Rencontre avec Olivier Morel, artiste plasticien et expert pour KAZoART


Olivier Morel, artiste plasticien confirmé, expert pour KAZoART, côtoie depuis plus de 20 ans tous les acteurs de l’art contemporain : artistes, collectionneurs, galeristes, critiques ….Artiste très complet, il s’exprime aussi bien par la peinture et le dessin que par la gravure, la photographie et la vidéo. Découvrez sa démarche en tant qu’expert et curateur pour KAZoART et son avis sur trois des artistes KAZoART qu’il recommande et soutient.

Enseignant depuis 1997 à l’Atelier de Sèvres de Paris, Olivier Morel est amené à accompagner de nombreux jeunes artistes. Ayant lui-même bénéficié du soutien de certains artistes qui lui ont permis d’accéder à une certaine visibilité, il note que les artistes sont souvent les premiers découvreurs de nouveaux talents. C’est pourquoi, il a décidé à son tour de faire profiter de son expérience afin d’aider des artistes talentueux avec KAZoART.

Découvrez sa démarche en tant qu’expert et curateur pour KAZoART et son avis sur trois des artistes KAZoART qu’il recommande et soutient.


5 questions à Olivier Morel

K. Qu’est ce qui vous anime dans votre démarche de curateur pour KAZoART?

Olivier Morel : « Les spectateurs de l’art ont des yeux pour voir et une intelligence sensible comme tout être humain. Cependant, pour des raisons diverses – peur de ne pas comprendre, d’être ridicules, de se tromper – ils se coupent de leurs sensations et cherchent le conseil d’un spécialiste. Or il n’y a pas meilleur spécialiste qu’un artiste.

Celui-ci, riche d’une solide culture artistique pratique l’art de l’intérieur, côtoie d’autres artistes et est toujours à l’affût des nouvelles créations. Il peut aussi – et c’est mon cas – être amené à enseigner la pratique de l’art. Ceci l’oblige à conceptualiser sa pensée tout en le mettant au contact des futures générations d’artistes. Il est donc bien placé pour conseiller collectionneurs, galeristes et critiques.

Je n’ai bénéficié d’aucune aide lorsque j’ai démarré ma carrière artistique, ce qui a rendu mes débuts assez difficiles. Je n’ai reçu des soutiens que tardivement de la part d’artistes confirmés. Il me semble naturel de soutenir à mon tour des artistes dont je trouve le travail intéressant. La démarche d’un artiste-curateur est forcément pertinente et fiable car un artiste ne défendra jamais une œuvre de mauvaise qualité. »

Olivier Morel, Forêt 17, aquarelle sur papier, 13 x 16.5

Olivier Morel, Forêt 17, aquarelle sur papier, 13 x 16.5

 

K.  Qu’est-ce qui vous interpelle et que recherchez-vous dans le travail  d’un autre artiste ?

Olivier Morel : « Je suis venu à la création par le plaisir que j’éprouvais à voir des œuvres dans les musées ou les galeries. Ce plaisir est intact. La création artistique est un vaste territoire, riche en découvertes et en émotions. Je suis toujours heureux de découvrir d’autres œuvres que les miennes.  J’ai bien sûr une prédilection pour les techniques que je pratique – peinture, dessin, gravure, photographie – mais je ne dédaigne pas d’autres pratiques : vidéo – j’ai un faible pour Valérie Mréjen – , installation – le labyrinthe des frères Chapuisat à l’abbaye de Maubuisson était un pur régal, etc.

Outre l’aspect formel qui me semble fondamental – structure, composition, qualité et vivacité du dessin, intensité des couleurs – je suis surtout attiré par les artistes qui mettent l’humain au cœur de leur démarche. J’apprécie peu les réflexions de l’art sur lui-même, l’art bavard mais pauvre d’un point de vue formel, l’art purement décoratif, celui facile qui se contente de suivre les goûts dominants ».

Olivier Morel, Shangai 11, dessin sur papier, 13,6 x 18,7

Olivier Morel, Shangai 11, dessin sur papier, 13,6 x 18,7

K.  Quelle est pour vous la plus grande difficulté que rencontrent actuellement les artistes ?

Olivier Morel : « La difficulté que rencontrent les artistes aujourd’hui est la même que celle qu’ils rencontraient il y a des siècles : trouver une audience qui leur permette d’exposer et de vendre leurs œuvres afin de consacrer l’essentiel de leur temps à la création et à sa diffusion. Autrefois, l’académisme bien-pensant étouffait les artistes créatifs.

