« De temps en temps, un peintre doit détruire la peinture. Cézanne l’a fait. Picasso l’a fait. Jackson Pollock l’a fait. » disait le peintre Willem de Kooning. Une chose est sûre : il y a un avant et un après Pollock. KAZoART vous dit tout sur le Père de l’Expressionnisme abstrait, entre profusion créative et déboires à répétition. Retour sur une existence aussi courte qu’explosive !

Jackson Pollock : 3 choses à savoir

1# Il n’a jamais été payé plus de 10 000 $ de son vivant

Malgré sa renommée actuelle et le prix exorbitant de ses toiles, Jackson Pollock a eu des problèmes d’argent presque toute sa vie. De son vivant, il est le plus jeune de sa fratrie et tout sauf un élève modèle. Il enchaîne même les petits boulots pour subvenir à ses besoins. Pendant la Grande Dépression (crise économique des années 1930), il vole de la nourriture et de l’essence pour s’en sortir.

Jackson Pollock

Il retrouve cependant une certaine stabilité financière grâce au Federal Art Project de la WPA. C’est l’association financée par le gouvernement pour faire appel à des centaines d’artistes et les remettre sur le marché du travail. Ce collectif crée d’ailleurs plus de 100 000 peintures murales et plus de 18 000 sculptures dans des bâtiments publics tels que des écoles et des hôpitaux à travers les Etats-Unis.

Aujourd’hui, l’ironie de la situation tient au fait que deux des dix peintures les plus chères au monde sont signées Pollock :

  • Son numéro 17A, vendu à 153,2 millions de livres en 2015
  • Son numéro 5, adjugé à 107,3 millions de livres en 2006

On est bien loin des 650 dollars déboursés par le MoMA de New York en 1944 pour acquérir la toile The She Wolf !

2# Il a créé l’Action Painting

L’Action Painting est cette technique inventée par les critiques d’art pour décrire un processus pictural non-conventionnel. Bien des peintres l’expérimentent à l’époque : Franz Kline, Willem de Kooning ou encore Mark Rothko. Jackson Pollock devient rapidement la figure de proue de l’Action Painting. Il est même à l’origine de la technique du dripping.

Jackson Pollock, She wolf (1943)

Coucher sa toile sur le sol permet à Pollock de la considérer sous tous les angles possibles. Il ne la regarde pas de face comme si elle était posée sur un chevalet. Pour peindre, il utilise aussi bien des serviettes, des pinceaux durcis que des bâtons.

La peinture chez Pollock est une vraie performance : il jette, éclabousse et fait gicler sa palette sur la toile. Le magazine américain Life le surnomme même « Jack the Dripper » en référence à sa peinture éclaboussée devenue synonyme de son travail.

Au début de sa carrière, l’artiste reçoit des critiques mitigées. Son travail est véritablement novateur et révolutionnaire pour l’époque, impossible de mettre tout le monde d’accord ! Même si elles ressemblent à un véritable chaos, ses toiles sont extraordinairement harmonieuses entre elles.

3# Il avait un penchant pour l’alcool

Tout le monde savait que Pollock avait un problème avec l’alcool. À l’époque, malgré sa gloire, son addiction empire progressivement. Même s’il demeure sobre de 1948 à 1950, la nécessité de maintenir sa production artistique l’incite à boire de nouveau.

Jackson Pollock en train de peindre

L’été 1956, alors qu’il conduit sa Oldsmobile, Pollock percute une autre voiture et décède avec sa passagère. Sa compagne de l’époque Ruth Kligman, seule survivante de l’accident, affirme que l’artiste était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits. Il quitte alors le monde de l’Art à seulement 44 ans.

4 mois plus tard, le MoMA organise une rétrospective en hommage à la carrière de Jackson Pollock. Ses peintures sont aujourd’hui des biens prisés par les collectionneurs. Une trentaine de musées exposent ses toiles à travers le monde !

Son style, si reconnaissable, est devenu un véritable tournant dans l’Art moderne.

Le saviez-vous ?

Jackson Pollock n’a jamais quitté les États-Unis même s’il a été exposé en Europe de son vivant. Peut-être prévoyait-il de le faire ? En juillet 1955, soit un an avant sa mort, il recevait tout juste son passeport…

Un jour il a dit

Je ne travaille pas à partir de dessins ou d’esquisses en couleur. Je peins directement sur le sol. J’aime travailler sur une grande toile. Je me sens mieux, plus à l’aise dans un grand espace. Avec la toile sur le sol, je me sens plus proche d’un tableau, j’en fais davantage partie. De cette façon je peux marcher tout autour, travailler à partir des quatre côtés, et être dans le tableau comme les Indiens de l’Ouest qui travaillaient sur le sable.

Jackson Pollock

Ses plus grandes œuvres

 Jackson Pollock, Number 11 (Blue Poles), 1952
Jackson Pollock, Number 11 (Blue Poles), 1952
 Jackson Pollock, Number 1 (Lavender Mist), 1950
Jackson Pollock, Number 1 (Lavender Mist), 1950
Jackson Pollock, Number 1 (Lavender Mist), 1950. Détail.
Jackson Pollock, Full Fathom Five, 1947.
Jackson Pollock, Full Fathom Five, 1947.

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