Interview artiste • Rencontre avec Jean-Marc Angelini 1


Cette semaine, KAZoART vous présente le travail du photographe Jean-Marc Angelini, artiste autodidacte qui maitrise parfaitement les différentes techniques de la photo. Ingénieur de métier, ce véritable passionné d’images aime expérimenter et saisir ce qui se présente à lui, pour des créations toujours plus variées, qui exploitent au maximum les possibilités de l’optique. Ses photos aux thèmes originaux et multiples mêlent bien souvent figuration et abstraction. Dynamisme et mouvement sont présents dans ses œuvres, qui laissent paraitre tout un panel d’émotions et d’événements éphémères. Jean-Marc Angelini vous parle de sa façon de travailler, de créer et de penser ses œuvres…
Rencontre avec un photographe plein de surprises, qui porte la passion à un haut niveau d’exigence.

Retrouvez la galerie de Jean-Marc Angelini sur KAZoART

6 questions à Jean-Marc Angelini

      K. Pouvez-vous me parler un peu de vous ?

Né en 1961, je suis entré en photographie très tôt, avec mon premier reflex, un Zenith-E, dans les années 70.
Sans aucun automatisme, ce fut une bonne école pour tester et comprendre tous les réglages.
Ingénieur Arts et Métiers, j’ai une carrière en calcul de structures, mais la passion photo aidant, j’ai tourné mon activité vers les technologies numériques afin de l’ouvrir aux activités photographiques.
Toujours autodidacte en photo, mais très technicien de par ma formation, je maîtrise assez la technique de prise de vue pour l’oublier, être à l’instinct sur les bons paramètres et ne penser qu’à la construction de l’image.
Ma vocation est née avec moi semble-t-il, toujours présente et nécessaire : dessin, écriture, vidéo, j’ai touché à tout ça, mais sans talent. Mais en photo (et si j’en crois les avis) ça se présente mieux, et ce qui était un besoin créatif est devenu une passion forte dans laquelle je me réalise tout à fait.

          K. Quelles sont vos influences et inspirations artistiques ?

Comme la plupart des photographes, j’estime qu’il y a des bases fortes chez Doisneau, Cartier-Bresson… en ce qui concerne la construction, le cadrage, le sens de l’instant.
Mais l’impressionnisme a montré qu’on pouvait détourner le classique et enrichir le ressenti en s’éloignant du figuratif, la peinture précédant de loin la photo dans ce mouvement de dé-figuratif au profit de l’imaginaire et du ressenti, et cette voie m’intéresse fortement.
Enfin, du coté de l’écriture, des expériences d’interférences de mots, comme celles de James Joyce ou Alain Damiaso m’ont amené à tenter de transposer ce concept en images.
Dé-figuratif et interférences sont actuellement mes sources.

Jean-Marc Angelini, Bruges

          K. Quelles sont les différentes techniques que vous utilisez (montage, retouches…) ?

Pour la prise de vue, c’est tout numérique, en 24×36 et en RAW (ndlr : fichier brut, dont l’image n’a subi aucun traitement – tels que la luminosité, le contraste… etc)
J’ai une gamme optique du 17 au 500 mm, avec une attirance vers les vieux cailloux comme la marque d’optique Angénieux, l’objectif à miroirs, le sténopé (ndlr : ancêtre de l’appareil photo, sorte de chambre noire).
Le choix de la monture Nikon qui reste compatible avec ces collectors s’est imposée.
Je fais 90% de mes traitements sur Camera Raw et les 10% qui restent sont une finition sur Photoshop, pour des corrections qui ne sont pas possibles sur Camera Raw, ou les effets vintage à l’aide de Retrographer.

Jean-Marc Angelini,, Série saisons digitales

        K. Pouvez-vous nous raconter la création des prises de vue sous l’eau ?

Je suis curieux d’expérimenter et je voulais tester la photo sous l’eau.
Les difficultés de ce genre d’images tiennent aux risques d’infiltration d’eau, et à l’inconfort de la visée et du cadrage.
Il faut aussi tenir compte de la focale apparente qui augmente : un très grand angle comme le 17 mm que j’utilise devient un objectif normal sous l’eau.
Les images brutes présentent un déficit de contraste et de netteté dès que l’eau n’est pas cristalline, et un déséquilibre vers le bleu, mais on corrige assez bien sous Camera Raw.
A part ça peu de difficultés car on peut obtenir de bonnes images dans une simple piscine ou en mer à 1 m de profondeur.

Jean-Marc Angelini, subdancer

Les meilleures images des Subdancers viennent de l’idée d’exploiter la lumière à l’entrée d’une grotte dans la falaise proche de la plage de la Mala à Cap d’Ail accessible à la nage.
A la limite entre ombre et soleil on obtient de très beaux éclairages.
Mes filles ont été les modèles, ma femme l’accessoiriste (en particulier le voile orange qui anime les images).
Sous l’eau, on se trouve presque en apesanteur, aussi je ne tiens pas compte du « haut » et j’oriente la surface de l’eau pour servir la composition, d’où cet effet de danse sur un miroir de certaines images.

        K. Avez-vous une préférence pour le sujet féminin ?

Très clairement oui.
Ce n’est pas un choix délibéré, car les hommes sont présents dans mes images en général et mes portraits en particulier, mais on constate cette prédominance féminine dans mes images.
On peut penser que c’est naturel pour un photographe masculin, mais il y a beaucoup de femmes photographes qui préfèrent les modèles féminins dès qu’il s’agit d’exprimer une certaine grâce dans les images…

        K. Couleur… ou noir et blanc ?

Les deux mon capitaine !
C’est le sujet qui m’impose le choix, et je le laisse faire, sans me fixer aucune règle.

Jean-Marc Angelini, Ghostlady

L’avis de KAZoART

Jean-Marc Angelini joue avec ses objectifs comme un peintre avec ses pinceaux… Toujours à l’affut d’expériences photographiques et artistiques, il met soigneusement en place des scènes surprenantes, délicates et poétiques, voire féériques. Le sujet féminin, à la fois énigmatique et sublimé, déploie sa grâce avec pudeur dans des compositions aériennes. Ses sujets sont très variés, de l’automobile au paysage en passant par le portrait et la ville, et ses images toujours construites avec soin, cadrées avec attention et travaillées dans le moindre détail. On aime son étude de la frontière entre figuratif et abstraction, ce travail de déconstruction du réel, de création d’un univers différent, à partir de ce que l’on connait et reconnait.

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