6 raisons pour lesquelles l’art nous fait du bien 1


Pour certains l’art ne sert à rien. Du pur superflu. L’exemple parfait d’une distraction creuse pour nantis désœuvrés. Jusqu’à ce que la science s’en mêle et mette à mal ces idées reçues. Si l’art fait partie intégrante des civilisations humaines depuis 30 000 ans, ce n’est pas le fruit du hasard : l’art nous fait du bien. KAZoART vous invite à explorer les liens existant entre l’art et le bien-être.

#1 L’art nous fait du bien : il rend amoureux !

Les neurosciences se sont penchées sur la question : que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous contemplons une œuvre d’art ?

La réponse de notre cerveau est étonnante puisqu’il sécrète de la dopamine, la même hormone présente dans l’état amoureux ! Cette étude menée par des neurobiologistes à Londres en 2012 examine des volontaires en train de contempler des œuvres de grands maîtres. Elle démontre ainsi de façon irréfutable combien l’art stimule nos émotions intimes et  profondes.

Morgan Paslier, Love (technique mixte, 2011)

Morgan Paslier, Love (technique mixte, 2011)

#2 L’art crée du lien et nous aide à mieux nous connaître

« Créer, c’est tendre vers l’autre. C’est rejoindre un rythme d’intelligence qui fait défaut au quotidien ».  Marc Séguin, peintre et romancier.

L’art a vocation à être vécu ensemble, à être partagé dans la communauté. Le public d’une exposition ou d’une manifestation artistique aime à échanger ses points de vue sur le sujet. Que ces derniers soient positifs ou négatifs importe peu puisque l’essentiel n’est pas tant d’aimer ce que l’on a vu, mais d’avoir pu ressentir une émotion authentique face à l’œuvre. Le mot « esthétique » issu du grec aïsthésis signifie d’ailleurs « sensation ».

Le fait de pouvoir comparer nos ressentis avec ceux des autres nous permet de mieux identifier notre caractère individuel, unique. Nous affirmons aussi notre personnalité à travers les émotions originales que nous éprouvons. Nous aiguisons notre capacité de jugement.

Cela nous offre encore la possibilité de trouver nos pairs, nos âmes complices, ceux ou celles dont les goûts et les émotions rejoignent les nôtres et avec lesquels nous nous sentons des affinités fortes. En ce sens, l’art renforce notre sentiment d’appartenance à une culture, à une communauté, à une fraternité.

Tous ensemble - Charlotte Marsy - Peinture à l'huile

Tous ensemble – Charlotte Marsy – Peinture à l’huile

#3 L’art participe à notre équilibre

« L’art est une garantie de santé mentale », Louise Bourgeois, artiste contemporaine.

Le philosophe grec Aristote avait bien compris 300 ans avant J.C que l’art est une affaire sociale ! Il préconisait ainsi la représentation théâtrale afin de provoquer chez le public une « purge des passions » qu’il nommait la « catharsis ». L’idée est de permettre aux spectateurs de vivre de fortes émotions par le truchement du jeu des acteurs. Le théâtre a donc cette fonction régénératrice de nettoyer notre sphère émotionnelle et de créer un pont salutaire entre l’ordinaire des émotions du public et l’extraordinaire de celle des personnages de théâtre.

Freud envisage quant à lui l’art comme un défouloir humain, un exutoire. Pour le spectateur, l’art représente une délivrance qui lui permet de s’évader du réel, afin de goûter aux rêves d’autrui et d’interpréter les œuvres à sa manière. Il y a une transposition de notre réalité dans celle de l’art qui permet cette évasion dans  l’art.

Flying turtle - Justin Mertens - Photographie numérique

Flying turtle – Justin Mertens – Photographie numérique

#4 L’art développe notre empathie

« Les neurologues sont parvenus à retracer dans le cerveau le parcours qui va de « c’est beau » à « j’aime » » Jacques Munier, journaliste.

Notre empathie se manifeste lorsque nous sourions par réflexe devant un visage hilare sur un écran de cinéma, lorsque nous nous arrêtons de respirer en même temps que le comédien qui s’étouffe volontairement sur scène ou bien lorsque notre pied bouge tout seul au rythme d’une musique d’ambiance pourtant sans intérêt. Ce sont alors nos « neurones miroir » qui s’activent dans ce processus et commandent le mimétisme d’apprentissage.

Un neurologue* a établi le lien qui existe entre ces neurones miroir et d’autres régions de notre cerveau plus profondes, plus anciennes, et qui sont impliquées dans les émotions. L’œuvre qui provoque l’empathie génère alors tout un parcours neuronal qui ne la distingue plus pour nous d’une personne tellement il est identique. Cette expérience nourrit notre mémoire et notre notion de l’empathie. Notre rapport à l’œuvre se confond avec notre rapport à l’autre.

(*) Pierre Lemarquis, Portrait du cerveau en artiste, Odile Jacob, 2012

Chloé Coislier, Face à l'océan (argentique sur aluminium, 2016)

Chloé Coislier, Face à l’océan (argentique sur aluminium, 2016)

#5 L’art permet d’explorer notre cerveau

 « Si un homme traite la vie en artiste, son cerveau devient son cœur. » Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray

Un type d’art motive tout particulièrement notre cerveau. Une autre étude scientifique démontre en effet que nous sommes majoritairement attirés par l’art abstrait. En effet, l’art abstrait libère notre cerveau de la domination de la réalité, ce qui lui permet de circuler au cœur de lui-même, de créer de nouvelles associations émotionnelles et cognitives, et d’activer des états autrement plus difficiles d’accès. Ce processus est apparemment gratifiant car il permet l’exploration de territoires intérieurs encore inconnus du cerveau du spectateur (Source : Frontiers in Human Neuroscience).

C’est « comme si le cerveau attentif augmentait la luminosité, le contraste, les couleurs pour profiter plus intensément de l’œuvre qui le séduit », remarque le neurologue Pierre Lemarquis.

LN Le Cheviller, Paysage 10 (acrylique sur carton, 2016)

LN Le Cheviller, Paysage 10 (acrylique sur carton, 2016)

#6 L’art développe nos capacités intellectuelles

Grâce à l’IRM, des chercheurs ont pu lister huit aspects du développement cérébral chez l’enfant optimisés par la pratique de l’art:

  • l’attention,
  • la différenciation
  • la mémorisation
  • la représentation géométrique
  • la lecture et le séquencement
  • la sémantique
  • l’ouverture d’esprit, la tolérance
  • la complexité

Autant dire qu’inscrire nos têtes blondes au solfège, à la danse ou au dessin à la rentrée s’avère une très (très) bonne idée !

Au Maroc bleu, Hélène de Maneville (peinture à l'huile, 2014)

Au Maroc bleu, Hélène de Maneville (peinture à l’huile, 2014)

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