Comment résumer le travail extraordinaire et le style inventif de Joan Miró en seulement 10 œuvres ? Une chose est sûre, le choix n’a pas été simple ! KAZoART revient sur les plus grands Chefs-d’Œuvres de l’artiste catalan, dont l’imagination teintée d’humour et de fantaisie a véritablement bousculé l’avant-garde au début du 20e siècle !

L’amour pour la Catalogne

Tenter de comprendre Miró et son Œuvre, c’est forcément revenir à ses jeunes années. Ses racines, à la fois géographiques et émotionnelles, nous amènent en terres catalanes. Ces montagnes rouges, aussi appelées le Mont-Roig, reflètent l’une des plus grandes sources d’inspiration du peintre.

Lorsqu’il contracte le typhus à 18 ans, sa famille l’envoie en retraite dans le Baix Camp. Pendant une année, il découvre toute la beauté de la Catalogne, ses vastes champs, ses terres labourées et ses couchers de soleil magnifiques. Tout part de là. L’artiste passe alors bon nombre d’étés dans cette ferme familiale, entouré d’amandiers, de palmiers, de caroubiers : une nature prégnante et follement inspirante. Il écrit lui-même « Mont-roig est le choc préliminaire où je reviens toujours. »

1# La Ferme (1922)

Joan Miró, La Ferme (1922)

2# Paysage Catalan (1923-24)

Paysage Catalan (Le chasseur) de Miró
Joan Miró, Paysage catalan (Le Chasseur), (1923–1924)

À lire : Le Paysage catalan passé à la Loupe !

3# La Terre labourée (1923-24)

Joan Miró, La terre labourée (1923-24)
Joan Miró, La Terre labourée (1923-24)

4# Le Carnaval d’Arlequin (1924-25)

Joan Miró, Le Carnaval d'Arlequin (huile sur toile, 1924-25)
Joan Miró, Le Carnaval d’Arlequin (1924-25)

Entre abstraction et figuration : le style Miró

S’il se rapproche du surréalisme, Miró n’est pas un surréaliste pour autant. Pour décrypter son style, il faut des clés. L’artiste a inventé son propre vocabulaire, ses symboles, son écriture. Le tout est presque indéchiffrable et l’on s’accorde parfois à dire qu’il est le génie du bizarre ! Miró a traversé plusieurs styles, du classique à l’étrange, du figuratif à la déconstruction totale. Miró, c’est un monde à lui seul, comme d’autres grands maîtres de la peinture.

La lune, les étoiles, le soleil, voilà un univers presque ésotérique mais surtout multicolore. Car la couleur chez Miró est essentielle : le jaune, le rouge, le vert et le bleu lui sont entre autres inspirées de ses visites régulières dans une nef sur l’île de Majorque. On retrouve quasi systématiquement la même gamme de tons. Parfois, il s’essaie à plus de fantaisie avec Les Intérieurs hollandais où sa palette s’élargit.

5# Intérieur hollandais I (1928)

Joan Miró, Intérieur hollandais I (1928)

6# Woman in front of the sun (1950)

Joan Miró, Woman in front of the sun (1950)

7# Série Bleu (1960-61)

Joan Miró, Série Bleu I, II et III (1960-61)

Le désir de de l’artiste catalan a toujours été de casser les codes et même d’ « assassiner la peinture ». Il n’a jamais donné de lecture précise à ses œuvres. Elles étaient interprétables à la liberté de chacun. Si quelqu’un y voyait un oiseau, alors c’en était un, si l’on y devinait une forme particulière, Miró abondait dans notre sens !

Un artiste pluridisciplinaire

Dans ses dernières années, Miró se consacre à des sculptures monumentales et des murs en céramique. Dès 1944, la sculpture prend une véritable importance dans son travail. Il recourt au bronze, à des patines mais n’en oublie jamais l’une de ses grandes forces : sa palette de peintre.

8# La caresse d’un oiseau (1967)

La caresse d’un oiseau (1967) / Fondation Miró, Barcelone

9# Mur de céramique à Ludwigshafen, Allemagne (1979)

Mur de céramique (1979) / Joan Miró [Public domain]

10# La Femme et l’oiseau (1982)

La femme et l’oiseau (1982) au parc Joan Miró à Barcelone / Zarateman [CC0]

Comme un fil conducteur dans ses œuvres, des thématiques sont récurrentes : la femme, l’enfant, la maternité ou encore les astres. Dans sa conception, la lune représente la féminité, et le soleil, l’être masculin. Plusieurs dichotomies apparaissent donc, comme celle entre le ciel et la terre. Une terre travaillée, racine, ancrée et si chère à l’artiste. Celle-ci contraste avec son esprit plus aérien, ses pensées célestes et notamment le symbole de l’oiseau très présent dans ses œuvres.