Une œuvre, une histoire : « Lézards » de Victoria Stagni


Envie de découvrir tous les secrets des œuvres de nos artistes ? Une Œuvre, une histoire est un format de décryptage et d’analyse mettant en lumière les réalisations des artistes de KAZoART. Dans ce nouveau numéro, nous revenons en détail sur Victoria Stagni et sa peinture Lézards. Origine de l’œuvre, analyse et anecdotes sont au rendez-vous, alors ouvrez l’œil et suivez le guide !

Lézards

Victoria Stagni, « Lézards » (huile sur toile, 2017)

Née à Buenos-Aires d’un père paraguayen et d’une mère argentine, Victoria Stagni a laissé les planches de théâtre pour se consacrer totalement à la peinture il y a quelques années. Avec un vif intérêt pour la féminité et le règne animal, elle met en scène des sujets dans un cadre onirique, où la sensualité n’est jamais bien loin. Déployant avec habilité sa sensibilité au service de la peinture, elle ne cache pas sa grande admiration pour le Douanier Rousseau, révélant elle aussi un véritable talent de coloriste, ou encore sa passion pour Frida Kahlo dont les autoportraits l’ont grandement inspirée.

Immersion dans une parure dorée

Réalisée en 2017, Lézards est une peinture appartenant à la série triptyque « Visages » où Victoria Stagni se met en scène entourée de petits animaux auxquels elle donne une grande place dans son travail. Ici, l’artiste s’est entourée de lézards et nous plonge dans une scène entre rêverie et surréalisme.

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Palette de couleurs de « Lézards » par ordre d’importance

Bâtie sur un fond doré, la toile est une invitation à la fantaisie où le spectateur est libre de se perdre sans contrainte. Prédominant dans la scène, le jaune bouton-d’or occupe plus de la moitié de la toile et n’est pas sans rappeler la touche d’un Klimt pendant sa Période dorée. Ce fond ambré uni donne l’impression de n’être qu’un liquide ou un sable mouvant dans lequel est ensevelie l’artiste. Seulement, les petits reptiles ici et là semblent infirmer cette hypothèse. Ils marchent et se déplacent à même ce sol doré. Ce grouillement de lézards peut susciter la curiosité, la fascination voire le dégoût chez certains ! Pourtant, le lézard fait partie des reptiles dont on se familiarise assez facilement. Il cohabite en effet à proximité des humains et il n’est pas difficile de s’en approcher.

L’animal comme allié, témoin ou ennemi ?

Le cercle chromatique employé ici tend principalement vers des couleurs chaudes, convergeant alors vers l’environnement dans lequel vit le lézard. Il cherche la chaleur et la lumière, c’est un reptile rapide et vif, et l’on ressent cette vitalité en regardant l’œuvre de Victoria Stagni.

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Certains des lézards sont représentés dans une position ventrale comme s’ils évoluaient « collés à l’envers » dessous une vitre. L’artiste peintre nous dévoile alors un étonnant traitement des éléments dans son œuvre, une véritable confusion physique et spatiale ! Un effet recherché puisque l’objectif est aussi d’immerger l’observateur dans une expérience surréaliste. Qu’est-ce qui est vrai ? De quel point de vue ?

Ce tableau rejoint mes autres productions
dans ce que je voudrais être une célébration du vivant,
de toutes ces espèces merveilleuses et précieuses
dont nous partageons le sort sur cette planète.

Victoria Stagni

Les treize lézards représentés épousent parfaitement le doré environnant dans lequel ils sont incrustés. La vivacité des couleurs est tout à fait caractéristique de l’univers de Victoria Stagni. Ici, l’artiste a pris la liberté de mêler couleurs réelles des reptiles et teintes bariolées sorties de son imaginaire, soutenant l’attrait fantaisiste de l’œuvre. Ils semblent l’avoir remarquée, certains ayant posé leurs pattes sur son visage, la considèrent-ils comme une intrus ou une alliée ? Ils ne paraissent du moins pas très offensifs.

Un regard figé, inquiétude ou curiosité ?

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Le visage de l’artiste oscille entre curiosité et inquiétude. Le regard tourné vers le coin supérieur gauche, elle est figée comme si elle venait d’interrompre la vie de ces reptiles tout en couleurs. Sa posture statique pourrait laisser supposer que ces petites bêtes représentent une menace mais l’importance considérable des animaux dans l’Œuvre de Victoria Stagni semble plutôt témoigner d’un équilibre constant entre l’Homme et l’animal. L’un et l’autre cohabitent, se toisent parfois, s’affrontent aussi mais occupent l’espace harmonieusement.

Une mixité s’exprime sous le regard de l’observateur, à travers laquelle l’artiste rend hommage au règne du vivant, véritable cœur battant de son Œuvre. Par-delà ce visage qui observe un ballet de petits « fossiles vivants », il y a là une invitation à la contemplation.

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