Niki de Saint-Phalle : des pinceaux à la carabine


Toutes les semaines, découvrez les petites histoires, anecdotes et secrets des plus grands artistes de l’Histoire de l’Art ! KAZoART vous emmène faire un tour dans les vies de nos peintres et sculpteurs préférés. Aujourd’hui, découvrez l’histoire d’une femme-artiste, Niki de Saint-Phalle, qui tirait à la carabine au lieu de manier les pinceaux…

Aux origines de l’idée

Niki de Saint-Phalle est née en France en 1930 et a grandi à New-York. Elle ne revient en France qu’à l’âge adulte, après un passage par Madrid. Après avoir été mannequin, elle fait une dépression nerveuse à 22 ans : c’est à ce moment-là qu’elle commence à peindre. Puis elle s’installe à Paris où elle rencontre les Nouveaux Réalistes et notamment son futur mari, le suisse Jean Tinguely. Elle se lance donc pleinement dans la sculpture et la peinture. C’est en février 1961, pendant l’exposition « Comparaisons : peintures-sculptures » au musée d’Art moderne de la Ville de Paris que lui est venue l’idée de tirer sur un tableau. Elle y exposait pour la première fois un assemblage, Portrait of my Lover  : l’œuvre, figurant un corps masculin, était composée d’une chemise surmontée d’une cible en guise de tête, sur laquelle les visiteurs étaient invités à lancer des fléchettes.

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Niki de Saint-Phalle, Portrait of my lover, 1961, Sprengel Museum Hannover

Feu à volonté !

Peu après, elle décide d’aller plus loin dans le concept : elle organise des séances de Tirs, qui sont des tableaux préparés fixés sur une planche, composés par exemple de morceaux de plâtre, de poches contenant des œufs, des tomates, des berlingots de shampoing et surtout des flacons d’encre sur lesquels la jeune femme tire à la carabine, créant ainsi une œuvre. Au début, elle organise cela avec des amis, notamment Pierre Restany, le photographe Harry Shunk et Daniel Spoerri. Niki est une excellente tireuse : dans sa jeunesse, elle a été entrainée par son grand-père. Puis en juin 1961, se tient sa première exposition personnelle (« Feu à volonté ») à la galerie J : c’est là qu’elle met en place officiellement les Tirs, où les spectateurs sont également invités à utiliser la carabine pour tirer sur les poches de couleurs…

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Niki de Saint Phalle, Tir – séance 26 juin, 1961 – Paris, Impasse Ronsin © 2008 Niki Charitable Art Foundation Photo © Roy Lichtenstein Foundation

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Niki de Saint-Phalle, Grand Tir, Séance de la Galerie J, 12 juillet 1961, Collection privée ; Courtesy of the Galerie G-P & N Vallois, Paris — Photo © André Morin

Un assassinat sans victime

Cette démarche s’inscrit alors pleinement dans l' »action painting » du moment. Véritable happening-performance, l’artiste ne peint plus avec des pinceaux, et invite même les autres à créer avec elle, laissant une grande place au hasard. Niki dira de ces tirs qu’ils étaient  « Un assassinat sans victime. » et qu’elle tirait car elle aimait « voir le tableau saigner et mourir ». Bien d’autres séances de plus en plus spectaculaires auront lieu, notamment au sein de l’ambassade des États-Unis, puis aux États-Unis même, comme à Los Angeles où les Tirs se dérouleront en grande pompe, en 1962. Niki de Saint-Phalle en fera beaucoup de déclinaison, par exemple en tirant en 1962 sur une réplique de la Vénus de Milo, véritable icône de la féminité parfaite, assassinée en un instant…

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Niki de Saint-Phalle, Vénus de Milo, 1962, Collection particulière

En écho sur KAZoARTMatthias Mergot

Sur KAZoART, le geste de Matthias Mergot nous rappellent les Tirs de Niki de Saint-Phalle.

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Matthias Mergot, Sweet Shady, 2013

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