Interview artiste • Rencontre avec Peam’s


Cette semaine, la rédaction s’est plongé dans l’univers d’un artiste aux influences Street Art, Peam’s, qui exposera au salon Expo4Art à Bordeaux du 15 au 17 décembre 2017 avec KAZoART. Cet artiste autodidacte qui manie la bombe aérosol mêle habilement graff et portraits dans des toiles colorées et vitaminées. Rencontre avec celui qui se définit lui-même comme un « urbanartiste » !
Peam's

Peam’s

Peam’s en quelques mots…

Né à l’origine sur les murs de nos rues et éphémère par nature, le Street art ou art urbain a été adapté par Peam’s pour se fondre dans la toile… avec succès ! Graffeur, street artist, peintre… cet artiste qui ne saurait rentrer dans des cases revendique sa liberté de création ainsi que sa volonté de toucher le plus grand nombre. En choisissant de représenter des visages d’inconnus, il s’inscrit dans le genre séculaire du portrait et partage ainsi à tous sa passion pour le graffiti et la couleur. Ces visages représentés à la façon d’un pochoir pourront évoquer ceux de Miss Tic, mais à la différence de ceux l’artiste parisienne, ils se découpent sur un panel de couleurs éclatantes réalisées à la bombe, rappelant directement les murs investis par les artistes urbains de nos villes. On aime ces représentations de la joie, de la légèreté, où chacun peut raconter sa propre histoire, en toute simplicité…

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Peam’s, La mystérieuse se dévoile, 90×130 cm, 450€

1. Quel est votre parcours, et comment êtes-vous venu à la création ?

A 17 ans, j’ai rencontré celui qui deviendra un très bon ami, Lionel : il gribouillait sur des feuilles blanches, je lui avais alors demandé ce qu’il faisait. Il m’avait répondu : « Je sketch pour mes prochains Graffs. » J’ai accroché directement ! Je travaille les lettres et les couleurs, lui surtout du personnage, et ça dure depuis ce temps là.
Le temps passe, et on préfère alors faire de belles fresques entres amis devant un mur, que de courir les voies ferrées…
La toile, elle, est venue très tard, il y a environ 2 ans (j’ai 34 ans). Avec un changement de vie de famille, moins de temps pour les amis, le week-end pris pour réaliser des fresques, il me fallait un support pour m’exprimer tout en restant chez moi.
J’ai donc décidé d’adapter sur toile ce que je fais sur un mur…
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2. Quelles sont vos influences et inspirations artistiques ?

Je regarde en permanence ce qui se fait dans la rue : collage, tag, Graff, … le graffiti m’habite toujours. D’ailleurs, quand je vais dans une ville que je ne connais pas, je me repère plus facilement avec les tags et les Graff que le nom des rues ! Bien sûr, aujourd’hui, avec internet et les réseaux sociaux, ça permet de décupler tout ça et d’en voir sans bouger de son canapé.
Mes influences de couleurs vont du Graff en passant par la pâtisserie ou la cuisine : ce n’est pas seulement gustatif, mais aussi visuel ! Il n’est pas rare que je m’aventure sur les réseaux sociaux sur les pages de chefs cuisiniers ou de pâtissiers pour chercher l’inspiration côté couleurs.

3. Comment procédez-vous pour la création d’une œuvre ?

Déjà, j’enregistre tout le temps des photos d’inspiration, pour les couleurs, les visages…
Je choisis la photo en fonction de mon humeur (ndlr : les visages sur les toiles de Peam’s sont créés à partir de photo). Il n’est ainsi pas rare que je revienne sur une photo quelques jours après si je n’arrive pas à travailler dessus le jour même. Je travaille ensuite les photos sur un logiciel de retouche pour avoir le rendu que je souhaite. J’en travaille plusieurs, je les stocke et je pioche dedans quand je produis.
Pour la phase toile, je pars sans idée précise, j’arrive dans mon atelier avec mon humeur, mes idées du moment. Je choisis une couleur et teste avec d’autres, pour voir si ça « matche » ou pas en les accordant ensemble. Une fois mon panel de couleurs choisi, j’attaque la toile.
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Je prends une bombe, peu importe la couleur, et je remplis par-ci, par-là, je change de couleur, je repasse, je tague etc… c’est vraiment une question de feeling et de spontanéité. D’ailleurs, j’attache beaucoup d’importance à la spontanéité, je ne calcule pas, je ne réfléchis pas.
Je travaille seul, sans musique, je suis quelqu’un d’introverti et solitaire – alors me retrouver seul face à ma toile, c’est juste du bonheur !
Ensuite vient l’étape où je travaille le portrait. Cette étape-là, je la garde précieusement pour moi car j’utilise une technique particulière… Quand on me demande comment je fais, je réponds souvent « Si demain vous connaissez le truc du magicien, la magie ne sera pas la même… » Tout ce que je peux dire, c’est que je travaille à la bombe, sans pochoir et cette technique me permet de garder le côté spontané et les petits défauts qui vont avec.

4. Pourquoi avoir choisi le portrait ?

Un Graff sur une toile, ça parlera seulement aux graffeurs, aux initiés. Je trouvais ça dommage, car du coup on réduisait le public et on ne s’ouvrait pas (une idée en complète contradiction avec mon caractère introverti, ça doit être mon côté Gémeaux…).
Il me fallait donc quelque chose où je pouvais travailler la dynamique et attirer l’œil tout en racontant une histoire. Les visages sont venus comme une évidence. J’adore la dynamique que peut avoir le mouvement des cheveux, les expressions, mais surtout le regard qui en dit beaucoup…
Quand les gens me demandent « Pourquoi cette femme ? » ou « Qui est-elle ? », je leur réponds que c’est simplement une femme qui sourit, c’est une personne non connue, chacun se racontera son histoire et interprétera, à sa façon, la toile. Je n’aime pas « diriger » le spectateur, je préfère qu’il flâne au grès de son imagination – tout comme j’ai pu le faire pendant la création de ma toile.
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Peam’s, Hors du cadre 7, 60×60 cm, 150€

5. Quel est votre rapport au Street Art et que vous inspire ce mouvement ?

Le Street Art, je regardais ça de loin. Il y a beaucoup de graffeurs qui ont pris le mouvement en cours et l’ont développé. Il y a aussi beaucoup d’artistes qui ne sont pas passés par la case « graffiti ». Du coup, leur approche m’interpelle moins mais je m’y intéresse quand même car, du coup, ils ont une vision différente de la mienne et ils peuvent m’apporter quelque chose.
Aujourd’hui je ne me définis pas comme un  » Street artist « . Quand on faisait du graffiti et que l’on taguait, on était dans la rue mais pas considérés comme « artiste ».
Du coup, je me définis, pour ma part, comme urbanartist au mouvement Street art. Ce courant a mis en lumière et sur le devant de la scène une pratique underground qui méritait d’être connue et surtout reconnue ! Aujourd’hui les gens nous posent des questions, s’intéressent et ne voient plus notre art comme de la dégradation. Quand je vais coller dans la rue, j’aime retrouver des photos de mes collages pris en photo par des promeneurs.
Ma démarche est aussi celle « d’aller vers ». Le tout public ne sait pas forcément où se trouvent les « spots », certains n’osent pas passer les portes d’une galerie, alors mettre à la vue de tous le Street art, c’est la preuve d’une belle ouverture d’esprit du mouvement.
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