La Minute Arty • Kupka


La Minute Arty de KAZoART vous propose un gros plan sur un artiste célèbre, à découvrir en une minute ! A l’occasion de la grande rétrospective du Grand Palais en son honneur, la rédaction vous emmène dans la vie du peintre tchèque František Kupka. Après des débuts marqués par le Symbolisme, cet artiste qui s’est toujours tenu à l’écart des groupes artistiques est devenu un des pionniers de l’abstraction au XXe siècle. Découverte d’un peintre hors norme à la « peinture concrète »…

 

kupka

Kupka, Autoportrait, 1905, huile sur toile, Galerie Nationale de Prague

Kupka est….

 

… d’abord un peintre figuratif

Connu pour ses œuvres abstraites, on oublie souvent que Kupka a d’abord été un peintre figuratif. Il acceptait même mal le terme d' »abstrait » pour désigner la peinture non-figurative. Comme de nombreux peintres au XXe siècle, il a appris la peinture à l’Académie des Beaux-Arts, de Prague puis de Vienne, et a initialement été formé à la peinture académique. Il s’essaie ainsi notamment au Romantisme, encore en vogue, lorsqu’il vit à Vienne.

Dès on arrivée à Paris en 1896, alors qu’il a 25 ans, il s’intéresse au mouvement Symboliste, dont Gustave Moreau et Gustav Klimt, que Kupka admire, sont les grands représentants. En artiste témoin du tournant entre le XIXe et le XXe siècle, il regarde et s’essaie à tout ce qui se fait dans le petit monde parisien : Impressionnisme, Expressionnisme, Art nouveau, mais aussi Fauvisme à partir de 1905, dont son tableau « Plans par couleurs, grand nu » est un splendide exemple. Il peint alors beaucoup de portrait et de nus, notamment de sa femme, Eugénie Straub.

… un libre penseur

Kupka était un homme aux centres d’intérêts variés et assez originaux. Dans sa jeunesse, lorsqu’il habite à Vienne, il gravite dans un environnement porté sur le spiritisme. Il intègre notamment la Société Théosophique, croyant à une vérité supérieure. En arrivant à Paris, il gagne sa vie en exerçant ses talents de medium spiritiste, tout en participant en tant qu’illustrateur à des revues clairement anticléricales, antimonarchistes telles que L’Assiette au beurre, hebdomadaire satirique.

Kupka délaisse ensuite le spiritisme et se plonge dans les sciences : il suit notamment des cours de physiologie à l’Université, étudie la biologie et l’optique. Dans son activité artistique, il refuse d’être associé aux « -isme » des avant-gardes du début de siècle, s’éloignant par exemple volontairement des cubistes. Toute sa vie, il fuira les groupes organisés, à la manière des Surréalistes, en dehors de la Section d’Or qui fut son seul manifeste.

… un pionner oublié de l’abstraction

A partir de 1910, après de nombreuses expérimentations qui le laissent sur sa faim, l’art de Kupka devient non-figuratif, et en 1912, il expose une œuvre abstraite (« Fugue en deux couleurs ») au Salon d’Automne, puis au Salon des Indépendants. Il s’illustre ensuite dans le très éphémère groupe de la Section d’Or avec d’autres artistes comme Duchamp et Picabia. Kupka passe à l’abstraction en s’interrogeant sur le mouvement, mais c’est grâce à la couleur qu’il franchit le pas. Ses œuvres prennent le chemin d’une abstraction dynamique, presque musicales, plus proches de Kandinsky que de Mondrian.  Cependant, il se rapprochera de plus en plus de l’abstraction géométrique à la fin de sa carrière.

Kupka est plus rarement cité en tant que pionnier de la peinture abstraite, au profit de grands noms tels que Kandinsky et Mondrian. Il est pourtant un des tous premiers, si ce n’est le premier, à franchir le pas, ses premières études abstraites pour l’œuvre « Ordonnance sur verticales » datant de 1910.

Salle d'exposition du Salon d'Automne de 1912, avec la toile Kupka au gauche

Salle d’exposition du Salon d’Automne de 1912, avec la toile « Fugue en deux couleurs » de Kupka à gauche – Wikimedia Commons

Un jour il a dit

« Ma peinture, abstraite ? Pourquoi ? La peinture est concrète : couleur, formes, dynamiques. Ce qui compte, c’est l’invention. On doit inventer et puis construire. »

Le saviez-vous ?

Kupka, bien qu’antimilitariste à l’époque, s’engage volontairement dans l’Armée française après la déclaration de la Première Guerre Mondiale en 1914. Il est assigné dans la même compagnie que le poète Blaise Cendrars et est envoyé sur le front de la Somme. Malade, il est évacué à Paris où il préside une association visant à enrôler des volontaires tchèques dans la Légion étrangère. En 1918, il sert de nouveau sous les ordres du Maréchal Foch. Il recevra la Légion d’Honneur à la fin de la guerre.

Ses plus grandes œuvres

Plans par couleurs, grand nu, 1909-1910, The Solomon R. Guggenheim Museum - (C) ADAGP, Paris - Photo (C) The Solomon R. Guggenheim Foundation / Art Resource, NY, Dist. RMN-Grand Palais / The Solomon R. Guggenheim Foundation / Art Resource, NY

Plans par couleurs, grand nu, 1909-1910, The Solomon R. Guggenheim Museum – (C) ADAGP, Paris – Photo (C) The Solomon R. Guggenheim Foundation / Art Resource, NY, Dist. RMN-Grand Palais / The Solomon R. Guggenheim Foundation / Art Resource, NY

František Kupka, "Madame Kupka dans les verticales", 1910-1911, Etats-Unis, New York, The Museum of Modern Art Hillman Periodicals Fund, 1956 © Adagp, Paris 2018 © Digital image, The Museum of Modern Art, MoMA, New York / Scala, Florence

František Kupka, « Madame Kupka dans les verticales », 1910-1911, Etats-Unis, New York, The Museum of Modern Art Hillman Periodicals Fund, 1956 © Adagp, Paris 2018 © Digital image, The Museum of Modern Art, MoMA, New York / Scala, Florence

Disque de Newton, 1912, Philadelphia Museum of Art, (C) ADAGP, Paris - (C) The Philadelphia Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais : image Philadelphia Museum of Art

Disque de Newton, 1912, Philadelphia Museum of Art, (C) ADAGP, Paris – (C) The Philadelphia Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais : image Philadelphia Museum of Art

Printemps cosmique I, 1912-13, Galerie Nationale de Prague

Printemps cosmique I, 1912-13, Galerie Nationale de Prague

En écho sur KAZoART • Caroline Burdinat

Sur KAZoART, l’artiste parisienne Caroline Burdinat propose des œuvres abstraites rythmées et très colorées, proches de la sensibilité de Kupka.

Burdinat

Caroline Burdinat, Nice, 300 €

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