La Minute Arty • Camille Pissarro


L’impressionnisme est le mouvement de l’art le plus connu en peinture. Les paysages, la lumière vibrante composés d’une infinité de touches vives l’ont rendu célèbre dès la fin du XIX ème siècle. Pourtant, les historiens de l’art le considèrent comme un regroupement d’artistes dans lequel se sont confrontés différents points de vues. Claude Monet est connu pour ses nymphéas. Les danseuses sont « la marque de fabrique » d’Edgar Degas. On reconnaît un Pierre-Auguste Renoir à ses scènes de bals. Mais qu’en est-il de Camille Pissarro ? Aujourd’hui, KAZoART vous parle de ce peintre parfois moins connu et pourtant incontournable dans le mouvement impressionniste. Humble et dévoué à l’art, vous adorerez ce personnage, « cet homme à consulter, un peu comme le bon Dieu » (Cézanne).

Le père de l’impressionnisme

Camille Pissarro est le plus âgé des peintres du groupe. Homme à la longue barbe, il noue une grande amitié avec Cézanne qui finit par le considérer comme un père. Le rôle du « vieux Pissarro » est primordial dans la fondation de l’impressionnisme. Dans les années 1860, il participe aux mêmes ateliers que Monet, Renoir, Sisley et Bazille. De ces rencontres, naît une remise en cause de la peinture Académique. Les peintres se retrouvent régulièrement au café Guerbois à Paris, où ils partagent leurs idées. Il est l’heure pour eux d’abandonner les scènes historiques et religieuses pour s’adonner aux scènes de la vie moderne. Ils ont envie de créer des peintures vibrantes, où l’instant est palpable, où la touche n’est plus aussi lisse que dans l’art conventionnel.

Bientôt, ils créent « La société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs et graveurs » avec laquelle ils organisent de nombreuses expositions entre 1874 et 1886. Et seul Pissarro participe aux 8 expositions… C’est aussi lui qui rédige les statuts de la Charte des Impressionnistes en 1874. Vous l’aurez compris, Camille Pissarro est le doyen et quelque part le père de l’impressionnisme. Il est pourvu d’une force tranquille qui lui vaut le surnom « d’humble et colossal » par son cher ami Cézanne. C’est le fédérateur du groupe et le plus assidu des impressionnistes.

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Autoportrait par Camille Pissarro, huile sur toile, 1873, Musée d’Orsay, Paris

Un homme profondément anarchiste

Pissarro est un homme calme, ce qui ne l’empêche pas de s’affranchir d’une société qui ne lui correspond pas. Il conservera une indépendance d’esprit tout au long de son existence. Il apprend la peinture seul aux Antilles et entretient un mode de vie communautaire dans sa maison de campagne. Il se marie avec la bonne de ses parents et fonde son propre « phalanstère » familial… C’est à Éragny, en région parisienne, qu’ils fondent une tribu de huit enfants avec lesquels il entretient des relations d’égal à égal. Ils vivent en autarcie au milieu des poules, des lapins et se nourrissent du verger et du potager.

Son engagement politique n’est pas flagrant lorsqu’il peint mais certains de ses dessins sont beaucoup plus explicites. En 1889, il réalise la série des Trupides Sociales contre le capitalisme. Muni d’un crayon noir, il illustre l’opulence bourgeoise, la misère prolétaire et les aspects les plus sombres de son époque. Suicides, prostitution, vols et maladie forment le tout d’une critique sociale virulente, bien loin des scènes champêtres que nous lui connaissons tous…

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À l’Hôpital, Les Trupides sociales par Camille Pissarro, 1890, Public domain, via Wikimedia Commons

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Les Strugleforlifeurs dans les Trupides Sociales par Camille Pissarro, 1890, Public domain, via Wikimedia Commons

Pissarro et la campagne

La peinture de Pissarro est à jamais associée aux paysages champêtres du Val-d’Oise. À toutes les saisons et par tous les temps, il ne se lasse jamais de peindre le petit village d’Éragny-sur-Epte dans lequel il vit ses vingt dernières années. Il goûte aux plaisirs simples de la vie qu’il retranscrit dans ses toiles. La paix rurale qui se dégage de son travail nous laisse deviner l’état de sérénité dans lequel il se trouve. On entendrait presque le chant des oiseaux, le frétillement du feuillage, la bêche et les conversations des agriculteurs ! Son art à lui, c’est la joie de vivre au grand air.

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Pruniers en fleurs, Éragny par Camille Pissarro, huile sur toile, 1894, Public domain, via Wikimedia Commons

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Vue par la fenêtre, Éragny-sur-Epte par Camille Pissarro, 1888, huile sur toile, Public domain via Wikimedia Commons

Un jour, il a dit

« Peignez généreusement et sans hésitations pour garder la fraîcheur de la première impression. Ne vous laissez pas  intimider par la nature, au risque d’être déçu du résultat. »

Le saviez-vous ?

À l’âge de 58 ans, Camille Pissarro est contraint de quitter la campagne pour s’installer en ville. Il souffre de dacryocystite qui le fait larmoyer en continu et le rend sensible à la lumière. Il s’installe à Paris afin de se faire soigner. Ne pouvant pas quitter son balcon, il est forcé de peindre en plongée et invente un nouveau procédé.  Le boulevard Montmartre, l’avenue Saint Honoré du XIX ème siècle ont été immortalisés par ses petites touches de pinceaux. Les silhouettes noires fourmillent encore sur les toiles, les calèches claquent sur les pavés et leurs sons raisonnent entre les façades Haussmanniennes.

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Boulevard Montmartre par Camille Pissarro, 1897, huile sur toile, Public domain, via Wikimedia Commons

 

Quelques-unes de ses œuvres

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La récolte des pommes à Éragny par Camille Pissarro, 1888, huile sur toile, Public domain via Wickimedia Commons

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La récolte des foins, Éragny par Pissarro, 1887, huile sur toile, Public domain via Wickimedia Commons

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Le Jardin d’Octave Mirbeau, la terrasse, Les Damps par Pissarro, huile sur toile, 1892, Public domain via Wickimedia Commons

En écho sur KAZoART

Il y a beaucoup de peintres paysagistes sur KAZoART. Et notamment l’artiste Anne Baudequin qui fait vibrer la nature et la lumière avec des coups de pinceaux furtifs.

A l'ombre du vieux noyer

A l’ombre du vieux noyer @Anne Baudequin, 600€ / artiste KAZoART

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