plateaux d’un parc naturel, au nord de la Norvège. D’abord, il est plus facile d’approcher les animaux sans les inquiéter quand on est seul. Cela donne une meilleure maîtrise des conditions, même si, en l’occurrence, j’étais accompagné de deux amis également photographes: nous avions tous les mêmes contraintes et les mêmes objectifs. Ensuite, le fait d’être dans un climat hostile donne non seulement des occasions de faire des photos plus belles, plus étonnantes, mais aussi, c’est une motivation supplémentaire. Si un jour je me rends compte que les photos que j’ai faites ne sont pas satisfaisantes, conscient que je n’ai pas beaucoup de temps et que les opportunités me sont comptées, je retourne avec d’autant plus d’énergie me mettre à l’affût et rechercher de nouvelles vues.

Michel d'Oultremont - Photographe naturaliste - KAZoART

Michel d’Oultremont – Photographe naturaliste – KAZoART

Une série est le résultat de nombreuses photos que je fais, guidé par le ressenti et l’émotion, et sans anticipation du résultat. C’est seulement a posteriori, en les triant, que des liens vont se faire entre des photos. Un biotope, une lumière, une espèce, des attitudes vont se dégager et se réunir.

#2 Quelle est la démarche artistique qui vous guide?

Sur chaque photo, je cherche à comprendre ce que fait l’animal et à l’entourer d’une belle composition. C’est pour ça, d’ailleurs, que j’aime travailler dans des conditions où je peux trouver un paysage, une lumière où une météo spectaculaires.

Force - Michel d'Oultremont - KAZoART

Force – Michel d’Oultremont

Pour moi, l’objectif est de faire passer une émotion. Je suis peut-être un idéaliste, mais il me semble qu’on protège d’autant plus ce qu’on trouve beau, et qu’on trouve beau ce qui nous touche. J’aimerais qu’en voyant une nature belle et sauvage sur mes photos, naisse l’envie de prendre soin et de faire attention aux écosystèmes qui nous entourent.

Love night - Michel d'Oultremont - KAZoART

Love night – Michel d’Oultremont

Dans ma région, les associations de protection des milieux naturels, dont je fais partie, font beaucoup de choses pour que les espèces puissent survivre dans de bonnes conditions, et des résultats sont là. Mais par ailleurs, dans la même zone géographique, des fermiers tirent sur les renards car il les considèrent comme nuisibles, alors qu’ils sont utiles pour réguler les populations de rongeurs.

Fox in the snow I - Michel d'Oultremont - KAZoART

Fox in the snow I – Michel d’Oultremont

Le public qui se présente à mes expositions est par avance amoureux de la nature. La vente de mes œuvres sur internet, via une galerie en ligne comme KAZoART me permet de toucher un public plus large. C’est la grande force d’internet : rendre accessible à tous et instantanément des œuvres d’art que l’on n’aurait pas découvertes près de chez soi.

#3 Votre travail se rapproche de celui d’un biologiste. Quelles sont les relations entre l’art et la science dans vos photos?

Ma démarche n’est plus scientifique comme elle a pu l’être lorsque j’ai commencé la photo. En revanche, il reste une part d’ornithologue en moi ! Déjà parce que je continue à alimenter les bases de données ornithologiques et ensuite parce que le matériel d’affût et les techniques d’approche sont identiques. Je me déplace avec ma tente de camouflage, vers un lieu que j’ai préalablement repéré et j’attends, en silence, que la nature m’oublie.

Salut le monde - Michel d'Oultremont - KAZoART

Salut le monde – Michel d’Oultremont

La comparaison s’arrête là, cependant, car pour chaque photo, je vais chercher la meilleure composition artistique. C’est quelque chose qui m’échappe en partie, d’ailleurs, car une fois que j’ai tout préparé, je ne maîtrise ni le temps ni les animaux. S’ils ne passent pas, ou si la lumière est mauvaise, je n’y peux rien et presque 9 fois sur 10, je rentre bredouille.

# 4 Les animaux sauvages sont au cœur de votre travail : quelles sont les relations que vous nouez avec eux au cours de vos expéditions?

En Europe, moins je noue de relation avec eux et plus j’ai de chances de faire de bonnes photos ! Les animaux sauvages sont très méfiants sur notre continent. Il vaut mieux qu’ils m’oublient complètement. C’est d’ailleurs difficile, parce que malgré mon objectif, qui est très précis, il faut que je sois relativement proche des animaux pour les photographier : à 5 ou 6 mètres pour les oiseaux, 20 à 25 mètres pour les grands mammifères.

Michel d'Oultremont - Photographe naturaliste - KAZoART

Michel d’Oultremont – Photographe naturaliste – KAZoART

Les bœufs musqués, réintroduits en Norvège depuis peu, sont moins méfiants que d’autres espèces. Lorsque je suis allé à leur rencontre, j’ai pu m’en approcher. Ils me voyaient, mais à condition que je sois capable de déceler les premiers signes de nervosité ou d’irritation, cela ne posait pas de problème. Sur la photo « Puissance I », l’animal s’ébroue après une tempête de neige, ce qui donne ce tourbillon de glace, et j’étais à 20 mètres de lui !

Puissance I - Michel d'Oultremont - KAZoART

Puissance I – Michel d’Oultremont

Pour moi, une photo n’a aucune valeur si pour la prendre il a fallu inquiéter ou perturber l’animal. C’est l’une des bases de la photo naturaliste et elle est primordiale pour moi.

A 18 ans, je m’étais mis un jour à l’affût pour observer et photographier des oiseaux. Un petit chevalier gambette est venu s’installer juste devant moi, ce qui était une grande chance, et … il s’est endormi ! J’ai patienté pendant plus de 10 heures en attendant qu’il se réveille. La tranquillité des animaux fait autant partie de l’oeuvre que la lumière ou la composition.

Nid de peluche - Michel d'Oultremont - KAZoART

Nid de peluche – Michel d’Oultremont

#5 Les titres que vous choisissez ajoutent une valeur à chacune de vos œuvres. Comment se construit un titre?

Ah ! Le titre est un grand problème pour moi ! J’ai beaucoup de mal à relier les images et les émotions qu’elles véhiculent avec des mots. Ce que vous me dites m’amuse, parce que je me creuse toujours beaucoup la tête pour trouver des titres originaux, adaptés et courts. Tant mieux si une relation parvient à se nouer entre le titre et l’oeuvre !

Lumière magique - Michel d'Oultremont - KAZoART

Lumière magique – Michel d’Oultremont

Retrouvez ici la galerie en ligne de Michel d’Oultremont 

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Commentaire sur “Focus sur l’artiste Michel d’Oultremont

  • Ford PAUL

    Une belle découverte en la personne de Michel d’Oultremont. Plusieurs choses m’ont plu au file de la lecture de cet article. Sa passion pour les oiseaux dès son plus jeune âge l’a finalement mené à ce qui est aujourd’hui sa pratique, cela est très touchant. Le temps qu’il consacre à la photographie est pour moi étonnant, il peut partir pendant deux mois en expédition pour ne consacrer que 10 à 15 % de ce temps à la photo!. D’Oultremont s’engage à respecter la tranquillité de la nature avant tout et cela est très appréciable. Enfin ses clichés en plus de nous transporter n’ont subit aucune retouches numériques.Bravo!
    Alone Ghost est l’oeuvre qui m’a le plus touché.