Interview artiste • Rencontre avec Antoine Favre


KAZoART entre dans l’intimité des artistes de sa sélection et décortique leur travail ! Cette semaine, le peintre figuratif Antoine Favre s’est prêté pour nous au jeu des questions-réponses. L’occasion de découvrir ou d’en apprendre plus sur ses œuvres à la touche experte, portraits et paysages baignés d’une lumière inimitable ! Immersion dans l’univers fascinant de ce jeune peintre lyonnais plein d’avenir.

 

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Antoine Favre en quelques mots…

Dessin et couleurs, lumière et obscurité : l’œuvre d’Antoine Favre est formée de couples antagonistes qui se complètent pour construire des peintures profondes, où le réel devient merveilleux. Ce jeune peintre lyonnais s’est vite intéressé au dessin, un art qu’il manie avec talent et passion.

Grâce à la diversité de ses sujets, du paysage au portrait animalier, en passant par le nu, il créé, imagine et transcrit sur la toile une scène et une ambiance qui racontent toujours une histoire, et suscitent un ressenti. En cela il se rapproche des impressionnistes, de même que sa touche et son choix des paysages vivants. Son style et son utilisation du noir pourront aussi le rapprocher d’autres grands maitres tels qu’Édouard Manet. Antoine Favre est un peintre figuratif qui prend ses racines dans la peinture classique du XIVe au XIXe siècle, pour délivrer une oeuvre riche aux multiples facettes…

Antoine Favre, Entre terre et ciel, Ecosse, 700€

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1. Quel est votre parcours, et comment êtes-vous venu à la création ?

J’ai grandi dans un petit village du nord de l’Auvergne, dans un coin isolé en pleine campagne, relativement dépourvu de vie culturelle. C’est par le cinéma, transmis par mon père, que j’ai eu ma première approche artistique.
Au lycée, j’ai choisi l’option cinéma audiovisuel, mais découvrant peu à peu les contraintes d’un art collectif, je me suis plutôt orienté vers le dessin que j’avais toujours pratiqué en dilettante – essentiellement de la bande dessinée et des caricatures de professeurs !

C’est par la suite que j’ai décidé d’apprendre les bases du dessin qui me manquaient cruellement, j’ai donc intégré l’école Emile Cohl dans le but de faire de la bande dessinée. C’est là-bas que j’ai découvert toutes les bases classiques de l’art, dessin de plâtre, modèle vivant, anatomie artistique, sculpture, étude documentaire, perspective… Et bien sûr la peinture qui a très vite été une révélation pour moi qui n’avais jamais essayé auparavant. Petit à petit je me suis détaché de l’illustration et de la bande dessinée pour me consacrer de plus en plus à la peinture. C’est quand j’ai quitté l’école, il y a un peu plus de trois ans maintenant, que je me suis lancé dans la peinture à l’huile et que j’ai fais mes premières toiles.

Antoine Favre, Equilibre, 900€

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2. Quelles sont vos principales inspirations et artistes favoris ?

Mes influences sont multiples. J’ai toujours été très influencé par le cinéma, par exemple et de façon non exhaustive, à travers les films de Kubrick, Scorsese, Fincher, Cuaron, Speilberg, Scott, Chaplin, Carpenter, Cohen, Burton (années 90), Melville, Audiard et bien d’autres ! Un de mes genres préférés est sans doute la science fiction.

Dans le domaine de la peinture, ce sont toujours des œuvres figuratives qui m’ont inspiré – je n’aime pas beaucoup l’abstraction… De manière générale, je préfère la Renaissance flamande à la Renaissance italienne, le travail de la lumière et la matière me plaît beaucoup plus. Pour le paysage, je l’ai découvert à travers Turner et les impressionnistes (qui ont été ma première claque artistique), à travers aussi l’école russe du paysage du 19e siècle qui est très impressionnante. Pour son univers cauchemardesque, son surréalisme et sa technique extraordinaire, j’aime aussi énormément Zdzisław Beksiński, qui est une sorte de Dali macabre.
Il y a aussi beaucoup de peintres figuratifs contemporains que j’admire, mais malheureusement ils ne sont pas assez connus en France. Je pense notamment à Jeremy Mann, Benjamin Bjorklund, Jeremy Lipking, Denis Sarazhin, Nicolas Martin, Jenny Salville, Phil Hale, Yohan Merienne, et bien d’autres.

3. Comment procédez-vous pour la création d’une oeuvre ?

Pour créer une toile, je procède toujours de la même manière : je travaille avec quelques croquis, et une fois que j’en ai trouvé un satisfaisant je m’en sers de base pour ma toile. Après avoir passé un jus sombre sur ma toile, je fais le dessin, puis je repasse un jus sur toutes mes ombres pour que la structure et les volumes commencent a ressortir. Je procède ensuite de façon classique pour la peinture à l’huile, gras sur maigre. En plus du croquis, je m’entoure de documentations et de différentes toiles selon le sujet que je traite. S’il m’arrive de peindre en plein air, ou alors de faire des petits sujets en alla prima, je travaille essentiellement en atelier et je mets plusieurs jours, voire plusieurs semaines à faire une toile, car l’étape de dessin et souvent pour moi la plus compliquée, et je me corrige énormément.

Antoine Favre, Centrale nucléaire au matin, 1000€

Antoine Favre, Centrale nucléaire au matin, 1000€

4. Comment choisissez-vous vos sujets, qui sortent parfois de l’ordinaire ?

Un soir, en passant à coté d’une centrale nucléaire, je vis les effets de la lumière sur la fumée. J’ai trouvé ça magnifique et j’ai tout de suite eu envie d’essayer de peindre ce genre de sujet, je m’y suis plu et ma série avançant, je me suis de plus en plus détaché du modèle, pour rentrer dans quelque chose de plus onirique, sombre et fantastique. Je m’intéresse beaucoup au principe de la dystopie et j’essaie, à travers mes paysages industriels, d’ouvrir la possibilité d’une apocalypse colorée, mais cela est plus perceptible sur mes dernières toiles.
Pour le modèle vivant je choisis tout simplement les gens qui m’entourent, les visages que j’ai envie de dessiner ou de peindre, et de temps à autre il en est de même avec le paysage naturel.

5. Quel est votre rapport à la nature et à votre ville, Lyon ?

Mon rapport à la nature est assez simple : j’y ai grandi et je sais qu’un jour j’y retournerais. J’y retourne déjà assez souvent, mais pour le moment je me plais a Lyon et je ne me vois pas vivre dans une autre ville. Elle a l’avantage d’être à taille humaine et d’offrir beaucoup de possibilités culturelles et artistiques. Je la trouve belle et je m’y sens bien, tout simplement.

Antoine Favre, Femme sur les quais de Saone, nuit, 1000€

Antoine Favre, Femme sur les quais de Saone, nuit, 1000€

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