Une Œuvre, une histoire : « Portrait de Robert Marshall » de Romain Parlier


Chaque mois, nous choisissons une œuvre originale d’un de nos artistes afin de vous raconter sa genèse et sa curieuse histoire ! Aujourd’hui, nous vous invitons à la découverte de l’œuvre Portrait de Robert Marshall de Romain Parlier, scène de vie où la technologie a pris le pas sur les rapports humains. Doit-on la considérer comme un objet de détente ou d’asservissement ?

Sans titre 18, série allégorie

Romain Parlier, Portrait de Robert Marshall / Sans titre 18, série Allégorie (technique mixte sur papier)

Romain Parlier en quelques mots

Animé depuis l’enfance par l’art de la peinture et du dessin, Romain Parlier s’est depuis laissé porter par de multiples influences : entre art, musique, sciences et technologies. L’artiste illustre aussi ses affinités avec la sociologie dans ses œuvres – lesquelles portent un message sur une société ultramoderne. Aussi restaurateur de fresques anciennes, Romain Parlier s’attache à donner ou redonner vie à des mises en scène qui dépassent le tout-figuratif.

Le regard de l’envers

L’œuvre Portrait de Robert Marshall (aussi appelé Sans titre 18) appartient à la série Allégorie. Romain Parlier tente de mettre en lumière les différents mécanismes des Hommes face à leur vie en dépeignant un portrait de leur personnalité. Ainsi chaque allégorie véhicule un message. À travers elles, l’artiste dévoile ce qui lui paraît essentiel sans pour autant être visible à l’œil nu. Ce qu’il aime appeler « le regard de l’envers », autrement dit cette autre manière de représenter les gens au-delà du simple portrait et d’une scène de vie. Cette allégorie questionne notre rapport au monde, à la société, aux nouvelles technologies mais aussi aux animaux.

Et qui est donc Robert Marshall ? Au départ, Romain Parlier désirait trouver un nom à la fois commun et un peu rétro. C’est avec surprise qu’il s’est aperçu de l’existence d’un écrivain et militant écologiste du début du siècle dernier du nom de Robert Marshall. Coïncidence ?

Tout au long de sa série, l’artiste montre combien les individus revêtent une apparence qui correspond à leur état d’esprit et à leur vécu. Prenant parfois la forme de machines mécaniques, ils sont accompagnés d’animaux qui symbolisent la portée émotionnelle des sujets. Une profonde appréhension du monde se dessine en filigrane de cette allégorie et de toutes celles dépeintes par Romain Parlier à travers une réflexion introspective. L’artiste distingue trois niveaux de lecture à cette œuvre.

Rien ne nous relie plus au monde que les sentiments
qui émergent de nos confrontations ordinaires.

Romain Parlier

Un calme ambiant

Dans une scène immaculée se dressent une jeune fille, un rhinocéros et un ordinateur portable posé à même le sol. Le décorum est pour le moins minimaliste, rien ne vient en effet parasiter la lecture de cette œuvre.

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L’atmosphère paraît tranquille : l’enfant demeure captivée par ce qu’elle regarde, happée par ce qu’elle voit, avec les yeux innocents de quelqu’un qui découvre et contemple, absorbé par le plaisir immédiat que cet écran lui procure. Son compagnon de route, rhinocéros blanc, somnole doucement.

Le rhinocéros est l’incarnation même de la force tranquille quand, d’ordinaire, on le sait un animal tempétueux qui charge facilement. L’accalmie est au rendez-vous. La bête transparaît ici comme sereine, quasi apathique, presque hypnotisée par l’écran supposé matraqué d’images. Mais que regardent-ils ? Les regards convergent vers une technologie qui prédomine, qui accapare les esprits autant que les corps.

Des menaces grandissantes

Sous cette prétendue quiétude, Romain Parlier distille une deuxième lecture qui paraît relativement plus alarmiste que la première. Le rhinocéros blanc est une espèce endémique des savanes africaines. Un animal fort mais dont l’avenir reste pour le moins incertain. L’espèce est en entre autres menacée par le braconnage qui sévit gravement dans les régions où le rhinocéros est bien implanté. Romain Parlier y voit un parallèle avec l’exploitation des métaux et des terres rares dédiées à la fabrication des composants électroniques. Le rhinocéros est-il reposé ou bien las et accablé de tels comportements ?

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Quant à la petite fille, si on l’observe de plus près, nous remarquons qu’elle trône sur un gros caillou. Elle semble avoir froid, pieds nus et recroquevillée sur elle-même. Elle est loin de vivre dans l’opulence.

Une chose est sûre : l’avancée poussive et écrasante des technologies écartant presque l’indigence qu’elles génèrent. Cet écran, précédemment synonyme de détente, de repos de l’esprit dans nos sociétés occidentales, s’apparente ici comme un objet de pouvoir et d’asservissement, allant même jusqu’à dérouter les esprits les plus vigoureux.

Une troisième lecture existe mais Romain Parlier entend garder une part de mystère encore un temps…

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