Joan Miró : créatif sur tous les fronts


Il y a tout juste 124 ans, Barcelone voit naître un certain Joan Miró… L’Espagne ne le sait pas encore, mais cet artiste figurera parmi les plus influents du XXe siècle ! Plus d’un siècle après la disparition du peintre surréaliste, KAZoART rend hommage à celui qui restera l’un des artistes les plus emblématiques de sa génération.

Portrait de Joan Miró (1935)

Portrait de Joan Miró (1935) / By Carl Van Vechten via Wikimedia Commons

Amoureux de la Catalogne

Né à Barcelone en 1893, Joan Miró grandit dans une sphère familiale au cœur de l’artisanat. Son père est orfèvre et sa mère fille d’ébéniste. Même s’il commence à dessiner à huit ans, sa vocation artistique n’est pas ce qui enchante le plus ses parents, notamment son père. Pour devenir quelqu’un et avoir une bonne situation, le jeune Joan suit l’avis familial et débute des études de commerce en 1907. Mais l’étudiant n’y reste pas longtemps… La même année, il abandonne cette voie qu’il ne lui convient pas et s’inscrit à l’École des Beaux-arts de la Llotja à Barcelone !

Joan Miró, Paysage catalan (le chasseur), (huile sur toile, 1924)

Joan Miró, Paysage catalan (le chasseur), (huile sur toile, 1924) / © 2017 Successió Miró / Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris

À 18 ans, Joan Miró tombe sévèrement malade. Affecté par le typhus, sa famille l’envoie alors dans une ferme à Mont-roig dans la région du Baix Camp. Sa convalescence dure presque un an. C’est à cette époque qu’il prend vraiment conscience de la beauté qui l’entoure, celle de la Catalogne. Sa terre, son histoire et sa culture ponctuent l’œuvre de Miró et laissent sur l’artiste une empreinte indéfectible. Chaque année, il retourne sur ses terres catalanes, lesquelles l’inspirent et le ressourcent.

Joan Miró, La terre labourée (1923-24)

Joan Miró, La terre labourée (1923-24)

Un style bien à lui

S’il y a quelque chose qui est propre à Miró, c’est bien son style ! Au premier abord, on pourrait considérer son œuvre comme simplement abstraite, composée de lignes et de dessins. À cela s’ajoutent des couleurs vives, portées par une dynamique où la répétition des formes devient une caractéristique à part entière. Car l’artiste prend soin d’éviter le trop-académique et migre vers un art plus libertaire. Joan Miró crée un langage unique, personnel, accentué par des figures emblématiques. Ainsi l’enfant, la femme, les oiseaux et la nature sont de véritables thèmes de prédilection.

La Ferme, Joan Miró (huile sur toile, 1921-22) / via Wikimedia Commons

La Ferme, Joan Miró (huile sur toile, 1921-22) / via Wikimedia Commons

L’artiste arpente plusieurs styles parmi lesquels le cubisme, le fauvisme, le dadaïsme ou encore l’art oriental ! Par ailleurs, Miró apporte un grand soin au choix de ses couleurs. Le noir et le blanc bien sûr, mais sa palette s’arrête aux couleurs primaires, avec parfois un peu de vert. Toutefois, plus jeune, l’artiste recourt à des tons plus variés, justifiant cette recherche de style, cette quête d’originalité, de ce qui fera la différence.

Joan Miró, Nature morte au vieux soulier (1937)

Joan Miró, Nature morte au vieux soulier (1937)

Un peintre seulement abstrait ? Miró ne s’en contente pas, déclarant d’ailleurs qu’ « Une forme est toujours le signe de quelque chose ». Quand bien même il délaisse ses pinceaux au profit de ses doigts pour peindre, il a toujours une idée derrière la tête. L’artiste va jusqu’à peindre à plat ventre sur ses toiles posées au sol.

L’année 1925 marque sa reconnaissance. L’exposition collective au cours de laquelle il présente Le Carnaval d’Arlequin l’inscrit définitivement dans la période surréaliste. Après tout, Miró est un membre du groupe de surréaliste mené par André Breton, et il le représente bien !

Joan Miró, Le Carnaval d'Arlequin (huile sur toile, 1924-25)

Joan Miró, Le Carnaval d’Arlequin (huile sur toile, 1924-25)

Avant-gardiste sur tous supports

Miró s’essaie aussi à la lithographie et au collage. C’est grâce, en partie, à Aimé Maeght, graveur et lithographe qu’il multiplie ses possibilités artistiques. Passionné depuis tout petit par le dessin, Joan Miró est un touche à tout. De ses mains ne naissent pas que des chefs d’œuvres picturaux mais aussi des sculptures. Une technique qui dépasse la peinture par ses possibilités de représenter de plus près le réel. Il commence ses premiers assemblages dans les années 1930, mais loin d’être satisfait par le résultat, il privilégie les bronzes.

Joan Miró, La caresse d'un oiseau (bronze peint, 1967)

Joan Miró, La caresse d’un oiseau (bronze peint, 1967) / By Kippelboy, via Wikimedia Commons

Joan Miró a une ambition : tuer la peinture. Pas au sens péjoratif du terme. Grâce à la sculpture, il veut transcender la création artistique et ne pas s’enfermer dans une peinture conventionnelle. Avec ses multiples réalisations, il étend son style et laisse son empreinte dans l’espace public, qu’il investit. Reconnaissable d’entre tous, l’artiste qui ne souhaite se soumettre à aucune pression, qu’elle soit esthétique ou artistique, dévoile ainsi dans son œuvre toute l’affection qu’il porte à son pays et témoigne d’un esprit enfantin assez reconnaissable.

Joan Miró, Mur de céramique (Wilhelm-Hack-Museum, Ludwigshafen, 1979) / By Rudolf Stricker via Wikimedia Commons

Joan Miró, Mur de céramique (Wilhelm-Hack-Museum, Ludwigshafen, 1979) / By Rudolf Stricker via Wikimedia Commons

Jusqu’à la fin de sa vie, Joan Miró cherche toujours l’inspiration. Inspiré ici et là par les artistes de la nouvelle génération, l’artiste catalan voit en eux comme un renouvellement de sa propre vision artistique. Il s’éteint le jour de Noël en l’an 1983, laissant ainsi derrière lui sa fille Maria Dolors et une fondation qui porte son nom à Barcelone.

En écho sur KAZoART – Jacques Decobecq

Sur KAZoART, l’œuvre La Tour de garde de Jacques Decobecq nous rappelle l’univers décalé, coloré et quelque peu surréaliste du peintre catalan Joan Miró.

Jacques Decobecq, La Tour de Garde (technique mixte, 2016)

Jacques Decobecq, La Tour de Garde (technique mixte, 2016)

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