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Gérard Lartigue

Le sculpteur du sensible

Cette semaine, KAZoART est allé à la rencontre de Gérard Lartigue, sculpteur et dessinateur, et vous invite à pousser les portes de son atelier… Cet artiste à l’esthétique proche de celle de Rodin, imagine et façonne portraits et corps, explore les volumes dans l’argile, le plâtre, la pierre, ou même sur le papier.

On en a également profité pour faire connaissance avec Juliette Marne, écrivaine, inspiration et compagne de Gérard Lartigue. Retour sur une rencontre exceptionnelle !

K. Bonjour Gérard, quel bonheur de nous accueillir dans votre atelier près de Toulouse. Commençons par les présentations !

Je suis Gérard Lartigue, sculpteur de profession, de passion. Ma vie tourne autour de la création, c’est la seule chose qui puisse vraiment me définir.

Pour quelqu’un qui a appris à effacer son histoire, c’est difficile de parler de soi et de son parcours. Pourquoi effacer son histoire ? Pour une plus grande liberté : plus on est cerné par les chiffres (âge, département de naissance, etc.) et par les dates ou les lieux géographiques, plus on doit continuer à vivre comme le monde nous le dicte. Moins on s’accroche à son histoire, moins on doit répondre aux attentes extérieures.

Cela dit, je peux résumer mon parcours ainsi : j’ai commencé par des études d’ingénieur. Fils d’un père ingénieur qui souhaitait me laisser les rênes de son entreprise, c’était le chemin idéal. J’ai vite compris que ma voie était complètement autre. J’ai fait les Beaux-Arts. Vingt ans en tant que peintre m’ont amené à voyager et à exposer au Mexique, aux États-Unis, en Suède, et bien sûr en France.

Puis j’ai découvert la sculpture et j’ai abandonné les pinceaux. J’entrevoyais déjà dans ma peinture comment la matière prenait place : mes toiles se chargeaient de plus en plus d’huile et d’encaustique. Avec la sculpture, j’ai compris qu’il me fallait arriver à donner vie à la matière en travaillant autour du corps humain.

K. A vos côtés, Juliette Marne, écrivaine et votre muse par ailleurs. En quoi vos créations respectives s’influencent-elles ?

On travaille ensemble. Quand Juliette écrit des nouvelles, on discute des sujets. Moi, ça m’aide dans mes sculptures. On passe 24 heures sur 24 ensemble ! L’idée même de créer occupe tout notre temps.

Juliette : Gérard puise dans le côté opaque de la réalité. Des choses que le commun des mortels ne voit pas. Il y donne forme par la sculpture, et moi à travers le langage, j’essaie de tirer tout ça vers la lumière. Toutes sortes de médiation : le son, la poésie, la musique. Tout ça nourrit mon propre travail d’écriture. Il est très difficile de distinguer ce qui vient de l’un et ce qui vient de l’autre. Tout ce qu’on crée, on a la sensation que ce sont des forces autour de nous et on finit par ne plus savoir ce qui appartient à l’autre. 

K. Il semblerait que Rodin soit votre maître à penser. En quoi vous inspire-t-il tant ?

Auguste Rodin occupe effectivement une place importante dans mon travail. Sa recherche de vérité à partir des volumes qu’on devine à la surface des corps m’a toujours poussé à mieux comprendre la profondeur de la matière.

En peinture, on peut parler de Baselitz, Schiele, Tapiès, Miquel Barceló… Entre la peinture et la sculpture : Anselm Kiefer. Parmi les courants, l’expressionnisme allemand, le « néoexpressionnisme », est un mouvement qui me semble toujours d’actualité. L’art comme moyen d’expression au travers de la matière, en faisant appel surtout à nos instincts, à notre partie moins rationnelle.

Pour ce qui est des œuvres, je ne me lasserai jamais des Prisonniers de Michel-Ange où l’on apprécie déjà la lutte entre la matière et l’expression de l’artiste grâce aux zones laissées inachevées. Ou dans un registre bien différent : les portraits en peinture de Giacometti, ou les tableaux de Basquiat.

