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Sophie Barut

L’humanité au bout des doigts

Les belles silhouettes de Sophie Barut nous replongent joliment en enfance. Ses bronzes à la cire perdue évoquent avec une grande délicatesse des thèmes chers à l’artiste : l’amour, l’amitié, la force vitale et le handicap.

K. Bonjour Sophie, c’est un plaisir de faire votre connaissance. Pour commencer, revenons sur vos débuts artistiques…

J’ai toujours été passionnée par la sculpture. En maternelle déjà, j’adorais modeler. Au collège, j’ai pris des cours du soir aux Beaux Arts de Grenoble. J’ai poursuivi durant mes études supérieures d’architecture intérieure à Lyon.

Portrait de Sophie Barut • ©Lotfi DAKHLI

J’ai eu une révélation devant le film de Camille Claudel avec Isabelle Adjani en 1988. Ce jour-là, je me suis promis intérieurement d’en faire mon métier plus tard. Mais comme mes parents voyaient ça d’un mauvais œil, j’ai d’abord travaillé dans l’agencement de magasin puis dans la déco pour un cabinet d’architecte.

A 40 ans je me suis dit que si je ne réalisais pas mes rêves maintenant, je pourrai leur dire adieu. J’ai quitté le cabinet d’architecte dans lequel je travaillais pour reprendre des cours de sculpture. Ma première série de bronzes s’appelle d’ailleurs « Je me jette à l’eau ».

Sophie Barut œuvre

La petite baigneuse n°3

Sculpture bronze (13 x 32 cm)

Très vite j’ai découvert le bronze et j’ai été fascinée par ce matériau intemporel, résistant, qui se transmet de génération en génération. J’ai donc appris à fabriquer un moule, ciseler et patiner le bronze.

Je me suis installée comme sculptrice en mars 2018, en même temps que mon livre-témoignage sortait. D’un coup, ma vie personnelle et ma vie professionnelle se réunissaient, s’unifiaient et m’unifiaient. J’étais enfin à ma place. 

Portrait de Sophie Barut • ©Lotfi DAKHLI

K. Vous recourez à technique de la cire perdue pour réaliser vos sculptures en bronze. Quelles sont les grandes étapes et la durée moyenne de fabrication d’une œuvre ?

Je travaille d’abord la terre (argile ou plaxtine), puis je porte la pièce finie à une fonderie (la fonderie ADOBATI, dans la Drôme). Là-bas, la réalisation du bronze se déroule en 5 étapes : le moulage, la réalisation du modèle en cire, la mise en revêtement réfractaire, la coulée et les finitions.

C’est un procédé long (2 à 3 mois) qui n’a pratiquement pas changé depuis Rodin.

K. Les thématiques de l’enfance, du handicap et de l’amour sont au cœur de votre travail. Pour quelle(s) raison(s) ?

Ma sculpture parle de tout ce que la vie m’a appris au travers de mon parcours un peu atypique. Mon mari a eu un accident de vélo 8 mois après notre mariage, il y a 23 ans. Il est handicapé, physique et cognitif car il a eu un traumatisme crânien. 

Accueillir

Sculpture bronze (27 x 14 cm)

Alors que j’avais épousé un grand sportif, très riche intellectuellement, très créatif, je me suis retrouvée avec un homme en fauteuil roulant, fragile, diminué, qui ne pouvait plus travailler, ni conduire, dépendant… Cela a été comme un tsunami dans ma vie. 

Heureusement l’amour était là. Car il a gardé beaucoup de qualités pour lesquelles je l’avais choisi. Nous avons combattu l’un pour l’autre. Notre parcours a été, certes, semé d’embûches, mais aussi de victoires, de belles amitiés, de moments intenses et inoubliables. L’arrivée de nos 4 enfants est une de nos plus belles victoires.

