Interview artiste • Rencontre avec Mathieu Arfouillaud


Lancé dans la peinture en 2012, Mathieu Arfouillaud est un jeune artiste à l’univers bien reconnaissable. Peintre et aquarelliste, il dresse le portrait d’une ruralité que l’on n’observe pas assez, lui donnant force et esthétique à travers l’utilisation d’une trace de couleur acidulée (un « glitch »), née du hasard. KAZoART est allé à la rencontre de ce jeune artiste parisien qui vous révèle tout de son parcours artistique !

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Mathieu Arfouillaud en train de peindre / DR

Quelques mots sur Mathieu Arfouillaud

C’est comme une virée à la campagne, un roadtrip où l’on se plait à admirer des paysages ruraux, de vaste forêts, où l’on parcourt de grandes routes, se perdant à imaginer ce que peuvent bien contenir ces pavillons bien gardés. Actuellement exposé à la Galerie Bolide à Bordeaux, Mathieu Arfouillaud nous incite à poser un regard sur la supposée banalité des éléments. Sa particularité ? Distiller des touches de couleur aléatoires sur la surface de ses toiles, ponctuer ses aquarelles d’arcs-en-ciel et démontrer que l’ordinaire peut se révéler extraordinaire.

K. Comment êtes-vous arrivé à la peinture ?

J’ai commencé à peindre en 2012. J’ai suivi un cycle de 3 ans en peinture aux ateliers Beaux-Arts de la ville de Paris avant d’obtenir une licence d’Arts Plastiques à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne. La peinture est pour moi une façon de rendre réelles des images intérieures. Elle est à la convergence de trois nécessités : un besoin de m’exprimer, un goût pour l’image et le plaisir démiurgique de créer cette image.

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Mathieu Arfouillaud, Grande roue 1 (acrylique sur toile)

K. Quelques mots sur le déroulement d’une séance de travail ?

Toute une partie du processus de création se déroule hors atelier. En effet, je passe beaucoup de temps à prendre des photos des lieux qui inspireront mes toiles ; je les modifie et recompose parfois. Je peins également beaucoup « dans ma tête ». La phase concrète du travail se déroule chez moi puisque j’ai la chance d’avoir une partie de mon logement consacrée à la peinture.

Je peins plutôt le matin, qui est le moment le plus propice pour moi. Par ailleurs, mon atelier étant exposé à l’ouest, c’est également le moment où la lumière est la meilleure. J’ai en permanence plusieurs toiles en cours. Certaines sont terminées en quelques heures. D’autres sont retouchées régulièrement pendant des mois. Il arrive aussi que je les recouvre finalement entièrement pour repartir de zéro.

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Atelier de Mathieu Arfouillaud / DR

J’aime l’idée de porter mon attention (et celle du regardeur)
sur ce que personne ne remarque,
de faire entrer dans le champ de l’esthétique
ce qui n’est jamais considéré de ce point de vue.

Mathieu Arfouillaud

K. Quelles sont vos influences et inspirations artistiques ?

Il est difficile de définir ses influences car elles ne sont pas toujours conscientes. Mon travail a des similitudes avec les toiles d’Edward Hopper ou de Gerhard Richter. Ce ne sont pourtant pas des influences que je revendique. Je citerais plutôt : Peter Doig qui m’a donné envie de peindre, Justin Mortimer pour l’ambiance et la composition, Adrian Ghenie pour la puissance et la matière et Jean-Baptiste Corot pour le regard porté sur les arbres.

K. Les zones rurales et périurbaines sont caractéristiques de votre univers. Pour quelle raison ?

Ce choix peut sembler déconcertant car ces lieux sont rarement représentés et c’est justement en cela qu’ils m’intéressent. Ils sont à la fois vus de tous mais jamais regardés. J’aime l’idée de porter mon attention (et celle du regardeur) sur ce que personne ne remarque, de faire entrer dans le champ de l’esthétique ce qui n’est jamais considéré de ce point de vue.

Pour ce qui est des maisons plus spécifiquement, j’aime aussi l’ambivalence des émotions qu’elles suscitent (et que j’essaye de rendre), à la fois tristes et banales mais aussi réconfortantes. Ces paysages sont également des rencontres entre deux univers, l’urbanisme des routes, des pavillons, du mobilier urbain et la nature omniprésente des jardins et des bois et bosquets jouxtant très souvent les routes.

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Mathieu Arfouillaud, Saint-Gilles (acrylique sur toile)

K. D’où est venue l’idée d’introduire un glitch dans la série Terres gastes ?

Les traces de peintures abstraites – les glitchs (signifiant dysfonctionnement ou problème technique) – sont là pour créer une tension entre figuration et abstraction et plus précisément entre l’image (les paysages représentés) et la matière brute avec laquelle est constituée l’image. Elles sont également inspirées de la distorsion de perception provoquée par le déplacement (ces paysages sont toujours vus depuis la route).

Pont

Mathieu Arfouillaud, Pont (acrylique sur toile)

K. Quels sont vos projets artistiques pour les prochains mois ?

Je prépare une nouvelle série qui fera l’objet d’une exposition au printemps prochain. Pour cette série, je m’éloignerai un peu plus des villes et convoquerai plus de couleurs.

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