Interview artiste • Rencontre avec Nicolas Le Beuan Bénic 1


Cette semaine, c’est le photographe Nicolas Le Beuan Bénic qui s’est essayé au jeu des questions – réponses pour KAZoART. Ce peintre et photographe dont la nature est la source d’inspiration directe crée des œuvres très graphiques : photo-montages colorés, portraits mystérieux ou plages sans fin. Rencontre avec un photographe à la recherche d’un paradis perdu et immersion dans son univers léger et poétique…

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Nicolas Le Beuan-Bénic

Nicolas Le Beuan Bénic

Nicolas Le Beuan Bénic en quelques mots…

Photographe résolument original, Nicolas Le Beuan Bénic propose des œuvres à l’esthétique pointue. Né en 1970 et installé à Bruxelles, il a ouvert sa première galerie il y a plus de 20 ans, en 1997. Il crée notamment des « Superpositions végétales », imaginées à partir d’un herbier photographique, collecté année après année au gré de ses découvertes.

Ses créations sont légères et colorées, épurées et sophistiquées à la fois. On sent souvent comme un air de voyage, une volonté d’insouciance ensoleillée dans ses séries, tout particulièrement avec ses « Moments », ou encore ses œuvres de la série « L’été sans fin ».

L’univers végétal est sa toile et son sujet, qu’il transforme à volonté, passant du vert originel à des canopées multicolores. Avec ses « Antiportraits » anonymes, il propose une approche différente du genre classique du portrait, tournant en dérision notre propre égocentrisme et une certaine superficialité.

Retrouvez « L’été sans fin » présentée en vidéo :

 

K. Quel est votre parcours et comment êtes-vous venu à la création artistique ?

Je m’ennuyais tellement pendant mes études de pharmacie que je me réfugiais dans la photographie et la peinture dès que je le pouvais. Quelques matières, telles que la pharmacognosie (ndlr : étude des plantes au potentiel médicamenteux), me permettaient de dessiner plus que nécessaire, mais clairement ce n’était pas dans cette voie que j’arrivais à développer ma créativité… Je sentais que cette quête d’esthétisme était ce qui allait donner du sens à ma vie.
Après mon diplôme, j’ai directement ouvert ma première galerie personnelle à Bruxelles dans la quartier du Sablon, où j’ai rencontré rapidement du succès, ce qui m’a étonné, et a changé ma vie !
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 K. Quelles sont vos influences et inspirations (courants, artistes, passions…etc) ?

J’ai bien sûr des maîtres, comme Henri Matisse ou Elworth Kelly, mais mon inspiration vient plutôt des parcs botaniques, de l’architecture, de la danse contemporaine, du cinéma, ou encore des dessins de mes enfants et principalement de la vie quotidienne que j’essaie d’illuminer.
Mes quatre chocs esthétiques ont été une immense peinture de Fernand Léger en haut du Musée Guggenheim à New York, la Danse de Matisse au musée d’Orsay, la visite du jardin de Pamplemousse à l’Ile Maurice, et un immense Anish Kapoor à Anvers.
L'arbre bleu, Nicolas Le Beuan Bénic, 80 €

L’arbre bleu, Nicolas Le Beuan Bénic, 80 €

K. Quel est votre rapport à la nature, très présente dans votre travail ?

Mon paradis perdu est cette enfance dans la nature : fabriquer un arc, cueillir des fraises sauvages en été, des champignons en automne, la pêche à l’écrevisse, les balades en forêt, les tempêtes bretonnes sur la plage ou sur la mer émeraude…
Ma vie post adolescente, universitaire et urbaine m’a frustré, c’est l’art qui me reconnectait à la nature. Je viens d’ailleurs juste d’acquérir un grand atelier près du mont Saint Michel et je redécouvre cette Bretagne sauvage qui me manquait et qu’on je retrouve dans mes créations. Je reste un Breton de Bruxelles, mais reconnecté de plus en plus à la nature.

 K. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos « Antiportraits » ?

L’idée de départ était mon envie de m’effacer devant mes créations. Je les trouve beaucoup plus intéressantes que moi…. Je me suis donc dissimulé derrière un nuage de poussière. Puis le souvenir du roman de John Fante « Ask to the dust » s’est mélangé à l’album « L’homme à tête de choux » de Serge Gainsbourg et ce « dieu fumeur de Havane ». J’ai donc décidé de sélectionner des portraits de personnalités connues à leur époque et d’appliquer l’oubli du temps par un écran de fumée sur leurs portraits égocentriques.

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 K. Quelle place accordez-vous à la couleur dans vos œuvres ?

Les couleurs sont pour moi une source inépuisable de recherche et de découverte. J’imagine qu’on a déjà dû écrire beaucoup sur l’ivresse qu’elles procurent. Anish Kapoor joue merveilleusement de leur puissance.
Aimant beaucoup le minimalisme et la blancheur, la création visuelle colorée est un « enivrement non alcoolisé » dans lequel je me replonge aussi à loisir. La maitrise de la couleur est une perpétuelle découverte, très ludique, dans mon activité artistique.

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