Rencontre avec Nicolas Kaddeche, Responsable Marché Art chez Hiscox


Cette semaine, KAZoART se tourne vers l’aspect pratique de la possession d’une œuvre d’Art. A cette occasion, nous avons rencontré Nicolas Kaddeche, qui occupe le poste de Responsable Marché Art et Clientèle Privée chez l’assureur Hiscox, spécialisé dans le domaine de l’art et du patrimoine. Véritable expert du marché de l’art, il revient pour nous sur la mutation du marché et la démocratisation de l’Art en ligne.

 

Nicolas Kaddeche

K. Quelles sont les raisons qui poussent les amateurs et collectionneurs à se tourner vers le Web pour acheter de l’art ? 

Exactement comme dans la distribution traditionnelle, mais un peu plus tard du fait des spécificités du marché de l’art, le digital prend sa place comme un canal de distribution à part entière.

Si le besoin de transparence et d’accès physique à l’œuvre ont retardé le développement des transactions en ligne dans le monde de l’art, la croissance, la maturité et la crédibilité des premières start-up (Auctionata, Paddle 8, 1stdibs…) puis des grands acteurs de référence du marché de l’art (Christie’s, Sotheby’s, Drouot…) ont naturellement répondu aux attentes des consommateurs.

Ce n’est pas qu’une question de génération, puisque le net est devenu un canal d’accès tout à fait normal pour la moitié des acheteurs d’art et en particulier pour les plus expérimentés. C’est aussi naturellement assez souvent le canal de découverte et du premier achat de la génération Y (28% des acheteurs d’art de moins de 35 ans).

Mondrianita, Caroline Burdinat, 210€

Œuvre KAZoART : Caroline Burdinat, Mondrianita, 210€

K. Inversement, quels sont les principaux freins, et d’après vous comment peut-on les lever ? 

Malgré une réelle expansion, il est indéniable que le marché de l’art en ligne doit encore affronter de nombreux obstacles. L’absence de vérification de visu est le premier :  80% des acheteurs hésitants craignent que l’œuvre soit différente de son image numérique et 77% d’entre eux sont soucieux de découvrir l’œuvre dans un état différent de celui annoncé ou attendu. De plus, 73% souhaiteraient avoir la possibilité de s’entretenir avec un expert à ce niveau du processus de prise de décision.

Le marché de l’art en ligne est aujourd’hui à un tournant : la croissance des ventes d’art en ligne ne s’accélérera que si le taux de conversion des acheteurs traditionnels hésitants augmente.

Ainsi plusieurs services autour du processus d’achat pourraient être mis en place pour rassurer les potentiels acheteurs.  Pour la grande majorité des acheteurs d’art en ligne hésitants, les conditions de la garantie de retour sont un critère important dans la décision d’achat. De plus, 71% déclarent que la possibilité d’assurer l’œuvre au moment de l’achat les rassurerait. Enfin, la mise en place d’un vrai suivi après-vente renforcerait fortement la confiance du client.

hiscox

Oeuvre de la collection Hiscox : Encounter 2017, Michal Rovner

K. Y a-t-il déjà un profil type de l’acheteur d’art en ligne? 

Ce qui est intéressant justement, c’est qu’il n’y a pas de profil type et que c’est surtout l’acheteur d’art habitué qui achète naturellement en ligne. En effet, 85% des acheteurs en ligne en ont déjà acheté auparavant dans un espace physique (galerie, vente aux enchères…). Ce sont aussi des acheteurs fréquents : dans près de 2/3 des cas ils achètent plus d’une fois par an en ligne.

K. Quels sont les types d’œuvres qui se vendent le plus sur Internet ? 

C’est le marché des reproductions et des éditions qui a les faveurs des nouveaux acheteurs d’art (voir les impressions d’art sur KAZoART). Viennent ensuite les tableaux et les photographies. On remarque aussi une vraie tendance pour les arts liés aux nouveaux médias puisqu’ils représentent 20% des achats d’art en ligne.

Le budget des reproductions et des éditions ainsi que leurs conditions générales constituent de vrais atouts pour les jeunes collectionneurs qui y voient une occasion de se familiariser avec le marché, d’en comprendre les usages et de gagner en confiance avant de se tourner vers d’autres achats avec des budgets plus importants. 

hiscox

Oeuvre KAZoART : Sylvia Baldeva, Egérie, 120€

K. Hiscox est un des principaux assureurs d’art en France, à partir de quand (et de combien) faut-il se poser la question d’assurer les œuvres d’art que l’on possède ?

Il est intéressant d’assurer ses œuvres d’art dès qu’on y tient ! La question du montant minimum est plus une affaire d’offre que de demande. C’est pourquoi, pour démocratiser l’accès à l’assurance, nous avons monté une offre pour pouvoir assurer toute œuvre à partir de 500€ directement en ligne.

A partir de 50 000 € d’œuvres, il peut être intéressant de s’adresser à un courtier spécialisé pour accéder à une offre spécifique comme la nôtre.

K. Quelles sont les causes majeures de dommages sur les œuvres d’art ?

On pense toujours au vol, or c’est loin d’être la première cause de dommage sur une œuvre d’art. La première cause que nous couvrons est la casse accidentelle, vient ensuite le dégât des eaux. L’incendie est plus rare mais créée des dommages souvent très importants à l’ensemble de la collection et nécessite une intervention particulièrement rapide et adaptée (notamment pour protéger, sécher et décontaminer les œuvres souvent mouillées pour éteindre l’incendie).

Jean-Pierre Gerome, Le cri de l'homme qui rit - 2500€

Œuvre KAZoART : Jean-Pierre Gerome, Le cri de l’homme qui rit – 2500€

K. Quel est le type d’œuvre le plus à risque ?

Les objets fragiles sont les plus exposés à la casse accidentelle. Citons donc par exemple les statues et sculptures, les céramiques et porcelaines, la verrerie (lustres de Murano, par exemple). Les objets précieux (en or, argent massif, platine, avec des pierres précieuses), sont eux de facto plus exposés au vol.

Retrouvez le blog Hiscox ainsi que leurs conseils pour protéger vos œuvres ici.

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