La société d’aujourd’hui semble moins réactionnaire et plus ouverte, mais l’académisme perdure pourtant sous une forme insidieuse. Par peur de rater le génie méconnu, critiques et collectionneurs privilégient, en général, l’art le plus médiatique, le plus tapageur. Ils confondent innovation avec scandale. D’où un art officiel souvent creux et volumineux qui fait de l’ombre à une création authentique et discrète ».

Olivier Morel, Forêt 7, acrylique sur toile, 97 x 130

Olivier Morel, Forêt 7, acrylique sur toile, 97 x 130


K.  Quel regard portez-vous sur le marché de l’art actuel ?

Olivier Morel : « Le marché de l’art actuel – celui des grandes foires internationales et des grosses galeries – est façonné par une poignée d’individus, constituant un monopole. Certains se trouvent dans une situation de conflits d’intérêts qui ne serait acceptée dans aucun autre domaine de production. Ils sont à la fois journalistes-critiques, commissaires d’expositions pour des institutions publiques, des galeries et des fondations privées, membres de FRAC, organisateurs de foires, conseillers de collectionneurs, etc.

Cette situation est préoccupante car elle ne bénéficie qu’à un petit nombre d’artistes élus. A cela s’ajoute l’omnipotence de certains collectionneurs dont un simple froncement de sourcil peut faire monter la côte d’une œuvre devant laquelle ils ont fait une brève halte. En parallèle à ce marché très médiatisé et très lucratif, existe un autre marché de l’art actuel constitué de galeries sincères qui effectuent un réel travail de découverte. Elles sont malheureusement soumises à de très dures contraintes financières et ne peuvent souvent pas prendre le risque d’exposer des artistes dont il faudra plusieurs années pour que leur travail soit reconnu« .

Olivier Morel, Crânes noirs + nuages rouges, linogravure sur papier

Olivier Morel, Crânes noirs + nuages rouges, linogravure sur papier

 

K.  Quels conseils pourriez-vous donner aux personnes qui souhaitent commencer à acheter de l’art ?

Olivier Morel : « Collectionner est affaire de passion et d’émotion, non de placement financier. Il faut se laisser surprendre par une œuvre, se laisser piéger par elle et prendre le temps de la contempler. Une fois ce processus enclenché, l’esprit s’interroge et cherche à comprendre. Plus les interprétations sont multiples et foisonnantes, plus l’œuvre est profonde. L’œuvre qui absorbe l’esprit et qui semble inépuisable est celle qu’il faut acheter car on ne s’en lassera jamais. Elle apportera toujours de nouvelles surprises« .


Suivez ses recommandations


Thomas Fouque

Thomas Fouque, les veilleurs de nuit, gravure sur papier, 30 x 40, tirage limité (30 ex.)

Thomas Fouque, les veilleurs de nuit, gravure sur papier, 30 x 40, tirage limité (30 ex.)

Thomas Fouque, Jardinet III, gravure sur papier, 30 x 40 , tirage limité (15 ex.)

Thomas Fouque, Jardinet III, gravure sur papier, 30 x 40 , tirage limité (15 ex.)

Olivier Morel : « Thomas Fouque est très jeune. Qu’importe ou tant mieux ! Car il est aussi très talentueux et ses petites pointes sèches sont de vraies merveilles. Elles évoquent des formes connues – corail, tubercules, coquillages – mais échappent à chaque fois à toute identification. S’agit-il de figures échappées d’un cabinet de curiosités du 18e siècle ou de constellations fraîchement découvertes par un télescope super-puissant ? Aucune notion d’échelle de permet de le déterminer. Malgré leur petite taille, ses gravures nous absorbent dans l’infiniment petit ou l’infiniment grand. Quelles seront les nouvelles compositions de Thomas Fouque demain ? Nul ne le sait. C’est pourquoi il faut se dépêcher de les collectionner avant que leur tirage ne soit épuisé ».

 

Inscrivez-vous à la newsletter KAZoART

Vous souhaitez recevoir régulièrement les nouveaux articles et les actus de KAZoART ? Inscrivez-vous à notre newsletter !

15€ offerts pour toute nouvelle inscription.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>