Rencontre avec Krystel Schmidt et Werner Schreyer


Nous les avons rencontrés lors de leur passage à Bordeaux le 9 novembre pour un vernissage exceptionnel : Krystel Schmidt et Werner Schreyer se sont confié sur leur projet de collaboration artistique. Mannequin autrichien très en vogue dans les années 90, Werner Schreyer se livre aujourd’hui en tant qu’artiste pluriel : peintre, photographe et designer, accompagné de Krystel Schmidt, peintre de l’abstraction et du sensible. Retour sur une rencontre éclectique !

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Racontez-nous l’histoire de votre rencontre…

Krystel : Nous avons un ami parisien en commun qui travaille dans la mode. Je connaissais Werner en tant que modèle mais pas en tant que peintre. J’ai découvert son travail et j’ai vraiment adoré ! Je me suis dit qu’il avait quelque chose, un truc comme moi. Une peinture instinctive, émotive, et j’aime ça. Trop calculer me dérange un peu. Ce que j’aime c’est qu’il travaille vite comme moi et qu’il travaille dans l’instant et dans l’instinct.

Werner : Krystel et moi avions envie d’une peinture moderne et instantanée. Nous sommes dans le siècle du tout numérique, tout est informatique, c’est important de garder des rapports humains. Nous souhaitons proposer quelque chose de nouveau. Comme lorsque vous lisez un journal, vous y apprenez des choses tous les jours. C’est ce que nous essayons de faire, de montrer différentes émotions.

Krystel Schmidt et Werner Schreyer

Krystel Schmidt et Werner Schreyer lors du vernissage à l’Hôtel Burdigala le 9 novembre 2018 / Photo : DR

K : Nous sommes deux sensibles ! Ça aurait pu ne pas marcher. Ce n’était pas facile au début. Travailler à deux quand on est peintre, je ne vous explique pas la difficulté. Il faut faire preuve d’une énorme discipline pour lâcher prise. Se dire qu’il a le droit de prendre une toile que j’ai commencée et de l’abîmer, de la recommencer pour que je la reprenne après. C’est une aventure sur la toile et c’est assez intéressant. Nous sommes obligés de laisser son ego de côté. C’est-à-dire que je ne finis pas une toile mais lui, s’il a envie de finir, de détruire tout ce que j’ai fait avant, de faire ressortir autre chose, il le peut. C’est terrible, c’est rare ! Mais nous nous entendons très bien, alors on laisse faire, on ne dit rien parce qu’on est toujours fan de ce que l’autre fait. C’est assez particulier de travailler à deux mais c’est génial.

Comment se met en place votre collaboration concrètement ?

K : Souvent c’est un échange d’idées, de couleurs. Il y a quand même un partage intellectuel de la chose. Werner me donne des idées et j’essaie de les mettre en forme. Souvent je commence une toile et il la poursuit puis j’y reviens, lui aussi et je vernis. Chacun y met du sien. C’est assez rapide. Werner a déjà les idées en tête, moi aussi. Il y a plein d’opportunités et d’envies qui s’ouvrent à nous. Même si Werner travaille beaucoup, il a quand même ce profond désir de peindre. Y a tellement de choses à faire entre mes idées et les siennes. Je ne sais pas si nous aurons assez de cinquante années, il faudra vivre très vieux pour tout réaliser !

Comment passe-t-on de la mode à la peinture ?

W : Je pratique encore le mannequinat aujourd’hui, seulement ma posture a changé. En tant que modèle, c’est moi que l’on habille, on décide de ce que je dois mettre, quels accessoires, quelle posture je vais adopter. En tant que peintre, c’est moi qui décide, je reprends le contrôle en quelque sorte. Je révèle mon âme en peinture. J’expose mes toiles chez moi et je me pose souvent la question de ce qui doit être changé, amélioré. Cela m’occupe pendant des jours, des semaines voire des mois. C’est aussi un moyen de reprendre le contrôle de ma propre vie, de me dire que je peux changer les choses. En peinture, je peux décider à quel moment j’estime que la toile est terminée ou comment je dois m’y prendre pour la retoucher, y rajouter des couleurs. C’est une motivation passionnante de se dire que l’on est son propre chef, que l’on design soi-même et que l’on n’est pas exclusivement un objet de design.

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T-shirts designés par Werner Schreyer

Vos sujets sont profondément abstraits. Pourquoi ce choix ?

W : Moi qui viens de Vienne, je peux le dire, nous avons beaucoup de vieux peintres avec des toiles magnifiques ! Mais pour la plupart, ce sont des dessins un peu classiques et morbides. Si on regarde les représentations des villes, Vienne notamment, on a l’impression que c’est vieux mais c’est le style, la façon de vivre, un peu antique. J’avais envie d’essayer quelque chose de nouveau, d’être dans l’abstraction. Comme Philipp Starck par exemple. Créer des mouvements, montrer que l’on peut changer les choses. J’ai commencé à peindre car je voulais changer mon environnement. J’essaie de donner de nouvelles formes à une pièce, de lui insuffler une nouvelle atmosphère. Peindre me rend tout simplement heureux.

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Vernissage à l’Hôtel Burdigala (de droite à gauche : City et Red Zone de Krystel Schmidt, Marley et Tribute de Werner Schreyer) / Photo DR

W : J’ai expérimenté avec beaucoup de choses : différentes matières, différentes couleurs. J’aime aussi la figuration. Je dessine beaucoup. Partout où je vais, j’ai un carnet avec moi pour faire des esquisses en quelques minutes. Il y a tellement de possibilités avec la peinture. Certaines de mes peintures font penser à des motifs pour papiers peints. Ce sont des formes reposantes. J’utilise beaucoup la spatule aussi. Par exemple je peins un arrière-plan abstrait et dessus je fais des motifs figuratifs. Je dessine les contours, j’ajoute, j’enlève.

K : C’est joli cette définition qu’il a, j’ai la même. Je veux casser cette idée que l’art c’est pour les riches et les milliardaires, que pour ceux qui peuvent accéder à une compréhension de la toile. Nous aimons casser les codes. Il faut de toute façon essayer.

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