Portrait de Sophie Barut • ©Lotfi DAKHLI

Observer mes propres enfants a été une grande source d’inspiration. Au-delà des petits visages touchants, des petites mains potelées et des postures si caractéristiques, ce qui m’interpelle dans l’enfance c’est la faculté à vivre l’instant présent, sans être pollué par le passé ni l’avenir. Les enfants sont nos maîtres.

Ma sculpture se veut une ode à la vie. Une incitation à l’intériorité, au silence. Une invitation à la liberté intérieure. A la joie. A la contemplation.

Sophie Barut œuvre

La travailleuse

Sculpture bronze (30 x 35 cm)

Sophie Barut œuvre

L’écolier

Sculpture bronze (10 x 35 cm)

Le petit oiseau présent sur la plupart de mes bronzes vient affirmer cette conviction « tu n’es pas seul ».

K. Quels sont les artistes, et en particulier les femmes artistes, qui vous ont le plus inspirée et vous inspirent encore ?

Camille Claudel en tout premier lieu, indéniablement. « La petite châtelaine » m’a tellement inspirée. Cette femme a pu transcender la réalité car elle en maitrise parfaitement les codes. 

Vivian Maier, photographe américaine, que j’ai découverte il y a peu. Certains portraits d’enfants ont une telle présence ! Je me suis inspirée d’une de ses photos pour ma dernière création (en cours de fonte) « la petite messagère ». 

Elisabeth Vigée-Lebrun, peintre portraitiste du XVIIIe, elle représente pour moi l’audace. Elle a pu percer dans un milieu artistique plutôt misogyne à l’époque. J’aime beaucoup ses portraits joyeux et souriants. Bien que « féministe » avant l’heure elle ne renie pas pour autant les joies de la maternité, qu’elle illustre à merveille dans ses tableaux.

K. Considérez-vous qu’être une femme artiste aujourd’hui soit une chance, un frein ?

Le seul point qui pourrait véritablement être perçu comme un frein pour une femme serait éventuellement le fait d’avoir à concilier travail et enfants. Il est plus difficile pour une femme de faire l’impasse sur l’éducation des enfants en donnant la priorité à sa carrière. Pour les hommes c’est plus facile, ça leur semble plus naturel.  

Portrait de Sophie Barut • ©Lotfi DAKHLI

En tous cas pour moi c’est toujours un équilibre difficile à trouver. Et ce n’est pas par souci du “qu’en dira-on”. J’aime m’occuper de mes enfants et les voir grandir. Je serais vraiment malheureuse s’il leur arrivait quelque chose du fait d’une négligence de ma part. 

La seule chose c’est que je ne peux pas faire autant d’expo que j’aimerais, je ne peux pas tenter des concours qui me prendraient trop de temps, ou me lancer dans des sculptures monumentales. Je dois prendre patience et ronger mon frein !

Les copines

Sculpture bronze (14 x 5 cm)

Je sais que pour un temps il faut que je concilie les deux, mais qu’un jour viendra où ils prendront leur envol et je pourrai me consacrer complètement à ma passion. 

Je ne le vis pas comme une frustration car j’ai toujours placé ma famille au-dessus de tout. Elle a la priorité. Mes enfants sont mes plus belles œuvres d’art. 

K. Parmi les œuvres que vous présentez lors de notre vente « Women on the Rise », laquelle vous tient le plus à cœur ?

C’est sans hésitation « JOIE » . Elle représente pour moi la vitalité de la jeunesse, l’insouciance de l’équilibriste, comme une explosion de vie. Et l’oiseau en plein vol accompagne cette enfant audacieuse et confiante. La confiance nous fait faire de grandes choses.

Mon mari a écrit un poème qui exprime assez bien ce que j’ai voulu exprimer (il a toujours été poète et l’accident ne l’a pas arrêté, au contraire) :


La galerie de Sophie Barut

La petite voix

Sculpture bronze (26 x 22 cm)

La baigneuse n°1

Sculpture bronze (13 x 36 cm)

Elever

Sculpture bronze (21 x 20 cm)

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