Interview artiste • Rencontre avec Aline Wiest 1


Cette semaine, KAZoART vous propose de pousser la porte de l’atelier de la peintre Aline Wiest pour découvrir son univers et son travail. Avec des compositions végétales pleines de fraicheur, cette artiste peintre emmène son spectateur dans une promenade colorée au cœur des sous-bois… Aline Wiest s’est prêtée au jeu des questions-réponses pour nous : rencontre avec une artiste lumineuse et spontanée.

 

Voir la galerie d’Aline Wiest

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Aline Wiest en quelques mots…

Compositions florales et végétales, tons vert d’eau, bleutés ou anisés : une fraicheur certaine émane des œuvres d’Aline Wiest. Née en Lorraine, elle vit et travaille aujourd’hui à Paris. Avec un geste libéré, laissant la place au hasard, elle créé ses compositions à partir de ses observations et de ses ressentis durant ses voyages, tantôt sur toile, tantôt sur un medium plus original, le carton. Grâce à sa technique d’application d’un « jus » clair (peinture très diluée), ses œuvres sont lumineuses, les couleurs transparentes, et mettent ainsi en scène une nature après la pluie, riche et irriguée d’eau… une véritable promenade en forêt, pour des toiles qui respirent l’humus ! La nature est en effet une source d’inspiration inépuisable et fascinante pour Aline Wiest qui cherche sans cesse à en saisir le caractère éphémère et délicat.

Chez KAZoART, on aime ce travail sur l’harmonie et l’équilibre, dans des compositions à la fois rythmées et calmes, semblables à des symphonies…

Aline Wiest, Symphonie (diptyque), 1500 €

Aline Wiest, Symphonie (diptyque), 1500 €

K. Parlez nous de votre parcours…

Ce sont « les Parisiennes » du dessinateur Kiraz qui m’ont amenée au dessin ; on pouvait les trouver dans les pages du magasine « Jours de France » que ma grand-mère achetait chaque semaine. Attirée par la liberté du trait et de la couleur posée, je les recopiais dans des cahiers que j’ai toujours. A partir de là je n‘ai cessé d’explorer dessin et peinture ce qui m’a amenée à m’orienter vers deux écoles d’art, les Arts Appliqués à Metz puis les Arts Décoratifs de Strasbourg.

K. Quelles sont vos influences, vos inspirations ?

Mes influences sont multiples : je ne peins qu’en musique, essentiellement classique, j’écoute beaucoup du Baroque (pour sa gaieté), Haendel (pour sa sensualité) et la musique française pour ses ruptures (particulièrement Poulenc).
Les peintres que je suis depuis longtemps comme Kirkeby , De Stael, Joan Mitchell, Bram Van Velde, Cy Tombly et tant d’autres…
La poésie, celle de Saint John Perse, qui m’accompagne depuis tant d’année, je l’apprends par cœur, elle m’accompagne très souvent.
J’ai la passion de saisir sur le motif une lumière sur un fragment de paysage, en attestent mes nombreux carnets de voyage.

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K. Comment procédez-vous pour la création d’une œuvre ?

Avant d’entreprendre et de faire « le grand saut », j’accumule une multitude de petite choses inutiles, tout en lorgnant brosses, seaux supports, tout est prêt jusqu’au moment où j’inscris le premier geste : une mise en mouvement par des « trouvailles » picturales  que m’offre un hasard que j’invite sur ma toile. En général je recouvre toute la surface d’un jus clair que je laisserai apparaître (ou pas) pour la lumière. Les formes naissent, des ustensiles s’improvisent que je saisis sur ma table : bout de bois, chiffons, objets étranges ramassés ci et là. Ma technique est l’acrylique sur toile ; en parallèle il y a mes petits cartons que j’enduis de plâtre (le jus transparent posé sur le blanc du plâtre donne un éclat inouï)  en leur donnant le format de mon choix, ce sont d’excellents tremplins pour explorer de nouvelles formes. Je ne cherche pas à donner un sens, c’est la couleur qui détermine mon travail, elle est le véritable sujet de ma peinture.

K. Quelle place occupe la nature dans votre travail artistique ?

Ma peinture parle de la nature, du végétal parce que sa gamme chromatique nous renvoie à elle. Elle en est le sujet.
Elle est nourrie certainement par les nombreuses études de nature sur le motif que je conserve dans une multitude de carnets.

Aline Wiest, Cosse et silique (19), 200 €

Aline Wiest, Cosse et silique (19), 200 €

K. Quel est l’équilibre entre figuration et abstraction dans vos compositions ?

Abstrait ou figuratif, peu importe. Si la figuration est représentation d’objets ou de formes identifiables, je ne suis pas dans la figuration. Mais si l’abstrait est porteur de concept, de message, de sens, je n’y suis pas non plus. Mon travail est porté par le geste et la couleur. Et de là naît mon univers pictural.

K. La couleur tient-elle un rôle primordial pour vous ? Comment la travaillez-vous ?

Sam Francis disait : « La couleur est pour moi la vraie substance, le point de départ qui ne sert ni le dessin, ni la forme. » C’est du pictural que naissent les formes avec le hasard du geste, la fabrication d’une œuvre, son aspect artisanal me correspond bien et rejoint une phrase de Soulages qui est pour moi essentielle : « C’est ce que je fais qui m’apprends ce que je cherche ».
Je ne cherche pas à donner un sens, c’est la couleur qui détermine mon travail, elle est le véritable sujet de ma peinture.

Aline Wiest, Coques de giroflier, 700 €

Aline Wiest, Coques de giroflier, 700 €

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