Cette semaine, la rédaction de KAZoART vous convie dans l’atelier de l’artiste peintre Cécile Duchêne-Malissin. L’occasion de découvrir son univers artistique, ses influences et sa manière de travailler. Cette artiste dévoile un monde figuratif empreint de fragilité, habité par hommes et animaux dans un espace végétal onirique. Rencontre avec une artiste sensible aux toiles baignées de mystère…

Cécile Duchêne-Malissin en quelques mots…

Cécile Duchêne-Malissin a fait des études d’arts à Paris puis à Strasbourg. Elle vit et travaille aujourd’hui à Montargis. Peintre à plein temps, elle est exposée dans de nombreuses galeries en France, mais aussi en Allemagne, depuis plus de 10 ans. Elle est l’une des artistes KAZoART à suivre avec attention en 2020 !

Cécile Duchêne-Malissin est une peintre résolument figurative. Ses toiles mettent en scène des personnages isolés, empreints d’une certaine mélancolie, semblant plongés dans une introspection profonde. Le monde de l’enfance est particulièrement représenté, et s’offre à la sensibilité onirique de chacun, provoquant une certaine nostalgie.

Sa peinture ne saurait être étiquetée tant elle est unique : par les thèmes, la composition, mais aussi la technique, mêlant peinture à l’acrylique, encre, papier et toile.

Les personnages des toiles se dévoilent autant qu’ils se cachent : derrière des masques, de la végétation. Ils se présentent au spectateur, abandonnés au regard, et pourtant tout en retenue. Mais est-ce le spectateur qui observe le personnage, ou le contraire ?

Les Œuvres de Cécile Duchêne-Malissin sur KAZoART

K. Comment est née votre vocation d’artiste ?

Ayant toujours ressenti l’envie de dessiner, j’ai su très tôt que je souhaitais faire de ma passion mon métier. Je me suis orientée vers un bac littéraire option Histoire de l’Art et Arts Plastiques avec pour but d’intégrer une école d’art.

Diplômée de l’École Supérieure des Arts Appliqués Olivier de Serres à Paris, j’ai travaillé quelques années dans un cabinet d’architecte. Par la suite j’ai rejoint la Faculté des Arts Visuels de Strasbourg dans la section multimédia ce qui m’a permis d’intégrer le monde professionnel de la création graphique digitale.

Atelier de Cécile Duchêne-Malissin

J’ai alors décidé de travailler à temps partiel afin de pouvoir me consacrer davantage à la peinture et commencer à vendre mon travail en galerie. Il y a quelques années, j’ai arrêté toute activité professionnelle afin de me consacrer à plein temps à ma passion artistique.

K. Comment se déroule une séance de peinture ?

Je reste longtemps sur un même thème, le déclinant sur plusieurs toiles ou dessins. Je commence par une recherche de composition que je fais la plupart du temps par des croquis auxquels j’intègre des photos.

Souhaitant m’éloigner de “la simple peinture”, je l’utilise comme point de départ sur une toile en partie marouflée, où j’ajoute diverses techniques telles que le pastel à l’huile, la mine graphite, le collage et parfois même la couture.

K. Quelles sont vos inspirations artistiques, vos influences ?

Cécile Duchêne-Malissin, Renaissance II

Mes inspirations artistiques viennent d’une imprégnation des images qui m’entourent, celles du quotidien, du web, d’une atmosphère de film ou encore de nombreuses expositions. Elles sont en tout cas résolument figuratives.

K. Quel est votre rapport aux thèmes qui ressortent dans vos tableaux (l’enfance, la nature, la solitude…) ?

Mes peintures n’évoquent aucune référence de temps ni de lieu car là n’est pas l’important. Il s’agit plutôt de traduire notre fragilité face au monde et le besoin de se retrancher derrière une enveloppe protectrice.

Cécile Duchêne-Malissin, Camouflage psychédélique

Mes personnages évoluent dans des décors presque abstraits, ou envahis par une végétation luxuriante. Leur expression souvent ténue, leur attitude distante, leur dissimulation derrière un masque ou un feuillage, traduisent la part d’ombre derrière laquelle nous souhaitons nous retrancher, comme la carapace que l’on se construit pour ne pas trop se dévoiler…

Ils se présentent au spectateur, abandonnés au regard, et pourtant tout en retenue. Mais est-ce le spectateur qui observe le personnage, ou le contraire ?

Cécile Duchêne-Malissin

Le traitement des animaux, essentiellement en lisière de forêt, confondus derrière un feuillage ou de la même couleur sombre que le fond sur lequel ils se découpent, exprime cette même possibilité d’une mise en danger à trop se montrer.

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