Le Douanier Rousseau : un peintre pas si « naïf »


Qu’on les aime ou pas, les artistes ont souvent une vie trépidante qui passionne le public. KAZoART a décidé de vous faire découvrir à travers ses Art’necdotes les secrets cachés et parfois inavouables de ces artistes qui ont marqué l’histoire par leur caractère haut en couleur et leurs œuvres, qui font parfois écho au travail de nos peintres.

L’Art’necdote du Jour #16 • Le Douanier Rousseau

Souvent moqué par ses contemporains, Le Douanier Rousseau est pourtant reconnu aujourd’hui comme « le père de la modernité ». Le Musée d’Orsay lui consacre à ce titre une exposition jusqu’au 17 juillet 2016.

Le lion ayant faim se jette sur l’antilope, Henri Rousseau, 1898-1905

Le lion ayant faim se jette sur l’antilope, Henri Rousseau, 1898-1905 © Journal des peintres

Un peintre mal-aimé, mais admiré par ses confrères

Les artistes de son époque ne se sont d’ailleurs pas trompés. Henri Rousseau fréquente en effet Picasso, qui acquiert certaines de ses toiles pour une bouchée de pain dont l’œuvre « Portrait de femme », Apollinaire, qui lui a assuré une postérité grâce à ses écrits élogieux, ou encore Signac et Delaunay.

Portrait de Femme - Henri Rousseau

Portrait de Madame M., Henri Rousseau, 1895-1897 © Forum Jardin d’esprit

En 1908, Picasso organise même à son atelier du Bateau-Lavoir, à Montmartre, un banquet en son honneur en présence d’invités de marque, tels que Guillaume Apollinaire, Braque, Max Jacob et Marie Laurencin. Lors de cette soirée désormais célèbre, Le Douanier Rousseau montre ses multiples talents. Il joue deux morceaux de sa composition, dont une valse écrite pour sa première femme décédée, Clémence. Quant à Apollinaire, il improvise un poème à la gloire de son ami assis sereinement sur un trône préparé par Picasso pour l’occasion. C’est au lendemain de cette soirée arrosée qu’Henri Rousseau déclare sûr de lui à Picasso : « Nous sommes les deux plus grands peintres de notre temps, toi dans le genre égyptien, moi dans le genre moderne. »

a-centennial-of-independence-henri-rousseau

Le Centenaire de l’indépendance, Henri Rousseau, 1892 © Fine Art America

Une carrière artistique difficile

Mais, cette confiance en lui cache une existence faite de hauts et de bas. Il commence sa vie d’artiste assez tardivement, puisqu’il quitte son poste à l’Octroi, et non aux douanes, en 1893 à 49 ans pour se consacrer uniquement à son art. Il gagne peu d’argent grâce à ses peintures et il est régulièrement moqué au Salon des Indépendants, où il expose tous les ans ses œuvres. Rires, critiques, hilarité, Le Douanier Rousseau essuie les revers avec un calme olympien qui le caractérise. Guillaume Apollinaire disait de lui, dans Les soirées de Paris, publiée le 15 janvier 1914 : « Peu d’artistes ont été plus moqués durant leur vie que le Douanier, et peu d’hommes un front plus calme aux railleries, aux grossièretés dont on l’abreuvait. »  Henri Rousseau ne se préoccupe d’ailleurs pas des critiques, seule l’affluence devant ses toiles compte à ses yeux.

L'enfant à la poupée - Henri Rousseau

L’enfant à la poupée, 1905, Henri Rousseau © Libération

Une personnalité sans pareille

Ce caractère à la fois débonnaire et un brin ridicule, mais serein et réfléchi lui ont d’ailleurs sauvé la mise à plusieurs reprises. En 1863, il s’engage dans l’armée pour éviter la prison suite à sa condamnation pour vol et abus de confiance chez son employeur, un juriste nantais. En 1907, il est, cette fois-ci, arrêté pour avoir escroqué la Banque de France avec un ami Louis Sauvaget. Pour échapper au bagne, il décide avec son avocat de montrer au juge une de ses dernières toiles montrant des singes sur des cocotiers, qui représentent le président du tribunal, les jurés, les avocats, les accusés et les défendeurs. Devant ce tableau si naïf et empreint d’innocence, l’avocat du Douanier Rousseau demande la clémence du juge. Il obtient en effet une peine légère. Il est condamné à deux ans de prison avec sursis et 100 francs d’amende. Surpris, l’artiste promet au président de la cour de peindre un portrait de « sa dame » de la grandeur qu’il souhaiterait.

Paysage exotique avec des singes jouant, Henri Rousseau, 1910

Paysage exotique avec des singes jouant, Henri Rousseau, 1910 © Les États Civils

En écho sur KAZoARTHélène de Maneville et Alexandra Chauchereau

L’équipe de KAZoART a choisi pour vous deux œuvres de son catalogue qui rappellent l’univers artistique de cet artiste tant décrié.

Chemin de Stevenson - Hélène de Maneville

Chemin de Stevenson , Hélène de Maneville, Peinture à l’Huile sur toile (100×100)

 

Série Identité : Tu seras un homme mon fils, Alexandra Chauchereau

Série Identité : Tu seras un homme mon fils, Alexandra Chauchereau, Peinture à l’Huile sur toile (130 x 81)

Inscrivez-vous à la newsletter KAZoART

Vous souhaitez recevoir régulièrement les nouveaux articles et les actus de KAZoART ? Inscrivez-vous à notre newsletter !

15€ offerts pour toute nouvelle inscription.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>