Keith Haring : street artist engagé jusqu’au bout 2


Keith Haring aurait eu 59 ans aujourd’hui. KAZoART rend hommage à cet artiste américain majeur du XXème siècle qui a incontestablement marqué le monde du pop art et l’univers du street art. Artiste militant, il n’a cessé d’aborder des sujets parfois épineux, le tout en un trait reconnaissable et minimaliste.

Une recherche de simplicité

Keith Haring, Fresque We Are The Youth (Philadelphie, 1987)

Keith Haring, Fresque We Are The Youth (Philadelphie, 1987) / By Rgs25 (Own work) [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Difficile de ne pas reconnaître une œuvre de Keith Haring ! Il y a dans sa démarche artistique une volonté évidente de simplification. Le trait, même épais, réduit les formes à leur juste minimum. Les personnages nés de son imaginaire sont particulièrement stylisés. Ses œuvres de rue investissent assurément l’espace public et illuminent les surfaces souvent ternes et industrielles. L’univers de l’artiste fait d’ailleurs écho à la bande-dessinée et aux codes des dessins animés. Malgré l’absence de visage distinct, ces bonhommes colorés ne restent pas inexpressifs pour autant, c’est tout l’art de Keith Haring ! L’une des priorités de l’artiste est ainsi de rendre son art accessible au plus grand nombre.

Empreinte laissée sur le Mur de Berlin

Keith Haring, Fresque murale sur le Mur de Berlin (1986)

Keith Haring, Fresque murale sur le Mur de Berlin (1986) / © Tseng Kwong Chi

La ville devient rapidement un grand terrain de jeu pour Keith Haring. Inscrit à l’École des Arts visuels de New York, il profite de l’effervescence intellectuelle et artistique de la Grosse Pomme pour arpenter les rues et y laisser sa trace. Mais peindre sur des panneaux publicitaires dans les métros new-yorkais n’est pas du goût de la police qui l’interpelle à plusieurs reprises…

Fort de son succès, Keith Haring est invité par le Musée du Checkpoint Charlie de Berlin en 1986. La ville est alors scindée en deux, traversée par un mur de 155km de long séparant l’Allemagne de l’Ouest et la RDA. Si le Mur est aujourd’hui détruit et que la fresque de 300 mètres réalisée par l’artiste n’est plus, elle reste la marque d’un véritable espoir sur un pan de l’Histoire meurtrie.

Il y a 30 ans, l’artiste recouvre alors une partie du Mur en jaune qu’il vient parsemer de ses petits bonhommes reconnaissables d’entre mille. D’immenses personnages voient le jour, en rouge et noir, et envahissent cette fresque colorée. Sous les pinceaux de l’artiste naît une chaîne humaine, symbolisant l’union et la paix. Comme si chaque être était le prolongement d’un autre. Le choix des couleurs n’est pas sans équivoque puisqu’il réfère au drapeau allemand et signe là une volonté de l’artiste d’une réunification. Malheureusement celle-ci arrive quelques années plus tard après la mort de l’artiste à 31 ans des suites du sida.

Un engagement sur tous les fronts

Keith Haring, Todos juntos podemos parar el sida

Keith Haring, Todos juntos podemos parar el sida (Barcelone, 1989) / By Alberto-g-rovi (Own work) [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Aussi coloré soit-il, l’univers de Keith Haring délivre de nombreuses critiques sociopolitiques. Par ailleurs, le sexe, la mort et la maladie font partie intégrante de sa démarche artistique. Politiquement engagé, il dénonce en particulier l’homophobie, le nucléaire, mais aussi l’Apartheid et toutes les injustices sociales qu’il repère. Lui-même déclaré séropositif à l’âge de 28 ans, il se consacre véritablement à cette démocratisation de l’art et plus largement à la diffusion de messages qu’il considère comme importants. Keith Haring ouvre même son propre magasin d’objets dérivés en 1985. Ainsi, tout un chacun peut toucher au plus près cet univers coloré mais en rien décalé avec l’actualité. À Berlin ou ailleurs, l’œuvre de ce street artist témoigne d’une pensée universelle qui surpasse les frontières.

En écho sur KAZoART – Marie Field

Sur KAZoART, l’œuvre de Marie Field n’est pas sans rappeler l’univers de Keith Haring, où le trait noir est sublimé par un fond de couleurs vives.

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