Cette semaine, KAZoART est allé à la rencontre d’Hugo Pondz, auteur de paysages quasi minimalistes au bleu hypnotique. Peintre d’origine belge, il nous dévoile en exclusivité ce qui l’a incité à embrasser une carrière d’artiste peintre. Retour sur un artiste observateur qui nous plonge dans les profondeurs silencieuses d’un ciel transcendant.

Hugo Pondz en quelques mots…

Hugo Pondz dans son atelier
Hugo Pondz dans son atelier

Plongeons dans l’univers bleu azur d’Hugo Pondz qui nous réveille à coup de grands bol d’air frais picturaux. Dans une dichotomie parfaite entre les pleins et les vides, il nous invite à la contemplation dans un monde presque minimaliste où l’on se projette et l’on respire allègrement.

Autour de la piscine, à New York, sur la plaine d’un golf ou sur les allées d’un parking, toutes les peintures d’Hugo Pondz sont empreintes d’une profondeur singulière.

K. D’où vient cette vocation pour la peinture ?

Hugo Pondz, Le Signal
Hugo Pondz, Le Signal

Je suis venu à la peinture assez tard. Cependant avec un père antiquaire, l’art m’a toujours entouré. Ma mère peignait de petits paysages champêtres, sans prétention, juste pour le plaisir. Aussi un jour, me suis-je servi dans sa boite de peintures, et m’y suis mis comme je pouvais. Je mélangeais la peinture grossièrement et l’étalais plus grossièrement encore, sans technique aucune. J’avais 16 ans et cette tentative, la seule, a été catastrophique !

K. Quelles sont vos influences et inspirations artistiques ?

Hugo Pondz, Liquid days
Hugo Pondz, Liquid days

Je ne m’y suis remis que vers l’âge de 28 ans quand j’ai rencontré Jean-Pierre Hubert qui m’a appris beaucoup et qui surtout, m’a fait découvrir la technique d’une peinture à l’ancienne appliquée en glacis léger, la chimie des couleurs que bien trop de peintre laissent de côté, ainsi que l’univers surréaliste.

C’est là que j’ai découvert l’univers de De Chirico qui m’a beaucoup marqué. Cet univers mélancolique peuplé de vide, d’architecture et d’ombres qui plus tard, inspirera en partie Hopper. Dans ce tableau qui fait partie du début, l’architecture De Chiriquienne est remplacée par des ballons.

K. Quel est votre processus de création ?

Pour cette étape, je commence en général par un personnage que j’ai vu dans une certaine posture, puis j’essaie de trouver le décor et l’ambiance qui conviendraient le mieux à ma vision. Détourner des personnages de certaines œuvres afin de leur donner une autre vie dans un tableau, me plait également beaucoup. Dans le tableau ci-dessous il s’agit de ma compagne, Aline qui signe également mes tableaux, et qui ce jour-là regardait la mer à Dinard.

Hugo Pondz, Lenny
Hugo Pondz, Lenny (huile sur toile)
Hugo Pondz
Hugo Pondz

L’événement et l’histoire peuvent également me servir dans le processus de création et notamment les événements du World Trade Center, une nouvelle série sur laquelle je travaille actuellement : ’The First Key’’.

Hugo Pondz, The First Key / La Première Clé
Hugo Pondz, The First Key / La Première Clé (dessin en couleur préparatoire)

Les terrains de golf sont aussi de grands espaces explorables. Tout l’héritage chiriquien est présent, mais exprimé sous une autre forme.

Hugo Pondz, After the Storm
Hugo Pondz, After the Storm (huile sur toile)

K. Un mur, un rebord autour duquel gravite un personnage tourné vers l’horizon. Que signifie cette mise en scène récurrente ?

Hugo Pondz, Les projets futurs
Hugo Pondz, Les projets futurs

Le mur fait partie d’une certaine série, mais on peut voir dans la nouvelle série de golfs qu’il disparaît, au profit d’un espace plus grand encore. Je ne sais pas vous dire hors psychanalyse ce que ce mur représente et je préfère laisser à chacun le soin de lui trouver une signification qui lui est propre, ainsi que pour le personnage, qui d’ailleurs n’est pas toujours tourné vers l’horizon.

J’aime à me questionner sur un tas de choses et il existe une possibilité que ce personnage soit la meilleure représentation de ce questionnement.

K. Parmi toutes vos œuvres, laquelle vous représenterait le mieux ?

Au point de vue du contenu je pense que ‘’ The First Key’’ serait un bon exemple. Vous savez la peinture ne sert pas qu’à embellir un mur, elle peut aussi questionner, et les événements du 11 septembre sont un très bon exemple de manipulation médiatique à très grande échelle, qu’il faut dénoncer, peu importe le support. Quant au point de vue formel, je ne me pose pas la question, certainement un peu de tous j’imagine.