Petite histoire du Pointillisme


Il a fait les beaux jours de la période post-impressionniste, on parle bien sûr du pointillisme ! Aussi appelé néo-impressionnisme ou divisionnisme, ce mouvement est apparu au 19ème siècle sous l’impulsion du peintre français Georges Seurat et de son comparse Paul Signac. Mais que recouvre véritablement cette dénomination un peu simpliste ? Focus sur les particularités de ce courant artistique et sur les grands artistes qui l’ont incarné.

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Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l’Île de la Grande Jatte (1884-1886 / Institut d’art, Chicago)

Naissance du pointillisme

C’est en 1886 que le mot « pointillisme » apparaît pour la première fois dans une note du critique d’art Arsène Alexandre. N’en déplaise à tous ceux qui s’impliquent à faire connaître ce nouveau mouvement dans la ligne directe de l’impressionnisme, cette dénomination n’a rien de très glorifiant ! C’est presque avec un certain dédain et une condescendance non dissimulée que les critiques d’art ridiculisent les œuvres explorant cette nouvelle recherche picturale. Alors en quoi consiste vraiment le pointillisme ? Son nom permet de vite le comprendre. Il s’agit pour l’artiste d’appliquer distinctement des petits points de couleur pour former une image.

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Georges Seurat, La Seine à la Grande Jatte. Printemps (huile sur toile, 1888)

Ils sont principalement deux peintres à voir porté le courant pointilliste : Georges-Pierre Seurat et Paul Signac. Mais avec eux, d’autres peintres ont ouvert la voie vers une nouvelle vision de la peinture : Camille et Lucien Pissaro, Albert Dubois-Pillet, Henri Edmond-Cross, Théo Van Rysselberghe, Henri Matisse et même Van Gogh s’en est inspiré !

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Camille Pissaro, La cueillette des pois (1887)

Une technique originale dérivée de l’impressionnisme

Le pointillisme, aussi appelé Divisionnisme, est une technique picturale très aboutie. Il exerce notre œil et notre esprit à fondre et à assimiler les tâches de couleur dans une plus large gamme chromatique. C’est une démarche relativement originale puisque les successions de touches apposées sur la toile permettent, en prenant de la distance, de voir naître une véritable œuvre d’art. Les artistes liés à cette période artistique, tous comme l’étaient ceux rattachés à l’impressionnisme, représentent des paysages, des portraits, des marines : généralement des univers bucoliques et apaisants qu’ils peignent directement en plein air.

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Henri Edmond-Cross, Le lac au bois de Boulogne (huile sur toile, 1899)

Plutôt que de mélanger les couleurs sur une palette, les pointillistes exercent leur pinceau directement sur la toile avec les tons bruts. Ils y déposent de petites touches rondes ou carrées : le mélange et l’assemblage des pigments interviennent directement sur la toile et non en amont. Cette technique rompt totalement avec les méthodes picturales traditionnelles !

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Albert Dubois-Pillet, Les bords de Marne à l’aube (1886)

La théorie pointilliste veut qu’on ne puisse distinguer les points les uns par rapport aux autres qu’à partir d’une certaine distance. Plus on s’éloigne de l’œuvre, mieux on considère son ensemble. Le rendu visuel obtenu est bien différent de celui issu d’un mélange préalable de couleurs sur palette. Grâce à cette usage des couleurs, il arrive que certaines zones de la toile restées vierges se laissent entrevoir, ce qui donne un effet d’autant plus lumineux à l’œuvre. Les pigments bruts conservent ainsi leur éclat naturel et c’est aussi pour ça que le pointillisme est si original : des clairs-obscurs et des contrastes colorés saisissants qui n’en ont pas fini de nous émerveiller !

Patience, patience… le pointillisme est une affaire de patience

Imaginez-vous devant un chevalet. Pinceaux en main, tubes de peintures à proximité, il ne vous reste plus qu’à peindre. Seulement en tant que peintre pointilliste, vous avez une sacrée contrainte ! Vous allez devoir avancer touche après touche et sans mélange. Et oui, la tâche paraît titanesque. On peut se demander pourquoi les peintres se sont donné autant de mal. L’une des raisons est simple : ils voulaient révolutionner l’art et proposer une vision bouleversante de la peinture.

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Paul Signac, Femme se coiffant. Opus 227 (arabesques pour une salle de toilette, 1892 / Encaustique sur toile marouflée, collection Musée d’Orsay)

Pour ce faire, ils ont pris appui sur des théories scientifiques de l’époque reposant sur les phénomènes optiques. L’un d’eux, Charles Henry, a d’ailleurs écrit un livre intitulé Cercle chromatique qui démontre comment les couleurs peuvent s’associer les unes autres autres en les positionnant sur un cercle. La complémentarité des couleurs naît de là. Une figure très utilisée aujourd’hui puisque la recherche d’harmonie passe aussi par l’utilisation de teintes complémentaires, autrement dit opposées sur le cercle chromatique. Le bleu avec le orange, le rouge avec le vert, le jaune avec le violet.

Autant d’oppositions finalement associées que l’on retrouve dans les œuvres des pointillistes. Des rapprochements chromatiques qui provoquent de forts contrastes et paraissent même accentuer l’intensité des teintes prises isolément. Les couleurs vibrent entre elles, à des endroits où on ne les attendrait pas forcément. Des touches de rouge dans le ciel de Paul Signac, une mer violette, en bref, l’application est méthodique.

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Theo van Rysselberghe, Sunset at Ambletsuse (huile sur toile, 1899)

Même si elle caractérise le pointillisme, la saturation n’est pas un principe immuable. Cette utilisation explosive des couleurs a bien évidemment ouvert la voie au Fauvisme et on comprend pourquoi ! Aussi pointilleux étaient-ils, Georges-Pierre Seurat et Paul Signac avaient aussi recours à des variations d’une même teinte, sans forcément en mélanger les pigments. Des toiles paraissent plus douces et moins agressives visuellement alors qu’elles reposent sur le même principe. Le camaïeu a été plus approfondi, donnant ainsi une complexité et une richesse supplémentaires au tableau. Car au-delà du champ scientifique, les pointillistes étaient aussi de grands sensibles…

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Georges Seurat, Port-en-Bessin (huile sur toile, 1888)

En écho sur KAZoART • STAS

Sur KAZoART, l’artiste STAS reprend les codes du pointillisme dans ses marines aux abords de la Côte d’Azur. Les touches successives de couleur nous immergent davantage encore dans le cœur battant de l’œuvre où se dégagent une profondeur et une lumière sans pareille.

Port de marseille

STAS, Port de Marseille

8 heures du matin à villefranche sur mer

STAS, 8 heures du matin à Villefranche-sur-mer

La côte d'azur (1)

STAS, La Côte d’Azur

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