Interview artiste • Rencontre avec Vincent Bardou 1


Cette semaine, la rédaction de KAZoART vous plonge dans l’univers street art et coloré de l’artiste Vincent Bardou. Artistes emblématiques, personnages de  tableaux ou de films : ce jeune artiste les met tous en scène dans des toiles dynamiques, au style urbain. Autodidacte à l’esprit libre, Vincent Bardou détonne et se permet tout. Rencontre avec un artiste multifacette !

 

 

Vincent Bardou

Vincent Bardou

Vincent Bardou en quelques mots…

A 28 ans, l’artiste-peintre Vincent Bardou propose dans ses toiles sa propre vision du monde, avec un style unique et audacieux, mélange de Pop Art et de Street Art. Che Gevara, Darth Vador, Pablo Picasso, Nelson Mandela ou Mickey se partagent la tête d’affiche, chacun faisant passer à sa manière le message de l’artiste, qu’il soit un hommage ou un engagement sur la situation du monde actuel.

La technique de Vincent Bardou est tout aussi unique : il représente personnages et animaux à la façon d’un pochoir, ou de certains collages visibles sur les murs de nos villes, faisant ainsi passer cet art de la rue à la toile. Il y ajoute sa touche ultra-colorée, à la bombe, créant un contraste saisissant à l’œil, le personnage semblant « collé » sur le fond, Portraits de stars de la pop-culture ou grandes icônes, Vincent Bardou traite toujours son sujet avec passion et curiosité, en véritable témoin de son temps.

K. Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous venu à la création artistique ?

J’ai grandi à Vitry-sur-Seine, dans le Val de Marne, et j’ai commencé le dessin dès l’âge de 6 ans. J’ai très vite été influencé par le milieu urbain et son expression, notamment le graffiti que j’ai perfectionné au fil des années. Ce mouvement (le street art) était un moyen d’évasion et d’échange. En parallèle, j’ai poursuivi mes études afin d’obtenir une licence puis un master en design produits. Après un début de carrière en tant que designer, j’ai décidé à 25 ans de consacrer ma vie à la peinture.

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K. Que vous apporte la peinture ? Quelles sont vos inspirations ?

J’ai toujours eu le besoin de m’exprimer, de retranscrire ce que j’avais en moi. Pour certains, c’est la musique, l’écriture, pour moi c’est la peinture. Je travaille sur mes toiles jour et nuit, je réfléchis sans cesse à des nouveaux sujets, de nouvelles techniques. La peinture me plonge dans un sentiment de sérénité et de paix, et cela m’a permis de stopper ce quotidien effreiné, de me retrouver avec moi-même. L’art  comme je le conçois est avant tout une philosophie – une manière d’être et de vivre. Lorsque je réalise une œuvre, je médite, je me recentre sur moi-même et cela m’aide à avancer dans le monde actuel.

Je suis inspiré par les personnages qui ont lutté chacun à leur manière pour un monde équitable : je pense à Nelson Mandela, Coluche, Gandhi, Rosa Parks…. Celle qui inspire toutes mes toiles et qui est pour moi le symbole de cette génération est une artiste marseillaise du nom de Keny Arkana.
 
Vincent Bardou, Nelson Mandela, 600€

Vincent Bardou, Nelson Mandela, 600€

K. Comment procédez-vous pour la création d’une œuvre, étape par étape ?

Avant toute réalisation, je me concentre sur le message que je souhaite faire passer à travers la toile. Je me la figure d’abord dans ma tête, avant de le retranscrire en dessin sur papier.

Ensuite, je dessine au crayon le croquis (le portrait) sur la toile, et je passe ensuite à la peinture acrylique en réalisant les nuances de gris pour donner de la profondeur au visage et au corps du personnage. Une fois le personnage terminé, je détoure le personnage et ses contours afin de réaliser le fond coloré à la bombe. Et enfin, je finis toujours par deux couches de vernis afin que les couleurs ne jaunissent pas avec le temps.

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K. Pourquoi travailler spécifiquement le portrait, et surtout ceux d’icônes ?

Je choisis ces sujets pour rendre un hommage à ceux et celles qui se sont battus pour des causes. Ce sont des personnes qui ont lutté chacun à leur manière pour un monde plus juste, par leur courage, leur volonté et leur détermination.

K. Pourquoi ce contraste entre les personnages en noir et blanc et le fond en graffiti ?

Lorsque je dessine et peins un personnage, cela me demande beaucoup de concentration, ainsi qu’une certaine retenue et précision dans mes gestes. J’essaie de m’appliquer pour faire vivre le portrait que je réalise, et je canalise cette énergie à travers le personnage que je représente. Lorsque je passe à l’aérosol pour réaliser le fond, j’extériorise beaucoup plus. Le résultat est un contraste entre les deux, entre Pop art et Street Art, et c’est ce qui donne cette énergie à la toile.

Vincent Bardou, Jean-Michel Basquiat, 600€

Vincent Bardou, Jean-Michel Basquiat, 600€

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Commentaire sur “Interview artiste • Rencontre avec Vincent Bardou

  • Marc Jérusalmi

    Interview intéressante. Félicitations. Le visage de Picasso rayonne encore sur la France. L’inspiration de Nelson Mandela est très favorable, avec le sourire bien sûr. Je me souviens du jour où Mandela est enfin sorti de camp de détention politique, déjà fatigué, malade et essayant de faire bonne figure en traversant la foule heureuse de sa présence. Beaucoup n’étaient pas encore nés quand il avait été écarté de la société sud-africaine des décades précédentes. Le temps est passé. Mais de ne pas oublier. Bien à vous. Marc Jérusalmi