Vermeer : un talent longtemps oublié 1


Cette semaine, le Musée du Louvre crée l’événement en accueillant des œuvres célèbres du non moins connu peintre hollandais Vermeer ainsi que d’autres maîtres de la peinture de genre. À cette occasion, KAZoART vous propose de découvrir une des facettes de l’artiste surnommé « Le Sphinx de Delft », dont la popularité et la reconnaissance ont particulièrement tardé.

Vermeer de Delft, peintre mystérieux et délaissé

Né en 1632 à Delft aux Pays-Bas, Johannes (ou Jan) Vermeer était un peintre baroque néerlandais. Père de onze enfants, il jouissait d’une petite notoriété à Delft et La Haye. De son temps, il était réputé pour être un artiste novateur et bénéficiait de la protection de riches commanditaires. Mais au-delà de sa terre provinciale, il n’était pas particulièrement connu. À cela s’ajoutent une faible production de tableaux et une vie privée longtemps restée obscure et mystérieuse, expliquant le surnom « Le Sphinx de Delft » reçu d’un certain Théophile Thoré-Bürger. Vermeer est mort à l’âge de 43 ans dans sa ville natale, et le petit succès qu’il s’était progressivement forgé de son vivant s’en est allé.

Vermeer, La Jeune Fille à la perle (peinture à l'huile, 1665)

Vermeer, La Jeune Fille à la perle (peinture à l’huile, 1665)

Une modeste célébrité tombée dans l’oubli

Même s’il s’était fait quelque peu remarquer dans sa ville et à la Haye pour ses tableaux, Vermeer n’est pas resté bien longtemps dans les esprits. Par ailleurs, il n’aurait peint qu’une quarantaine de tableaux, à raison de deux à trois par an. Il prenait le temps d’apposer ses pinceaux sur la toile et portait une attention toute particulière aux détails. Ses éditions limitées n’ont pourtant pas fait de l’artiste un acteur majeur de l’art baroque, même après sa mort.

Vermeer, L'Entremetteuse (huile sur toile, 1656)

Vermeer, L’Entremetteuse (huile sur toile, 1656)

Pour cause, il n’a été qu’à peine mentionné dans Le Grand Théâtre des peintres néerlandais publié en 1718 par Arnold Houbraken, peintre et biographe néerlandais. Ce recueil de biographies était la principale source sur la peinture hollandaise au XVIIe siècle. Pendant près de deux siècles, Vermeer a ainsi été omis dans les recherches sur l’art néerlandais.

Vermeer, La Dentellière (huile sur toile, 1669-1671)

Vermeer, La Dentellière (huile sur toile, 1669-1671)

Théophile Thoré-Bürger : le sauveur de Vermeer ?

« Voilà quelqu’un que nous ne connaissions pas et qui pourtant mérite fort d’être connu ! » est une note du critique d’art et journaliste français Théophile Thoré-Bürger à qui l’on doit la redécouverte de Vermeer. En 1866, il publie une série d’articles consacrés au peintre dans la Gazette des Beaux-Arts. C’est en visitant le musée de la Haye deux décennies plus tôt qu’il découvre La Vue de Delft, avec un nom d’artiste qui lui est encore inconnu. Pendant 20 ans, il dédie son travail à la recherche de la véritable identité de Vermeer, lui attribuant près de 70 tableaux, bien que seulement 36 soient officiellement attribués à l’artiste aujourd’hui.

Vermeer, Vue de Delft (peinture à l'huile, 1660-61)

Vermeer, Vue de Delft (peinture à l’huile, 1660-61)

À l’époque, le critique a réussi l’exploit d’identifier avec justesse au moins deux tiers des œuvres de Vermeer. À la fin du XIXe siècle, le peintre inspire les impressionnistes mais aussi Marcel Proust, qui lui rend hommage dans l’ouvrage La Prisonnière publié en 1923 à titre posthume. Dans ce livre, Bergotte, un écrivain imaginaire meurt d’émotion en contemplant le petit pan de mur jaune « si bien peint qu’il était, si on le regardait seul, comme une précieuse œuvre d’art chinoise, d’une beauté qui se suffirait à elle-même » de La vue de Delft.

Vermeer, Le Géographe (huile sur toile, 1668-69)

Vermeer, Le Géographe (huile sur toile, 1668-69)

Désormais référence internationale de la peinture hollandaise

Aujourd’hui, La Laitière de Vermeer fait partie des chefs-d’œuvre les plus connus de l’âge d’or hollandais du XVIIe siècle. Depuis le XXe siècle, le marketing a vu en cette laitière tout un potentiel attractif et un moyen de générer l’identité forte et l’authenticité d’un produit, comme c’est le cas pour les desserts La Laitière d’une célèbre marque. Il y a fort à parier qu’une telle opération marketing a participé au succès international de l’œuvre de Vermeer, cet artiste qui savait immortaliser les gestes du quotidien et faire ressortir l’émotion de ces scènes empreintes d’humanité.

Vermeer - La Laitière (huile sur toile, 1658)

Vermeer – La Laitière (huile sur toile, 1658)

En écho sur KAZoARTIgor Bitman

Chez KAZoART, l’univers d’Igor Bitman nous rappelle la peinture de genre de Vermeer.

Igor Bitman, Bacchantes (estampe sur toile, 2016)

Igor Bitman, Bacchantes (estampe sur toile, 2016)

 

Igor Bitman, Erasmus à Rotterdam (estampe sur toile, 2013)

Igor Bitman, Erasmus à Rotterdam (estampe sur toile, 2013)

Inscrivez-vous à la newsletter KAZoART

Vous souhaitez recevoir régulièrement les nouveaux articles et les actus de KAZoART ? Inscrivez-vous à notre newsletter !

15€ offerts pour toute nouvelle inscription.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Commentaire sur “Vermeer : un talent longtemps oublié