K. Comment naît une sculpture signée Gérard Lartigue ?

Tout commence par le dessin. Je dois m’imprégner des lignes du modèle en face de moi en le dessinant rapidement pour capter ses mouvements internes, les fameux « volumes sous la surface ». Les creux, les vides, les tensions. Puis je prends de l’argile et avec des gestes rapides, j’essaie d’attraper la forme générale. Je dois mémoriser avec mes mains chaque centimètre du modèle.

Les jours suivants, je travaille seul. Je cherche la cohérence dans l’expression, dans la composition, dans les différentes textures. Sans perdre la richesse des gestes initiaux. Je laisse ensuite sécher la pièce pendant une dizaine de jours avant de la cuire.

Enfin, je la patine pour récupérer la beauté de la surface de la terre, qui se perd souvent dans l’aspect un peu opaque de la céramique naturelle. Parfois j’utilise de l’encaustique, ce qui rejoint mon métier premier : la peinture. Comme dans le buste que j’ai réalisé de Johnny Hallyday.

K. En plus de l’argile, avez-vous d’autres matériaux de prédilection ?

Dans chaque matériau, je trouve une forme d’expression différente.

L’argile est manipulable, docile, mais capricieuse. En effet, il faut faire attention aux mouvements lents de la terre humide, qui continuent souvent à évoluer après ceux que les mains du sculpteur réalisent.

Le bois est tiède, agréable au toucher, facile à découper, mais il faut bien comprendre sa structure pour mieux s’approprier les formes qu’on veut lui imprimer.

Avec le bronze, toute une équipe doit travailler aux côtés du sculpteur pour réaliser l’œuvre. Je sculpte l’œuvre en terre puis j’interviens à différentes étapes (retouche de la cire, patine du bronze…). J’ai la chance de travailler avec une fonderie de haute qualité artistique : la Fonderie de Bronze Lauragaise.

La pierre : en ce moment, c’est le matériau qui m’attire le plus. On perce les couches de sédimentation formées pendant des millions d’années. Malgré sa dureté, la pierre est docile : elle n’impose pas de structure particulière. Sa nature homogène nous laisse une grande liberté.

D’ailleurs, les outils modernes nous permettent de mieux la maîtriser ; je pense souvent à la quantité d’œuvres que Michel-Ange aurait pu réaliser grâce à eux, à notre époque.

K. Le corps humain, en particulier celui de la femme, est prédominant dans votre Œuvre. Pourquoi ?

Le corps humain est notre lien le plus direct avec la nature. C’est la partie de la « réalité » que nous maîtrisons le mieux. L’explorer est une façon de mieux comprendre la nature. Il nous donne un accès à la vérité dont Rodin parlait. La beauté est une émanation de cette compréhension.

K. Comment voyez-vous et pensez-vous l’équilibre entre réalisme et expressivité dans vos œuvres ?

C’est une bonne question puisqu’elle touche le centre de ma recherche : l’expression « pure » me semble fragile. Elle doit s’ancrer dans un cadre connu pour prendre plus de force. On part toujours d’une réalité. Même les peintres abstraits partent de la matière, qui est réelle (une toile et de l’huile par exemple). Je crois que c’est la matière qui nous donne de l’existence sur Terre.

Partir du réalisme est une métaphore de notre matérialité. L’expressivité prend alors toute sa signification. Les variations infinitésimales des traits d’un buste, par exemple celui de Michel Houellebecq, donnent à son visage une expression qui fait référence à des éléments de toute notre société : la décadence, le manque d’amour, la lutte individuelle dans la solitude…

La galerie de Gérard Lartigue

Vénus sur un genou

Sculpture terre cuite (10 x 15 cm)

Entre le ciel et la terre

Sculpture terre cuite (11 x 43 cm)

Au balcon

Sculpture terre cuite (23 x 26 cm)

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