La Minute Arty • Niki de Saint-Phalle


Artiste engagée, fantasque, féministe et torturée… Niki de Saint-Phalle mérite bien des attributs. Depuis les « Tirs » qui l’ont rendue célèbre dans les années 1960, jusqu’aux « Nanas » des années 90, cette plasticienne devenue icône s’est construit une carrière internationale tout au long de sa vie. Découvrez l’essentiel et les moments clés de la fascinante Niki de Saint-Phalle avec la Minute Arty !

niki de saint-phalle

Niki de Saint-Phalle est…

 

…une femme torturée

Née en 1930 en France, Niki de Saint-Phalle a grandi et vécu à New York jusqu’à ses 21 ans. Cette artiste n’eut pas une enfance facile : née dans une famille ruinée, d’origine aristocrate, elle subit les violences physiques et psychologiques de ses deux parents. En 1994, elle révèle un événement traumatisant dans son livre illustré « Mon Secret » : son viol par son père lorsqu’elle avait 11 ans. A 22 ans, elle est internée en hôpital psychiatrique à la suite d’une grave dépression nerveuse. C’est là qu’elle commence véritablement à peindre et à utiliser l’Art comme moyen thérapeutique. Toute sa vie, elle concevra la création et le geste artistique comme libérateurs. De ses blessures, Niki de Saint-Phalle tirera un art coloré et joyeux, prônant la liberté et l’expression des sentiments. Ses plantureuses sculptures de polyester, les « Nanas », sont ces symboles de la féminité et de la joie de vivre.

…une sculptrice amoureuse

Après un premier mariage, Niki de Saint-Phalle rencontre Jean Tinguely qui fait  alors partie du groupe des Nouveaux Réalistes, et l’épouse en 1971. Dès le début de leur relation, les deux sculpteurs travailleront main dans la main, devenant inséparables. La fontaine Stravinsky à Paris est un des plus beaux exemples de leur collaboration artistique. Chose rare pour l’époque, Tinguely deviendra même son assistant sur nombre d’œuvres, telles que « Le Golem » à Jérusalem ou le « Jardin des tarots » en Italie. Leur influence respective sur l’œuvre de l’autre est considérable, l’un apportant sa maitrise technique, l’autre prodiguant l’inspiration. En 1991, à la mort de Jean Tinguely, Niki de Saint-Phalle fait tout pour lui rendre hommage et pérenniser son œuvre, notamment en permettant l’ouverture du Musée Tinguely à Bâle.

…une artiste engagée

Niki de Saint-Phalle est une artiste rebelle et moderne dès le début de sa carrière. Depuis sa première œuvre exposée, « Portrait of my lover » qui détruit l’image du patriarcat, elle tend vers une remise en question des codes artistiques. Outre sa volonté de bousculer les codes et l’univers alors très masculin de l’Art, Niki de Saint-Phalle s’engage tout au long de sa vie pour les causes qui lui tiennent à cœur. Elle se dresse notamment contre la ségrégation raciale des années 60 en créant des « Nanas » noires, ainsi que bien plus tard en 1998, une série de sculptures, les Black Heroes. Elle s’implique également en 1986 dans la lutte contre le SIDA avec le livre « Le sida, c’est facile à éviter ». Elle est aussi profondément anti-cléricale et réagit dans ses œuvres aux événements politiques de son époque, comme la crise des missiles de Cuba. Niki de Saint-Phalle est ainsi une des premières artistes à s’engager profondément pour ses convictions et dans les combats sociétaux de son époque.

Un jour elle a dit

« Peindre calmait le chaos qui agitait mon âme et fournissait une structure organique à ma vie sur laquelle j’avais prise. C’était une façon de domestiquer ces dragons qui ont toujours surgi dans mon travail tout au long de ma vie et cela m’aidait à me sentir responsable de mon destin. Sans cela, je préfère ne pas penser à ce qui aurait pu m’arriver. »

Le saviez-vous ?

Niki de Saint-Phalle fut un temps mannequin aux États-Unis. Alors âgée de 17 ans, elle participa à de nombreuses séances photos et apparut notamment sur les pages de prestigieux magazines tels que Vogue, Life, ou encore Elle… Elle gardera de cette parenthèse un goût certain pour la mode et l’extravagance.

Ses plus grandes œuvres

Niki De Saint Phalle

Niki De Saint Phalle, Grand Tir, Séance de la Galerie J, 30 juin – 12 juillet 1961 – Plâtre, peinture, grillage, ficelle, plastique sur panneau d’aggloméré – Collection privée ; Courtesy of the Galerie G-P & N Vallois, Paris © Niki Charitable Art Foundation / VG Bild-Kunst, Bonn 2016 – Photo : André Morin

niki de saint-phalle

Niki de Saint-Phalle en association avec Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt, Hon/Elle, 1966, installation éphémère au Moderna Museet de Stockholm

Niki de Saint-Phalle, Les Trois Graces

Niki de Saint-Phalle, Les Trois Grâces, 1999, © Arts Observer

niki de saint-phalle

Niki de Saint-Phalle et Jean Tinguely, Fontaine Stravinsky, 1983, Paris – © parisladouce.com

En écho sur KAZoART • Régine Pivier-Attolini

Sur KAZoART, la sculpture « Vénus au bain » de Régine Pivier-Attolini, « ronde et épanouie », rappelle les Nanas colorées de Niki de Saint-Phalle… une belle image de la féminité moderne à travers une égérie.

Régine Pivier-Attolini, Vénus au bain, 310€

Régine Pivier-Attolini, Vénus au bain, 310€

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